vendredi 28 septembre 2012

La Semaine ARySQUE n°21

J'ai peu chroniqué cette semaine, ce ne sont pourtant pas les sujets qui manquaient, mais le temps, lui, oui. Du coup, pour voir les dessins de la semaine, il faudra aller feuilleter le numéro 21 de la Semaine ARySQUE à découvrir en cliquant sur l'image de sa couverture.

Bonne lecture



Si vous voulez voir la toile qui a servi pour cette couverture, il faut cliquer ici.

mardi 25 septembre 2012

La danse macabre au Mali


 La crise malienne est, avec la Syrie, à l'ordre du jour de l'Assemblée générale de l'ONU d'aujourd'hui. Cette crise majeure menace l'ensemble de la zone sahélienne, déjà minée par une famine de très grande ampleur. Le gouvernement malien a officiellement demandé l'aide de la Cédéao et plus de 3000 hommes pourraient être déployés face à la dizaine de milliers de combattants djihadistes.
Depuis six mois, les deux tiers nord du Mali sont hors de contrôle : les touaregs laïcs ont marqué le pas et ce sont désormais les mouvances fondamentalistes qui détiennent cette zone. En tête Ansar Eddine, mouvement touareg d'inspiration salafiste.

Le silence des autorités algériennes qui passent pour considérer la zone sahélienne comme leur arrière garde est pour le moins ambigüe. Dans les faits, moult négociations se font dans l'ombre mais l'Algérie demeure opposée à une intervention extérieure, même de la Cédéao. Elle craint en effet de voir contestée sa souveraineté sur la zone et d'être à nouveau la cible des Djihadistes qu'elle voit avec une certaine indulgence semer le trouble hors de ses frontières, pourvu qu'ils restent à l'extérieur. D'ailleurs, le Mali considère depuis longtemps que la présence au Mali d'Aqmi (en grande partie dirigée par des Algériens) est d'abord dûe aux actions mises en œuvre par l'Algérie pour le repousser de l'autre côté de ses frontières.
Dans la même veine, le MNLA des touaregs laïcs voit en Lyad Ag Ghali "l'homme des Algériens", suspectant un soutien financier et militaire de son mouvement Ansar Eddine par l'Algérie. Il serait, pour les autorités algériennes, un interlocuteur gérable… sauf qu'il est le groupe salafiste le plus puissant au nord du Mali, celui qui détient les principales villes, celui qui impose la charia ça et là, celui qui démolit les mausolées de Tombouctou… mais ne revendique plus l'indépendance de l'Azawad, cette région nord malienne dont les Touaregs revendiquent l'indépendance.

L'Algérie qui, par le passé, est parvenue à maintenir de relativement bonnes relations avec ses Touaregs a souvent beaucoup aidé aux résolutions des crises concernant l'Azawad. Cette fois, elle affiche une neutralité officielle et Bouteflika joue l'attentisme, préférant balayer devant sa porte, au risque de laisser se destabiliser l'ensemble de la zone. 

Pendant ce temps-là, Tombouctou est saccagée, des femmes non voilées sont arrêtées, des couples adultères lapidés… La Charia mène la danse macabre au Mali.
A l'ONU, François Hollande devrait soutenir le déploiement d'une force internationale au nord du Mali… à condition de ne pas en être : l'intervention de l'ex colonie ferait effectivement désordre et compromettrait la libération des quatre otages français détenus par Aqmi.

A lire : l'interview de Mathieu Guidère (juillet 2012), spécialiste de l'islam radical au Maghreb, in l'express.fr.

vendredi 21 septembre 2012

Ole Guernica !

Il y a quelques années, je m'occupais d'un magazine édité par un Tour Operator. Pour celui-ci, nous avions couvert moult destinations et pas des plus respectueuses des droits humains : le Myanmar d'il y a quinze ans, le "Saint-Domingue" où les resorts étaient entourés de barbelés pour cacher au touriste la misère et la répression, j'en passe et même des pires.
Jamais nous n'avions eu à déplorer la moindre plainte, pas la plus petite protestation sur le manque de démocratie, la torture et la misère des destinations que nous encensions. Rien.  L'indifférence générale et des commandes de voyage qui grimpaient.
Puis est venu le moment de parler de l'Andalousie, de ses azulejos, du cante jondo, du flamenco et… de la corrida. C'est la seule et unique fois que nous avons reçu des lettres d'insulte et des promesses de ne plus jamais, au grand jamais, commander des voyages chez le tour operator en question.

Aujourd'hui, le conseil constitutionnel vient de reconnaître la légitimité de la corrida dans certaines régions de France. 
Chaque fois que j'entends parler des opposants à la tauromachie, je pense à cette histoire, à la démesure… et je ne m'étonne plus de trouver parmi les défenseurs des animaux des pourfendeurs de l'humain, des Brigitte Bardot, Alain Delon et consorts, gâtés et xénophobes et dont l'amour des animaux est proportionnel au mépris de l'humain. 

