jeudi 31 octobre 2013

Le nouveau webzine d'ARySQUE est en ligne

J'ai un peu hésité, beaucoup tergiversé mais voilà, c'est fait : je viens de mettre en ligne un nouveau magazine.
Point de long texte mais une foule de dessins inédits, une couverture de l'info sur un mois et même des rendez-vous pour novembre.

Non, cela ne s'appelle pas un mois ARySQUE et si vous voulez savoir pourquoi, il va falloir en tourner les pages. Alors, reprenez les bonnes habitudes : saisissez fermement votre mulot et cliquez sur la Une.

Et puis si vous avez des suggestions (genre : "les dessins sont trop petits" ou "c'est nul, on n'arrive pas à lire" ou "pourquoi t'as pas parlé de ça ?" et même "waow c'est top !"…), n'hésitez pas à m'en faire part.

Bonne lecture et bon week-end.

http://issuu.com/aqlpeintre/docs/arysqueoctobre



mardi 22 octobre 2013

"Vous dont la maison ne pleure pas"



Attentats à la voiture piégée, combats inter rebelles opposants factions djihadistes et laïcs, pilonnages des faubourgs par l'armée de Bachar… chaque jour en Syrie, les morts se comptent par dizaines et le pire est à venir : l'hiver approche, les vivres sont épuisés… les civils n'ont d'autre choix que celui de fuir ou de périr.
Alors, ils fuient tant qu'ils peuvent, invités par l'artillerie lourde à vider les lieux au plus vite avant le massacre, avant le déferlement de métal et de sang, avant les chairs éclatées, les corps violés, mutilés, les cadavres amoncelés.
Ils fuient, se cachent, s'entassent dans les camps frontaliers, fuient de nouveau, proies de passeurs en bandes organisées. Ils paniquent, courent, s'entassent à nouveau dans des rafiots d'infortune…
Certains se noient, d'autres non. Ceux-là errent encore, cherchant asile.
La France a annoncé récemment être prête à en accueillir 500.
Cinq cents… et toujours plus de deux millions d'errants syriens.

Dans le cynisme généralisé, Bachar subitement devenu respectable pour une petite signature au bas d'une convention contre les armes chimiques, pérore et claironne sa candidature à la prochaine présidentielle de 2014. 
Inévitablement, l'opposition syrienne, rechigne à participer à cette gigantesque farce annoncée pour novembre : le Genève 2. 

Les mots me manquent, alors permettez que j'emprunte à René Char ces quelques lignes des Feuillets d'Hypnos. J'espère que ceux-là, la NSA les lira.

"AUX PRUDENTS : Il neige sur le maquis et c'est contre nous chasse perpétuelle. Vous dont la maison ne pleure pas, chez qui l'avarice écrase l'amour, dans la succession des journées chaudes, votre feu n'est qu'un garde-malade. Trop tard. Votre cancer a parlé. Le pays natal n'a plus de pouvoirs."


vendredi 18 octobre 2013

Ce samedi, la perf' est dans l'Escalier



L'Escalier-espace d'art joue les prolongations. 
Alors qu'elle devait s'achever lundi, l'exposition Rétrospective a été maintenue toute la semaine et se poursuit ce week-end.
Mieux, l'Escalier accueille une performance samedi soir : peinture en direct de l'artiste américaine Desy Safàn-Gérard sous l'influence d'une muse nue et en mouvement, la danseuse Maria Clark qui évoluera sur la musique contemporaine de Jane Brockman.

C'est ce samedi, à l'Escalier-espace d'art, à 20 heures. 104-106 rue Edouard Vaillant à Montreuil.
Soyez les bienvenus.

Plus d'infos sur le site de l'Escalier-espace d'art.


jeudi 17 octobre 2013

A l'école du bouc émissaire


"S'il y a eu faute", Léonarda pourra retrouver ses camarades de troisième.
"S'il y a eu faute", l'arrêté d'expulsion sera annulé.
Bien sûr. Le contraire serait indigne.

