lundi 31 mars 2014

Loveland - trois ifs pour une môme



Trois ifs on pris place sur Loveland.
Trois ifs qui ne sont pas des arbres de cimetière, mais plutôt trois ifs comme ceux qui bordent certaines collines toscanes. Ils me rappellent que c'est là, devant un polyptyque de Duccio de Buoninsegna, que j'ai décidé de me consacrer toute entière à la peinture.

Mais trois ifs aussi pour rendre hommage à la môme Piaf, inégalable en matière de chanson d'amour, elle que l'amour a tant boudé. Trois ifs pour une chanteuse qui portait en elle toute la gouaille et la douleur de cette ville que j'aime : Paris. 

Dans ces frondaisons, se cachent l'Hymne à l'amour, les Amants de Saint-Jean, Mon légionnaire, les amants d'un jour, La foule, La Vie en rose, Mon Manège à moi…


vendredi 28 mars 2014

Loveland - "Qui veut ouïr chanson"


L'arbre du jour, le dernier de la semaine, déploie ses branches en marche arrière. Tronc et frondaison racontent des histoires anciennes, des chansons d'autrefois que Malicorne avait reprises en 1976. J'étais encore toute petite — bien plus qu'aujourd'hui, si, si — et j'avais adoré ces textes et ces mélodies.

Spéciale dédicace à mes deux grandes filles (c'est si bon de vous avoir !) que j'ai bercées de ces chansons chaque soir avant qu'elles ne réclament des livres, et chaque nuit quand le sommeil les quittait, quand les dents les réveillaient ou qu'un cauchemar les inquiétait. C'est vous dire ce qu'elles contiennent d'amour !
Aujourd'hui, il me fut aisé de les retranscrire sur mon mur Loveland, nul texte à consulter : je les ai toutes en tête, toutes par cœur… je pèse mes mots.

Cela nous fera une jolie playlist. Puisse-t-elle vous inspirer un vote éclairé, un vote aimant.
Très bon week-end à tous… sauf aux candidats FN, bien sûr.

Les Tristes noces



Quand j'étais chez mon père



 Voici la Saint-Jean


Quand je menais mes chevaux boire





L'Ecolier assassin


jeudi 27 mars 2014

Loveland - "Je te flore"


Je fais un métier formidable !

Il y a peu, je réfléchissais à la création d'un visuel destiné à une affiche de théâtre. La pièce ? En attendant Godot de Beckett sur laquelle travaille en ce moment la Compagnie du Bredin. Alors que nous dissertions avec le metteur en scène sur l'écriture fragmentaire devant mon mur Loveland tout juste commencé, Laurent — le metteur en scène — me lâche : 
- "Tu vois c'est comme dans Héros-Limite."
- "euh, héros quoi ?"
- "Tu connais pas ? T'as pas lu Ghérasim Luca ?"
- "Luca qui ?"
Et je pris une teinte kaki, prise en flagrant délit d'ignorance…

J'ai donc découvert Ghérasim Luca pas plus tard qu'hier soir… Un choc ! 
Passé le premier sentiment d'égarement que laisse ce verbe en escalier, je plongeais dans le recueil (ed. Gallimard) avec un plaisir gourmand. A la fin du recueil, bien après Héros-Limite, dans les Paralipomènes, je tombais sur un texte immense, précédé d'un titre étonnant si l'on tient compte de la sensualité vibrante du texte qui suit : La Fin du Monde. Le poème s'appelle Prendre corps, suivi d'un second du même nom.

Avouez que de trouver un poème d'amour qui commence par "Je te flore" alors même qu'on crèe un jardin amoureux, ça laisse pantois. L'occasion était trop belle : j'ai invité Ghérasim Luca sur mon mur Loveland, en place de trois fleurs orangées.
Les muses ont du apprécier et m'ont offert leur aide : en fouillant un peu, j'ai trouvé une lecture de chacun de ces "Prendre corps” par le poète lui-même.

Je n'arrive pas à charger les vidéos mais elles sont au bout du clic :



mercredi 26 mars 2014

Loveland - Lettera amorosa


Humaniste et immense poète, grand résistant et génie du verbe, René Char est sans aucun doute ma muse la plus intime : c'est d'ailleurs la lecture de la Parole en archipel qui donna sa substance au livre des Errances que je dessinais et écrivais en 2010. Il y était déjà question d'un jardin extraordinaire, refuge et lit de deux amants éternels.