Je pourrais vous parler de la beauté de la corrida, des jeux de robes du torreador, séducteur et fatal comme une femme, comme Carmen. Je pourrais évoquer la puissance virile du taureau contre laquelle lutte le frêle torreador avec un jeu de lumière et de couleurs, image éminemment féminine portée par un homme. Mais je n'irais pas plus loin parce que j'en ai assez de me faire insulter par ceux qui préfèrent les bêtes aux hommes. Ils sont légion.
Picasso, lui, peignait avec le même génie la puissance sensuelle de la corrida et celle, destructrice jusqu'à l'effarement, de la guerre.
Question de mesure, question de choix… et je me dis qu'en bien des contrées laminées par la guerre, on doit penser qu'on aimerait bien avoir nos problèmes.
Mais vous me direz : pourquoi parler d'un sujet aussi futile alors que la presse entière est à l'affût, guettant un débordement en ce jour de prière musulmane ? 
Pour rien. Enfin si : pour le plaisir de dessiner un taureau et parce que j'ai envie de laisser les musulmans en paix, surtout quand on me parle de Bardot… en ce jour de prière musulmane.

Le n°20 de la Semaine ARySQUE est en ligne

Au sommaire cette semaine : les réactions au film "Innocence of muslims", la conférence Environnement et l'enquête sur les OGM, la crise sino-japonaise et la Syrie, entre autres.

Cliquez sur l'image pour découvrir ce numéro 20 : bon feuilletage.


jeudi 20 septembre 2012

Vas-y Charlie, c'est bon !



200 personnes ont manifesté devant l'ambassade américaine, exhibant les femmes voilées, les barbichettes et les djellabas. Les médias en cœur ont enfilé comme des perles faits mineurs et exactions majeures, comme si la manifestation de 200 fondamentalistes musulmans (bien moins que les 1000 cathos pour une pièce de théâtre !) était le prémisse à de bien plus graves exactions. Et allons-y dans l'amalgame avec le meurtre odieux d'un ambassadeur respecté en Libye.
200 personnes : une paille dans la communauté musulmane francilienne qui a bien d'autres chats à fouetter et qui, si elle se sent offensée par un mauvais film, l'est tout autant et bien plus par la violence de certains des siens.

Comment voulez-vous que Charlie Hebdo ne se moque pas ? Provocatrices ses illustrations ? Bien sûr et c'est heureux (notez quand même que le choix de la vraie couverture était assez soft) ! Dans ce pays laïc, on a le droit de se moquer de dieu. On a le droit au blasphème. C'est essentiel, parce que la liberté de pensée commence par la mise à bas de tous les tabous, de tous les sacrés. La pensée commence quand les certitudes et les croyances sont mises en doute. Le comble serait qu'un pays laïc autorise qu'on se moque de tout sauf des religions. Au nom de quoi ? De dieu ?

Et si cette liberté doit nous coûter de protéger nos ressortissants dans les pays musulmans, si cela doit coûter la colère de tous les religieux, c'est égal : la liberté d'expression mérite aussi cela. Elle doit être défendue à tous prix ! C'est une valeur fondamentale de notre république.
Ce n'était pas le moment direz-vous ? Euh… faut-il le rappeler : Charlie Hebdo est un hebdomadaire d'actualité, il réagit aux faits du moment, pas à ceux d'il y a cent ans. 
Ce n'est pas de sa faute si les fous d'Allah ont tant fait parler d'eux cette semaine.
Comme disait Laurent Joffrin ce matin sur France Info : "Les Musulmans de France doivent s'habituer à ce qu'on se moque des religions". C'est chez nous culturel. Avant d'être laïcs, nous fûmes furieusement anticléricaux. On y a gagné de pouvoir pratiquer ici toutes les religions… ou aucune.

mercredi 19 septembre 2012

Alep


Hier soir, je regardais distraitement la télé, un film de guerre. Je ne sais même pas son nom ; cela ne m'intéressait pas. Mais je sais qu'on racontait les mois de siège de Stalingrad.

Puis il y a eu ce plan : ce ciel gris sur une ville laminée, encore fumante ; ces hommes en armes à l'intérieur d'un immeuble en ruines. 
Dans le ciel plombé, une nuée de bombardiers larguait des bombes en pluie dense. 
Vrombissement, sifflements, cris d'effroi... Boum ! Cris d'effroi... Boum ! 
Une tête est partie en éclats et l'immeuble a explosé.

J'ai pensé, parcourue d'un frisson : c'est comme ça à Alep.
 En pire. Indiciblement pire : en vrai.