Mais est-il vraiment besoin de conduire une enquête administrative pour savoir s'il y a eu faute ? 
Valls la brandit comme la réaction d'un homme droit dans ses bottes et sûr de son droit. Valls voudrait nous faire croire qu'il n'était pas au courant, qu'il s'agit d'une simple bavure : pour expulser la petite Leonarda, 15 ans, les forces de l'ordre ont intercepté un car en pleine sortie scolaire. Leonarda partait avec sa classe, pour aller découvrir une espèce en voie de disparition dans ce pays : une usine !

La popularité du ministre de l'intérieur ne saurait justifier l'iniquité de ses actes et Vincent Peillon a raison : l'école doit être sanctuarisée. Elle est LE sanctuaire de la république, ce lieu où l'on en apprend les valeurs, les principes… comme l'église diffusait ceux du monde catholique.
C'est cela un sanctuaire : un lieu sacré parce que c'est là que se joue le présent et l'avenir d'une certaine société. L'école est le temple de la République, celui où l'on apprend la morale républicaine.

Alors non. Il n'est pas nécessaire d'attendre les résultats de l'enquête administrative. Nul besoin de savoir si l'expulsion était légitime ou pas. Il y a eu faute, et l'une des plus graves qui soit : on a violé un sanctuaire de la république et on a humilié une enfant.
Les lycéens ne s'y sont pas trompés et dans cette frénésie de droitisation et de désignation de boucs émissaires — près de 12 000 Roms expulsés en 2012, plus de 10 000 pour le seul premier semestre 2013 !—, leur mobilisation fait chaud au cœur.

Valls lui, prépare son avenir de présidentiable en démolissant des familles, en flattant les Français effrayés et courtisés par Marine. 
Au PS, on fait mine de croire que sa popularité est une bonne affaire pour les Municipales. Erreur : par son action, Valls participe à la banalisation des idées et de la praxis du Front national. Il en sortira peut-être vainqueur… La gauche, elle, a déjà beaucoup perdu et Valls s'impose comme l'un de ses fossoyeurs les plus zélés ! 
Aux municipales, la gauche n'ira pas voter et le FN risque fort de balloter un peu partout.
Valls, Dégage !

mardi 15 octobre 2013

Encore un peu plus pauvres



Il s'appelle…
Non, je ne peux pas dire son nom : ce serait faire offense aux dernières traces de fierté qui habitent encore ce corps détruit, ces yeux baissés, cette âme à vif. C'est mon ami. Le plus grand de tous.

Il vivait autrefois dans un bel appartement parisien où il donnait des fêtes généreuses et infatigables que personne ne voulait manquer. Combien étions-nous, ivres de son, de mets et de verres ? Bien plus de 10, 100 peut-être, pressés les uns contre les autres dans cette pièce immense et cette cuisine ouverte. Nous riions, nous dansions, nous buvions, nous aimions…
C'était mon ami, le plus grand de tous. C'est mon ami, le plus oublié de tous.

Titulaire du RSA, il partage désormais une chambre minuscule avec un compagnon de misère qu'il n'aime pas et qui le lui rend bien. Comme un taulard, contraint de partager une piaule ridicule avec un autre qui pue et pisse dans la poubelle. Mais lui dit que c'est "quand même mieux que dehors".

Il est mon ami et cet ami n'a pour vivre qu'un minima social. Ce n'est pas suffisant, bien sûr. Alors parfois, mais pas souvent (il a tellement honte !), il vient demander quelques billets froissés pour terminer le mois.

Comme les 1,7 millions, titulaires de minima sociaux — en hausse de plus de 50 % depuis 2009  !—il ne peut pas boucler les fins de mois. Comme ces légions de pauvres et de très pauvres, je ne suis pas sûre qu'il sache, là, dans son foyer, qu'au Parlement en ce moment, on parle de gros sous et qu'il devra, lui aussi, via la hausse de la TVA, contribuer à l'effort national pour résorber la dette. Lui qui n'a déjà plus rien, sinon sa honte d'être aux crochets des rares amis qui lui restent. Lui qui ne fut jamais trop riche mais toujours généreux.