Je voulais donc pour accueillir René Char dans Loveland, une place de choix, un arbre occupant toute la hauteur dans une partie bien visible et j'ai choisi pour ce faire, un texte bouleversant du grand homme : la Lettera amorosa (rééditée en poche chez Gallimard avec des illustrations de Braque et Arp, excusez du peu). 

On dit que René Char l'écrivit inspiré par le madrigal de Monteverdi du même nom. Il rend d'ailleurs hommage au compositeur italien du début du XVIIe siècle en prenant pour dédicace, une citation du livret italien.

J'aime cet écho qui traverse les siècles, partageant les muses comme pour bâtir un "rempart de brindilles" contre le temps ! Mais, chut ! La lettera amorosa de Monteverdi est ici chanté par la soprano Maria Cristina Kiehr. Alors, musique Maestro !




mardi 25 mars 2014

Loveland against racism


Depuis le temps que j'en publie des petits bouts, il était temps que je vous offre une vue d'ensemble de mon mur Loveland. Le voici donc tel qu'il était ce matin, avant que je n'y ajoute de petites fleurs bleues…




Ces fleurs-là sont militantes, elles sont celles de la tolérance et par les temps qui courent, elles m'ont semblé fort à propos.
Voici donc White boys et Black boys, deux chansons tirées du film Hair réalisé par Milos Forman : où il est dit que l'amour ne connaît pas la préférence nationale ni les couleurs de peau, où il est suggéré aussi que les gays sont juste des amoureux comme les autres. CQFD




lundi 24 mars 2014

"I can't stop now"


On s'y attendait tous, peut-être pas à un désastre de cette ampleur, mais nous savions. Le couperet est tombé, la sanction méritée, sans doute, mais le coup fait mal… Alors ce matin, j'hésitais. Que dire ? Que faire ? Comment revenir sur Loveland la tête pleine de ces craintes ? A quoi bon ?

"Pourquoi des poètes en temps de détresse ?" est venu me tancer un souvenir : celui de mon père déclamant Hölderlin pour constater la médiocrité du monde.

Alors, dans mon atelier porte close, j'ai regardé mon mur : "I can't stop now", ai-je pensé. Lors, j'ai coupé la radio, branché mon ordinateur sur les enceintes et j'ai choisi "I've been loving you too long". Pas gai. Presque de circonstances.
La tête dans les fleurs, j'ai posé trois tulipes roses et chanté à nouveau, avec les Rolling Stones, "I can't stop now".

Cette chanson d'Otis Redding a aussi fait l'objet d'une belle reprise par Ike et Tina Turner… Cela nous fait donc trois versions d'"I've been Loving you too long" et trois tulipes roses.

Je crois que trois fleurs ne seront pas de trop pour apaiser mes craintes.

Rolling Stones



Otis Redding



Ike &Tina Turner





vendredi 21 mars 2014

"Parfois je me sens pris d'horreur"



Je n'ai pas pu.
Je n'ai pas pu ajouter de fleur sur mon mur Loveland : le cœur n'y était pas et aucune chansonnette n'est venue réveiller mes muses.
Par écœurement, j'avais abandonné mes chroniques sur l'actu, j'y reviens aujourd'hui pour outrage.

Oh il y a peu à dire : celui qui avait pris les juges pour des ânes (pendant 5 ans et bien davantage) fut pris par ceux qu'il croyait prendre, celui qui conspua le pouvoir des journalistes n'a pas même osé les affronter pour exprimer sa défense. Il préféra écrire une missive, éviter les contradicteurs : qu'aurait-il bien pu dire à un gratte papier opiniâtre, lui qui n'a pour  défense que ce qu'il a lui-même bafoué : la secret de l'instruction ?

Oh, il y aurait peu à dire s'il n'y avait le FN qui biche et si l'on ne votait pas dimanche ; s'il n'y avait le FN et un nain agité qui ne fait que nous dire que la république, on s'en tape, sous les applaudissements de son parti maculé d'affaires. 

Et l'on pourrait presque en rire s'il n'y avait les bruits de bottes en Crimée, s'il n'y avait des Syriens agonisants, des Centrafricains en souffrance, j'en passe et des pas mieux. Mais la science du compromis crasse, le déni de principes universels pervertissent tout ce monde. Berk !

