mercredi 9 janvier 2013

Une femme sur 10, au moins

Je pensais pouvoir revenir ici comme si rien n'était arrivé, comme si je pouvais prendre sur moi et effacer de mon esprit cette maudite chasse au crabe. Mais les muses sont trop honnêtes et refusent les non-dits. Alors, au risque de l'impudeur, il faut que je vous dise… parce que je ne pourrais pas reprendre le fil de ce blog sinon : je suis partie à la chasse au crabe.

J'aurais bien aimé qu'il se soit agi de cette chasse-là, de celle que l'on fait en mer en poussant l'épuisette sous les rochers ou en relevant les casiers. Mais ce crabe-là n'a pas besoin de mer pour multiplier, pas besoin de récifs pour se cacher. Ce crabe, une femme sur 10 au moins le côtoie dans les pays européens. ARySQUE est une femme, une sur 10.
La nouvelle est tombée fin octobre et elle n'était pas si pire, m'a-t-on dit : en tant qu'une femme sur 10, ARySQUE aurait pu héberger un crabe explorateur. Le sien semblait se tenir tapi, éclaté comme un verre pyrex brisé, dans son petit canal à quatre branches que terminent des grappes lobulaires, là, dans le sein gauche.
Une femme sur 10 vous dis-je et comme je ne suis pas dans les 9 autres, il a bien fallu décider de se battre. La vie appartient aux vivants et je n'ai guère d'autre ambition que celle de vivre. Les médecins ont fait ce qu'il faut. Les petits comprimés du soir sont désormais censés décourager les "crabetons" qui sembleraient vouloir encore taper l'incruste. Et l'on vérifiera, régulièrement, que rien de pire n'arrive…
Mais ce fut rude et j'ai marqué un temps d'arrêt… Puis j'ai encaissé, accepté. Il me faut bien être l'obligée de ce corps. 
Avec mes hauts et mes bas, je suis donc partie en montagne reprendre goût à. 
Là, pendant que l'homme que j'aime se régalait avec nos filles dans la neige douce de ce début janvier, j'ai skié par procuration, assise sur un banc, dans mon coin de paradis couvert de neige et plein de soleil, la plume à la main.


Me voilà de retour à l'atelier, avec l'envie timide de reprendre une vie normale, de travailler, de créer, d'avancer, de profiter de ce temps si précieux… de reprendre mes chroniques et mes hebdos, mes peintures et mes photos.
Alors, en guise de préliminaires, permettez que je vous présente des travaux commandés qui, pendant l'attente des soins puis la convalescence avec mes muses muettes, m'ont doucement permis de ne pas perdre le fil.
Tout d'abord, un nouveau projet pour 2013 : chaque semaine, ARySQUE devrait dessiner les mots de la presse sur le site des RéCréatives. (cliquez sur l'image pour voir plus de dessins sur le site des RéCréatives)
Et pour cette année, ARySQUE s'est aussi jointe au réseau Nouvelle Donne (Roosevelt 2012) pour des vœux "militants".
Maintenant, je crois que je peux vous dire à très bientôt… même si je ne sais pas encore quelles formes prendront mes mots et mes images.

5 commentaires:

  1. Bonjour Arysque
    Connaissez vous Marie Mandy, réalisatrice?
    http://www.dailymotion.com/video/xf2qwu_marie-mandy-mes-deux-seins-histoire_shortfilms
    http://www.vodeo.tv/realisateur/documentaire_marie-mandy
    Me permettez vous de lui transmettre votre page ou voulez vous le faire vous-même?
    Votre page est très belle.
    Vous nous parlez de beaux rivages, de remontées, de justes combats, d'envies de partager, de votre humanité, de votre féminité et en filigrane de vos angoisses.
    Merci beaucoup de ce don pour que les muses chantent encore et longtemps à vos oreilles.
    Bien sincèrement
    Patrick Cervus45

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non je ne connais pas Marie Mandy mais je découvre en ce moment. Bien sûr, vous pouvez lui faire passer.
      Et merci infiniment pour ce regard porté sur mes mots et mes images.

      Supprimer
  2. De rien Merci à vous et tous mes voeux de bon rétablissement bien engagé.
    Je transmets de suite à Marie MANDY
    A bientôt
    Patrick

    RépondreSupprimer
  3. Bonsoir Anne (Anna soror?)
    je ne sais pourquoi mais ce titre "Anna Soror" de Yourcenar me fait penser à vous, tant votre talent à exprimer le quotidien avec une grande sensibilité vous rend proche. D'elle je garde ce message fabuleux: "corps, mon vieux compagnon, nous périrons ensemble. Comment ne pas t'aimer forme à qui je ressemble puisque c'est dans tes bras que j'étreins l'univers?". Je vous embrasse,
    Anne Marie Oudrer

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Anne-Marie,

      Désolée, je tarde à vous répondre et à vous remercier pour ce message-là, pour sa gentillesse et surtout parce qu'il m'a amenée à relire Anna Soror. Quel plaisir ! Mais d'où est tirée cette citation de Yourcenar ?

      Supprimer