C'est mon ami, le plus grand de tous. Alors il pourra m'appeler, un peu plus tôt dans le mois. Mais les autres, ceux qui, parmi ces 1,7 millions, n'ont même pas un proche ? Ceux-là resteront les ombres de la rue, les ignorés de tous, encore un peu plus pauvres.


lundi 14 octobre 2013

Noyés dans la vague bleu


Vendredi, au large de Malte, un bateau transportant de 270 à 400 personnes a fait naufrage. 200 personnes ont pu être secourues. En grande majorité Syriens, les naufragés ont été attaqués par des miliciens libyens….
Ce matin, 137 nouveaux migrants en provenance d'Afrique du Nord ont débarqué à Lampedusa dont le centre d'accueil est déjà plus que débordé.
Hier soir, on annonçait aussi, la victoire du candidat FN à la cantonale de Brignoles. 

Ici, beaucoup se noient dans la vague bleu marine. Ils rêvent que la misère refluera avec le ressac, emportant avec elle tout un flot de migrants.
Flippant !


jeudi 10 octobre 2013

La politique de la honte

 Le Canard l'annonçait il y a des semaines : Sarkozy allait sans doute bénéficier d'un non-lieu dans l'affaire Bettencourt. En cause notamment, la promotion attendue d'un juge que l'explosive inculpation de l'ex-Président risquait de contrarier. 
Dont acte : Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu. Pourtant, si l'on en croit Médiapart, on ne peut pas dire que les juges n'aient rien trouvé à redire sur les agissements de celui que 54 % des Français ne regrettent pas (ouf !). Parce qu'il est clair que Sarkozy a rendu visite à la vieille dame sénile, parce qu'il est évident que de l'argent liquide et occulte a circulé et que celui-ci a servi, au moins en partie (il n'est pas exclu que les proches de Sarkozy aient engrangé une petite commission), à financer la campagne inique qui allait conduire "le nain" sur la plus haute marche du podium républicain. Cette fois encore, le commanditaire est laissé en paix et ses petites mains porteront le chapeau. Sarkozy peut jouer les victimes innocentes. Il ne s'expliquera pas et cela nous laisse un goût amer : la défense de la république ne pèse pas lourd face aux ambitions personnelles.




S'il n'y avait que cela.
Avant-hier, à l'Assemblée, la bêtise gloussait, ivre et sexiste. Le député UMP Philippe le Ray, coq misogyne, tentait de couvrir les mots de la député écolo Véronique Massonneau, en imitant la poule. Ambiance cour de récré dans l'Hémicycle qui vote nos lois et cela nous laisse un goût amer : nos représentants, dûment élus, sont ridicules et d'un autre âge. Pas étonnant qu'ils soient si souvent incompétents, à l'instar de ces socialistes qui, par erreur (ce n'est pas la première) se sont trompés de vote


Tout cela pourrait être drôle si ce n'était tragique.
Mais au secours ! Le Front national devient le premier parti de France et Marine peut ironiser sur le fait que les partis traditionnels "n'ont plus d'argument à lui opposer". Ce ne sont pourtant pas les arguments qui manquent, mais ceux qui ont voix au chapitre politique, eux, ne sont plus crédibles.
Il faut pourtant que cela se sache, que les Français mesurent : le Front national est bel et bien un parti politique de droite dure, une organisation dans la plus pure tradition de la droite maurassienne, nationaliste, protectionniste et haineuse. C'est un parti réactionnaire et démagogue qui ne grandit qu'en désignant ses ennemis, c'est-à-dire tout ce qui n'est pas le peuple français tel qu'il était lors de ce qu'il considère comme ses heures de gloire : ses heures impériales et coloniales !

Petit extrait du programme de Marine (dont je ne vous donne pas le lien web, faut pas abuser)… histoire de se mettre au clair :

 " Les manifestations de soutien aux clandestins
seront interdites.
La possibilité, dans le droit
français, de régulariser les immigrés clandestins
sera supprimée. Les pompes aspirantes de
l’immigration clandestine seront supprimées, telle que
l’Aide médicale d’État, réservée aux migrants clandestins et
qui leur permet de se faire soigner gratuitement en France.