Alors, comme dit Victor Hugo :

"Parfois, je me sens pris d'horreur


Parfois, je me sens pris d'horreur pour cette terre ;
Mon vers semble la bouche ouverte d'un cratère ; 
J'ai le farouche émoi
Que donne l'ouragan monstrueux au grand arbre ;
Mon cœur prend feu ; je sens tout ce que j'ai de marbre 
Devenir lave en moi ;

Quoi ! Rien de vrai ! Le scribe a pour appui le reître ;
Toutes les robes, juges et vierges, femme et prêtre,
Mentent ou mentiront ;
Le dogme boit du sang, l'autel bénit le crime ;
Toutes les vérités, groupe triste et sublime,
Ont la rougeur au front ;

La sinistre lueur des rois est sur nos têtes ;
Le temple est plein d'enfer ; la clarté de nos fêtes 
Obscurcit le ciel bleu ;
L'âme a le penchement d'un navire qui sombre ;
Et les religions, à tâtons, ont dans l'ombre
Pris le démon pour Dieu !

Oh ! qui me donnera des paroles terribles ?
Oh ! Je déchirerai ces chartes et ces bibles,
Ces codes, ces korans !
Je pousserai le cri profond des catactrophes ;
Et je vous saisirai, sophistes, dans mes strophes,
Dans mes ongles, tyrans !

Ainsi, frémissant, pâle, indigné, je bouillonne ;
On ne sait quel essaim d'aigles noirs tourbillonne
Dans mon ciel embrasé ;
Deuil ! Guerre ! Une euménide en mon âme est éclose !
Quoi ! le mal est partout ! Je regarde une rose
Et je suis apaisée."




jeudi 20 mars 2014

Les orientales de Loveland


Un nouvel arbre a poussé sur Loveland.
Cet arbre-là nous vient d'Orient et de temps très anciens, un temps où la pudibonderie était de ce côté-ci de la planète, tandis qu'en terre d'Islam, l'érotisme était vertueux.

Je vous parle d'un livre écrit au début du 15e siècle, en Tunisie, par le Cheikh Nafzawi en réponse à la commande de son vizir.  Je vous parle de La Prairie parfumée où s'ébattent les plaisirs.

Voici quelques lignes parmi celles retranscrites dans Loveland : 
" (…) vous badinerez tous les deux de toutes les façons possibles, celles capables de susciter des sensations agréables, comme les baisers, les morsures, la succion, l'humectage, l'embrassement, la pression, afin que la femme se sente portée naturellement et avec agrément à la conjonction. Puis, après l'avoir serrée sur ta poitrine, tu l'étendras sur le sol, l'embrassant sur la bouche. Tu feras varier à ce moment les jeux d'amour (…)"

Je vous en aurais bien retranscrit davantage mais nous ne sommes pas en 1420 et la liberté de ton de cet ouvrage est telle que reproduire ici la suite pour le moins explicite pourrait me faire exclure de moult réseaux sociaux…
Sachez juste que ce livre est une promenade d'une sensualité poétique inouïe et qu'il est truffé d'allusions moqueuses aux mœurs de son temps. Pour la petite histoire, lorsque le narrateur se retrouve dans une orgie sordide, le maître de cérémonie n'est autre que… le Pape d'alors. Faut dire : le début du 15e siècle n'était guère propice à l'amitié entre Islam et Chrétienté et l'on ne peut pas dire que les chefs de l'Eglise y aient été exemplaires.

Quand j'eus achevé la frondaison de mon arbre d'Orient, j'ai cru entendre une musique lancinante, comme celle que j'entendais, enfant, quand en sortant de l'école je passais devant un bar où se réunissaient la quasi totalité des Maghrébins de mon quartier. Zoom arrière dans ma mémoire et j'ajoutais des fleurs claires, d'un bleu pâle estompé par le temps : cette musique, ce chant, c'était Oum Kalssoum. J'ai choisi Al Atlal (les ruines), un magnifique poème d'amour écrit par le poète égyptien Ibrahim Naji et créé pour la première fois par Oum Kalssoum en 1966.




mercredi 19 mars 2014

Loveland - "Du côté de Nogent"


Il en est qui condamnent les amours clandestines, il en est qui voudraient dérembourser l'IVG (par pitié, ne leur donnez pas votre voix).

