jeudi 8 septembre 2016

Le Lecteur du parc / Les Petites fleurs de Yu Man




Quand je répondais à l'appel à projet pour la 8e Biennale du Génie des Jardins, le cahier des charges insistait sur la nécessité de l'intégration de l'œuvre à son environnement. Quoi de plus normal pour une installation destinée à prendre place dans un square ?

A ce moment-là, en janvier, nous peinions tous encore à nous remettre du carnage du Bataclan et des terrasses et je ne pouvais pas ne pas en tenir compte dans mon projet. 
L'intégration au milieu végétal était pour moi assez évidente puisque je prévoyais une structure végétalisée. Mais ce square-là appartient à un quartier. Or ce quartier était alors profondément meurtri, touché dans ce qui en fait le charme et le bonheur d'y vivre : sa vie tranquille dans la diversité. J'ai donc voulu insister sur cet environnement-là : pas seulement l'environnement physique et végétal, mais aussi l'environnement humain. En l'occurrence, au square Gardette, ce sont des gamins de tous les milieux sociaux et de tous les univers culturels, des enfants qui, me semble-t-il, ont en charge la poursuite de ce vivre ensemble.

Or, je crois que le vivre ensemble se nourrit d'abord de langage et que ce dont les enfants ont le plus besoin — a fortiori dans un monde en partie virtualisé où le langage fait tout —, c'est de maîtriser les subtilités du langage et de comprendre qu'il est ce qui nous permet de partager en bonne intelligence nos différences. C'est pour cela que j'ai voulu que le Lecteur du parc soit une occasion de jouer avec des mots venus de partout.

Dans certaines fleurs aux pieds de Yu Man, lors des ateliers que l'organiserais sur place les mercredi et week-end pendant la durée de l'expo (je vous en dis plus bientôt), les petits pourront butiner des extraits de texte. Leur mission consistera ensuite à retrouver le texte source dans les grandes pages du livre Les Petites fleurs de Yu Man

D'abord, ils le chercheront seulement à l'aide des mots. Comme ça :
Mais si c'est un peu trop dur, s'ils ne savent pas encore assez bien lire, ils pourront ouvrir les "volets" et se servir de l'illustration pour retrouver ce qu'ils ont lu dans le cœur des fleurs. Comme ceci : 


Alors, ils liront ou se feront lire l'histoire ; et, si ça leur dit, ils pourront dessiner la poésie, soit pour enrichir le livre de leur œuvre, soit pour l'offrir ou la garder pour eux. 
Le livre commence avec Les Hiboux de Robert Desnos et je crois que mon blog sera pendant au moins deux semaines plutôt réservé aux enfants, mais pas seulement. 
Dans les prochaines pages des Petites fleurs de Yu Man, on retrouvera Desnos (je suis totalement fan !), mais on partira aussi en Chine…


LES HIBOUX (Robert - Desnos)


Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux 
En les tenant sur les genoux.

Leurs yeux d'or valent des bijoux,
Leur bec est dur comme caillou,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux, pas de genoux !

Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous, les Andalous ?
ou dans la cabane Bambou ?
A Moscou ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?

Hou ! Hou ! 
Pas du tout, c'était chez les fous ! 

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