jeudi 10 décembre 2015

Blondasse et pauvre type

Pour ne rien vous cacher, je n'ai guère le temps de m'étendre : je suis dans les cartons et le timing est pour le moins serré. Mais quand même, qu'est-ce qu'ils m'agacent !
Par moment, j'explose et je ne peux pas garder pour moi ces moments de rage. C'est comme ça, faut que je lui dise à "Marionnette" Le Pen :



Et que je dise aussi au petit Nicolas que sa France n'est pas ma France et que si je suis fière de mon identité et prête à la défendre, c'est justement parce qu'elle est très "heureuse dans une société devenue multiculturelle". Lui dire aussi — parce que, visiblement, il n'a pas compris et qu'il n'est pas le seul — que c'est précisément cela
 que venaient massacrer les nihilistes du 13 novembre, et qu'on a déjà répondu "même pas peur" !

Pour lui rappeler ces fondamentaux, je ne prendrais même pas la peine d'un nouveau dessin : le propre de l'étroitesse de vue, c'est qu'elle ne change pas, elle ressasse, rumine et tourne en rond (dessin du 9 avril 2012). 
Monsieur, le (ex) Président, vous êtes écoeurant !

mardi 8 décembre 2015

J'ai la trouille du FN




Je ne sais pas si c'est parce que le FN fait descendre la France de plus en plus bas, tujurs est-il que mn rdinateur a perdu sn "haut" et que je me sens quelque peu empêchée de cmmuniquer… Mauvais présage!
Mais vrai ! ce ne snt pas ces désagréments qui m'empêchernt de blgguer et puisqu'il en est ainsi, je vais faire un usage tut à fait abusif du cpier/cller. Ayé, vici un o ! Victoire !

Parce que je voulais quand même vous dire quelques petites choses :

1 - L'exposition "Faut que je moove" (avec deux pomme/v) s'est bien passée et me permettra de faire un don de 170 € à la Fédération des centres sociaux et sociaux-culturels de Paris.

2 - Je suis rentrée chez moi dimanche en fin de journée, la banane jusqu'aux oreilles, toute à ma joie de vos visites et de vos sourires, toute au bonheur d'avoir des projets plein la tête, des envies et de l'espérance à revendre…
Mais j'ai retourné ma banane vers le bas, passé 20 heures et j'ai du mal à la décoincer : dimanche, dans le Nord, on fêtait la Saint-Nicolas… Bien triste cadeau qui fut fait aux enfants pauvres cette année, et cela jusqu’à Marseille !

Alors voilà : après le 13 novembre, j'étais minée et abattue, mais je pouvais quand même encore dire "même pas peur". Aujourd’hui, j'ai la trouille, les foies, les jetons : droite et gauche sont incapables d'énoncer un discours clair et crédible sur le monde d'aujourd'hui et le FN caracole en tête. Le silence de nos décideurs, leur incapacité à penser ce monde nouveau, global et hyper connecté, fait l'angoisse de notre temps : ils n'ont même pas l'air de comprendre ce qui se passe !

Pourtant, nous savons tous que la mondialisation est inévitable et nous la vivons  au quotidien. Nous parlons, via Skype ou les réseaux sociaux, avec des individus de toute la planète. Nos enfants font des études à l'étranger. Nous achetons des produits de toutes les origines et nous partons en WE à Marrakech comme on allait autrefois à Palavas (précisons que ceux qui n’allaient pas à Palavas n’y vont toujours pas). Nous faisons aussi la guerre là-bas pour avoir du pétrole ici, nous subissons les attentats ici avec des armes qui se baladent au Moyen-orient après avoir été produites en France ou en Russie… et les colonies sur lesquelles nous avions si longtemps bâti notre richesse sont devenues des "pays émergents" avec lesquels il est juste de partager le gâteau (dont la pâte moelleuse se dessèche dangereusement, rappelons-le).

Nous savons cela, mais nos décideurs, eux, semblent ne rien maîtriser. Ils laissent aux majors industrielles ou financières le soin de régenter ce beau monde ; mais ceux-là ne régentent rien du tout et laissent la loi du plus fort s'installer tranquillement… au mépris de l'humain et de la planète. C’est vrai que c’est effrayant !

Alors, voilà : faute d'être capable d'imaginer un vivre ensemble planétaire, c'est la peur qui gagne et nous fermons la porte aux citoyens du monde à coup de murs et de frontières, feignant de croire qu’on pourra ainsi échapper à l’inéluctable agrandissement de notre terrain de jeu, à l’inévitable mondialisation.
Finalement, dans ce concert d’instruments dépassés que sont devenues nos idéologies comme nos méthodes, c'est la réponse des flippés du déclassement qui l'emporte, une réponse protectionniste et nationaliste d’un autre âge, pourtant portée par ceux qui vont chercher leurs financements hors de nos frontières, en Russie…

Pourtant, il y a d'autres réponses. Elles sortent des mains de ceux qui croient encore qu'on peut faire autrement. Ceux qui multiplient les initiatives solidaires. Ceux qui voient plus loin que le bout de leur nez, qui regardent la planète dans sa globalité - terre des Hommes ET terre physique et biologique —, ceux qui inventent des solutions. on les appelle les utopistes et les naïfs. Moi je crois qu’ils ont raison et je crains que, comme toujours, on s'en rende compte un peu tard… Il n’empêche : ceux-là, au moins, cherchent des réponses humanistes et de long terme, aux questions de ce siècle.