Il fut un temps pourtant où les ébats amoureux conduisaient les femmes aux pires hontes, aux aiguilles à tricoter et parfois, au trépas : contrairement à ce que dit la chanson du jour, ça ne finissait pas toujours par un mariage et les ventres arrondis s'appelaient souvent des accidents…
Mais rendons hommage à la gaité du "Petit vin blanc", dont les paroles furent écrites en 1943, en pleine occupation, par Jean Dréjac. Il y avait alors une certaine insolence à afficher un tel entrain et la chanson qui fait l'éloge du libertinage connut un franc succès. Son auteur alla même jusqu'à considérer qu'elle annonçait la Libération.

C'est fou l'effet du clair breuvage… Ah le petit vin blanc !




mardi 18 mars 2014

Loveland… Mmmmmmh !


C'était inévitable : après les précipitations d'hier au cours desquelles je vous le rappelle, il a plu des hommes en veux-tu en voilà, l'ambiance ne pouvait que se réchauffer sur Loveland.
Dans la chaleur moite a donc poussé… un arbre.
Un arbre pour le moins caliente puisqu'il réunit Gainsbourg, Marvin Gay, Issac Hayes, Donna Summer, Prince et Led Zeppelin.
Bienvenus dans la première sensuelle play list de Loveland.

Je t'aime, moi non plus (Serge Gainsbourg et Jane Birkin)


Sexual Healing (Marvin Gay)


Joy (Isaac Hayes)



Love to love you, baby (Donna Summer)


Kiss (Prince)

Impossible de charger la vidéo, l'ami Prince protège trop bien ses droits. Mais il est à écouter par là : http://www.youtube.com/watch?v=f_0K4cieh9Y

Whole lotta love (Led Zeppelin)


lundi 17 mars 2014

Loveland/ La revanche des femmes


Spéciale dédicace à toutes les copines : c'est vigilance rose côté météo. 

Fini de larmoyer avec Vivaldi et Mistinguett, ce jour est le nôtre et on va en profiter. Les Weather Girls nous l'annoncent haut et fort : il pleut des hommes… et sur le clip, une fois n'est pas coutume, la plastique de ces messieurs est bien plus conforme aux étalons de la mode que celle de ces dames. Autant vous le dire, ça nous change !
Allez, les filles, on range les parapluies, on se la remet, on a 15 ans et on met le feu au dance floor
C'est parti !




dimanche 16 mars 2014

Loveland, j'l'ai dans la peau


Soyons clairs : celle dont j'ai couché les mots dans trois petites fleurs prunes est plus qu'une star, c'est une icône. Reine des revues parisiennes des années folles, elle était aussi totalement dingue de Maurice Chevalier et l'on dit que leurs valses endiablées enthousiasmaient le tout Paris.
Pour lui — prisonnier au cours de la première guerre — elle fera à peu près tout et jouera même l'espionne.

Qu'on se le dise, celle qui faisait se tordre de rire des salles entières et ensorcelait les hommes de sa beauté canaille était aussi une amoureuse totalement déraisonnable… 
La chanson du jour fut donc créée pour l'incomparable Mistinguett et reprise par une kyrielle de chanteuses : Arletty, Piaf, mais aussi Céline Dion et quelques autres.
Voici ce qui semble être une des dernières versions de Mon Homme enregistrées par Mistinguett.




Et voici My Man, une version en anglais, aux paroles quelque peu modifiées : celle de Billie Holiday.


En savoir plus sur Loveland

jeudi 13 mars 2014

Loveland, Oh Suzie Q


Cette musique m'habite littéralement. Quand elle surgit en aléatoire dans mes oreilles enfouies sous le casque, une gigantesque banane s'affiche entre mes deux oreilles et je ne peux pas retenir un léger chaloupé de la hanche en avançant le pas. Chaque fois qu'on m'agace, qu'on me gonfle, qu'on m'irrite, je respire un grand coup et j'entonne "Oh Suzie Q" en serrant les dents pour ne pas m'énerver… Il ne se passe pas une semaine sans qu'elle vienne me chatouiller les méninges, habiter mes pensées.

Cette chanson écrite par Dale Hawkins et rendue ultra célèbre par les Creedence Clearwater Revival en 1968 n'a pourtant pas des paroles d'une profondeur vertigineuse ("Oh Suzie Q, j'aime ta façon de marcher, j'aime ta façon de parler, oh Suzie Q, dis que tu seras sincère, dis que tu seras mienne, Oh Suzie Q Je t'aime…" et puis c'est tout). Mais j'aime et je re-aime, je like et je surlike et bien malin celui qui sait pourquoi il aime. 
Alors, amigos, Musique !