La priorité nationale sera appliquée
à tous les Français,
quelle que
soit leur origine. Les entreprises se
verront incitées à embaucher en priorité,
à compétences égales, des personnes
ayant la nationalité française. Les
administrations respecteront également
ce principe, et la liste des emplois
dits « de souveraineté » sera élargie,
notamment dans les secteurs régaliens
où les professions seront réservées aux
personnes ayant la nationalité française."


Alors, ce matin, après avoir entendu la radio annoncer que le FN arrivait en tête des intentions de vote pour les élections européenne, j'ai allumé ma platine et glissé un CD d'NTM. En rangeant le petit déjeuner, j'ai gueulé en chaloupant avec Kool Shen et Joey Starr qu'on avait pourtant dit "Plus jamais ça !". Big up aux anti-FN !

mercredi 9 octobre 2013

Revenir

Posca Lisa, Posca sur papier vergé A3

Il est des signes qui ne trompent pas. Parmi ceux-là, le geste machinal répété à l'infini ou presque, comme ces méandres que l'on dessine en papotant au téléphone, ce geste-là, témoin d'inactivité, est signe de l'enlisement dans l'ennui.
J'ai mis fin à la Semaine ARySQUE et j'ai l'impression d'avoir été licenciée, de me retrouver au chômage. Bref, je me languis en épuisant les couleurs de mes Posca, divagante et inutile…
D'ailleurs, quand je vois le sort que j'ai infligé à la Joconde, je me dis qu'il est temps que je me remette à l'ouvrage qui me tient, celui qui fait sens dans ma vie d'artiste et dans ma vie tout court : cette parole engagée que je signe d'un A mi-anarchiste, mi-geek, ce truc filaire ponctué de touches de vernis à ongles et ces mots du fond du cœur pour parler du monde avec mes tripes.

Faut que j'l'ouvre. C'est plus fort que moi.
Grand merci pour vos encouragements. Ils me donnent envie de revenir.
A très bientôt, donc.


mardi 8 octobre 2013

Toute la misère du monde

Un millier de morts par an en Méditerranée. Des migrants sur des coques de noix en perdition.
Bien plus de 200 d'un coup d'un seul, le 3 octobre, au large de Lampedusa.
Ces temps-ci, la mer charrie des cadavres, des corps gonflés de noyés.
Toute la misère du monde, celle que nous n'avons pas vocation à accueillir. 
Toute la misère du monde et je n'ai pas, moi, vocation à en voir crever les victimes.
Alors me vient l'envie de vous rappeler cette lettre lue par Jeanne Moreau et mise en musique par VicoParadis.

mercredi 2 octobre 2013

ARySQUE expose

XX (détail), élément du totem présenté à l'exposition Spinoza et la Lune en 2011


Il y a deux ans, j'exposais à l'Escalier-espace d'art une série d'œuvres que nous avions regroupées sous l'intitulé Spinoza et la Lune. Parmi celles-ci, un totem composé de trois sculptures empilées sous vitrine plexi, réalisées à partir de végétaux et de divers matériaux de récupération.
A l'époque, je n'étais pas encore ARySQUE, mais je m'y préparais.

A l'occasion des Portes ouvertes des ateliers de Montreuil, l'Escalier-espace d'art organise une rétrospective regroupant les 28 artistes ayant exposé en ce lieu depuis 2007. 
Pour cet événement, je voulais montrer des choses qui fassent le lien entre ces deux périodes de ma vie d'artiste : des œuvres sur papier signées ARySQUE et réalisées à base de végétaux.
Vous avez vu passer celles-ci dans les numéros de feu la Semaine ARySQUE. 
Pour les voir en vrai, ce sera donc à Montreuil et pas plus tard que dans moins de 10 jours : du 11 au 14 octobre de 14 à 20h. On vous y attend nombreux.

EXPOSITION RETROSPECTIVE à l'Escalier-espace d'art. 
104-106 rue Paul Vaillant à MONTREUIL (93)
11-14/10 2013 de 14 à 20h

Après le boulot, exposé lors de Rétrospective
Fare niente, exposé lors de Rétrospective
Dorée comme une galette, exposé lors de Rétrospective