Je suis profondément convaincue que la crise est le moment précis où le neuf et l'ancien se disputent l‘avenir et je choisis le neuf.
Or, sur la question des femmes, sur celle de la laïcité, de la diplomatie, de la religion, etc. le FN n'a que des réponses rétrogrades. Sa vision du partage du pouvoir est celle du népotisme (en témoigne le nombre de proches ou de membres de la famille Le Pen parmi les ténors de ce parti). Ses orientations sociales et économiques sont fondées sur la ségrégation et non sur la fraternité ou l'égalité. Sa volonté d'imposer un Etat fort est éminemment liberticide. Le FN n’est pas républicain, il n’est même pas humaniste : je ne veux pas qu’on lui confie les rennes du pouvoir et surtout pas en ce moment !

Parce que oui : j'ai la trouille du FN. 
J'ai d'autant plus peur que les temps sont propices à décréter et à prolonger l'état d'urgence, propices à interdire toute manifestation, propices à toutes les privations de liberté… y compris à des reports d'élection sine die. J'ai peur parce qu'il n'est pas sûr que "s'ils sont mauvais, ils partiront". Parce que la tenue des élections n'est jamais garantie. L'Histoire l'a maintes fois prouvé.

Et du coup, on reste interdits devant l’actualité d’un texte, devant l'extraordinaire maîtrise de la langue pour trouver le mot juste — fond et forme ! — sa poésie brutale et nécessaire qui en fait la pertinence 20 ans après qu’il eut été composé et le son qui va avec et qui va tellement bien… Merci NTM : plus jamais ça !

mardi 1 décembre 2015

Ecrire, dessiner, partager, vivre… autrement !


Quand je démarrais l'accrochage de l'expo Faut que j'mOOve !, je voulais montrer la vie du côté des hommes, leur façon de se mélanger et de se déchirer. Je voulais aussi raconter des histoires du côté des fleurs et du côté des anges, du côté de ces territoires de fiction qui nous font entrevoir des bribes de vérité sur ce que nous sommes et tentons d'être. 
Je voulais montrer cela parce qu'il me semble que la vie est faite ainsi : de la réalité des choses et de ce qu'on invente autour, pour les enfermer ou les enlacer.

Ces derniers temps, je ne vous ai plus guère parlé de cette exposition qui pourtant démarre vendredi. Pour cause : la dernière fois que je titrais sur ce sujet, c'était le 13 novembre… Et il m'a fallu un peu de temps pour recoller les morceaux. 

Mais vivante je suis et j'exposerai ce week-end.
Si j'y pense un peu : quelle chance d'être là et quel bonheur de pouvoir encore essayer de faire bouger des lignes. 
Parce que vrai : beaucoup de choses ont changé. Le monde est trop vaste, les sources d'information et de désinformation trop nombreuses et manipulatrices et je crois que rien ne sera efficient si l'on ne diffuse pas les outils du savoir et de la culture, si l'on ne donne pas à tous, les moyens de décrypter les choses de ce monde pour imaginer leur devenir en bonne intelligence.

Je n'ai moi que mes mots et mes dessins et je vois bien que cela ne suffit pas. 
Alors à l’occasion de l’exposition Faut que j’mOOve !, je mettrai en ventes des tirages numérotés et signés (5 ex.) de dessins réalisés sur tablette. Huit d'entre eux ont été créés autour des événements du 13 novembre. La vente de ceux-ci fera l’objet d’un don à la Fédération des centres sociaux et socio-culturels de Paris. J'ai choisi cet organisme parce qu'il travaille dans la proximité, parce qu'il œuvre au vivre ensemble en menant des actions de formation et d’accès à la culture dans les quartiers populaires, parce qu'il insiste notamment sur l’accueil et la laïcité en actionnant des leviers sociaux, éducatifs et culturels et que tout cela me semble contribuer à l’éveil des consciences démocratiques. 
Voilà, c’est ma façon à moi de répondre au déni de l’humain qui fut perpétré ce terrible soir du 13 novembre 2015. 




Sinon, l'exposition Faut que j'mOOve ! commence vendredi prochain. 
Si vous avez des questions, je réponds par mail. 
Pour venir, une fois à la bonne adresse, il faut monter l'escalier