 A voir aussi, la version plus ancienne, un brin plus rock et franchement plus rapide que réalisèrent les Rolling Stones en 1964


mercredi 12 mars 2014

Loveland, premier baiser



On a tous quelque part le souvenir d'un premier baiser : le mien fut lâché subitement après deux heures d'angoisse cachés derrière un buisson. Je me souviens de cette attente, de ma terreur (et de sa patience). Oh ! non non, je ne pouvais pas l'embrasser… 
Mais je n'étais pas douée pour le renoncement et je craignais de rater l'aubaine : c'était tout de même le plus beau garçon du collège ! Alors, comme ça subitement, alors que nous venions de renoncer, j'ai collé ma bouche sur la sienne, le prenant par surprise, sans qu'aucun de nous deux n'ait songé une seconde à jeter son chewing-gum. 
Je rentrais donc chez moi le sourire jusqu'au oreilles et le cœur tapageur, en conservant dans la bouche ma gomme à la fraise… matinée d'une nuance menthol.

Six fleurs rondes couleur gomme à la fraise sont donc venues taquiner les pétales des fleurs fever. Elles aussi racontent la fièvre brûlante qui sidère les amoureux. Mais ce sont cette fois des fleurs d'enfant que le premier émoi panique : celles d'un garçon de quatorze ans terrorisé par son premier rendez-vous amoureux.

Et comme Nougaro écrivit ce texte sur un thème qu'avait déjà popularisé Joao Gilberto (le texte italien signé Bruno Brighetti est très différent. La musique est signée Bruno Martino), je vous livre aussi cette version… juste pour le plaisir.

Le live de Nougaro




Le live de Joao



samedi 8 mars 2014

Loveland doloroso


C'est une fleur rouge comme une tâche de sang, une fleur qui s'étiole comme une femme outragée.
C'est un air qui me vient du plus loin que je me souvienne et qui me tire la larme chaque fois que je l'entends.

Extrait de l'opéra Bajazet de Vivaldi, "Sposa, son disprezzata" aurait en fait été composé par Giacomelli (in la Merope - 1734).
Le voici chanté par Cecilia Bartoli.


Comme quoi, tous les maris ne sont pas des princes mais comme ont dit dans les contes : pour faire un prince, il faut embrasser le crapaud…


vendredi 7 mars 2014

"What a lovely way to burn"*


Il faut que je vous parle de Loveland.
La série Loveland occupera, une fois terminée, toute une pièce de mon atelier qui en compte deux. Je ne sais pas bien encore quelle sera sa forme définitive : comme toujours, j'avance pas à pas, en direct, au gré des muses. Mais je sais qu'elle s'articule autour d'une pièce centrale de près de 5 mètres de long et 1,20 de hauteur, composée quasi exclusivement de textes. L'idée ? Regrouper en un même espace l'essentiel de mon univers culturel amoureux jusqu'à en faire un jardin d'Eden.

J'ai donc commencé par coucher sur ce support des lettres de 9 cm de haut reproduisant un certain nombre de poèmes "classiques", de Grégoire de Poitiers à Théophile Gautier, en passant par Hugo, Louise Labé et quelques autres, jusqu'à recouvrir l'ensemble. J'ai ensuite posé une seconde couche de textes, avec des lettres de 3 cm cette fois : les Vers du Capitaine de Pablo Neruda. Grâce à ces deux couches, je dispose d'un fond à dominante verte, vibrant de lettres et de mots. 

J'attaque désormais la réalisation des différents éléments de mon Eden Park. A chacun sera associé un texte. Voici donc une photo des trois fleurs "Fever", pour lesquelles j'ai enroulé les paroles de la chanson du même nom que chante Peggy Lee de sa voix chaude.

Depuis le départ, j'ai pensé cette série comme une occasion de partage (on cause d'amour, tout de même). Je diffuserai donc ici les différentes étapes de ce travail, avec à chaque fois, une chanson à écouter, un poème à réciter.
Et je commence donc par "Fever" pour un début jazzy à cette série.
Bienvenus à Loveland !




* Quelle belle façon de bruler