Là-bas, l'Etat  rejoue Stalingrad contre son propre peuple : c'est beaucoup plus grave qu'une caricature de Mahomet !


mardi 18 septembre 2012

Jimi


J'aurais pu - j'aurais du - vous parler de l'attentat de Kaboul, j'aurais pu vous parler une fois encore de la Syrie, du Mali, de l'Irak, de la tension qui monte entre Israël et l'Iran…
Mais j'en ai marre du déferlement de haine. Alors, permettez (la musique adoucit les mœurs) que je rende ce petit hommage à un immense musicien, Jimi Hendrix, mort il y a tout juste 42 ans : le 18 septembre 1970.
Certains jours, je préfèrerais vivre sur Electric Lady land.

Allez, un petit Voodoo Chile pour la route !

lundi 17 septembre 2012

Je doute, donc je suis.




Le dieu des Chrétiens n'est pas mort sous la plume de Marx. Il n'est pas mort non plus sous celle de Nietzsche. Ceux-là n'ont fait que l'enterrer dans la fosse commune.

Le dieu des Chrétiens est mort bien plus tôt, une nuit de Saint Barthélemy. 
Il est mort dans le Luberon quand furent massacrés des centaines de Vaudois. Il est mort dans le sillage des Indiens enchaînés, des Nègres embarqués. Il est mort à Valladolid, dans l'avidité vaticane, dans les excès de l'Opus Dei, dans la violence de l'Inquisition, dans la quête du pouvoir contre celle du juste. 
Dieu est mort quand la parole s'est tu pour faire parler les armes, quand les hommes — ces fous de dieu — ont délaissé le verbe pour déchainer la bête immonde : l'homme, ce barbare.

Je suis née chrétienne mais j'ai su ce que mon peuple a commis : ses crimes inouïs, ses soumissions abjectes et ces femmes embrochées nues après des viols multiples… au nom de dieu. J'ai su les peuples effacés parce qu'impies, les bébés fracassés et les corps écartelés dans les salles de torture, les maisons brûlées et les grains confisqués pour que le peuple cède. Quand j'ai su, dieu est mort pour moi, mort de n'avoir pas accepté le débat en son sein, mort d'avoir voulu être autre chose que du verbe : la puissance et la domination.
Les dieux meurent toujours du zèle de leurs fidèles.

Je ne suis pas sûre que l'Homme s'en porte mieux. 
En ces temps de disette où il n'y a d'opulence qu'en paradis (fiscal), je ne vois pas bien ce que notre monde laïc peut répondre aux orphelins de dieu. La république, hélas !, n'a guère fait la preuve de sa capacité à créer de la justice. Son sacré n'a guère fait mieux que d'autres avant lui.
Aucune croyance n'apporte de réponse. Le doute, lui, a le mérite d'interroger et je ne vois d'autre bouclier pour l'homme que la vigilance sur lui-même.

vendredi 14 septembre 2012

Le n°19 de la Semaine ARySQUE est en ligne

Au programme cette semaine, quelques dessins inédits sur la Syrie, sur l'actualité sociale en France et sur les derniers événements en Libye et en Egypte.
A découvrir en cliquant sur l'image.
Bon feuilletage.


jeudi 13 septembre 2012

De tout coeur avec les profs


Elle était toute petite et toute douce, avait les cheveux bruns bouclés et un sourire tout doux. Elle m'a appris à lire, à écrire et à compter.

Elle avait les cheveux longs et blonds, raides comme des baguettes : quand Franco est mort, elle n'a pas fait classe, ni aucun des autres instituteurs de cette petite école de Nanterre, et nous avons fêté, comme il se doit dans l'école républicaine, la mort du dernier dictateur européen.

Elle mangeait son majeur et postillonnait sur tout le premier rang, mais savait comme personne me conduire au bout de mes mots pour que je déroule mes poèmes adolescents.
Il était sévère et craint ; mais quand il racontait, je voyais les asticots courir sur le nez de Madame Vauquer pourri comme une vieille souche d'arbre vermoulue. J'ai aimé grâce à lui les descriptions interminables, découvert la beauté du verbe et le plaisir de lire.

Je pourrais en citer 100.
Comme la plupart de nous tous, je leur dois l'essentiel de ce que je suis et presque tout ce que je sais.

Cette semaine, deux enseignants ont été agressés, l'un par un élève, l'autre par une mère, et je suis en colère : honte à ceux qui ne savent pas même respecter ceux qui donnent tout leur savoir et toute leur patience à des têtes brunes ou blondes et qui en sauvent beaucoup du marasme social.

Il sont là pour donner et reçoivent vraiment très peu… sinon des coups.

Solidarité indéfectible avec les enseignants.

mercredi 12 septembre 2012

Les immondes



Hier, on commémorait les attentats du 11 septembre 2001, ce triste jour où la terre entière mesurait le danger djihadiste, sa puissance de frappe, ses moyens colossaux et sa capacité à organiser dans l'ombre le meurtre en masse d'innocents. 
Hier, l'ignominie salafiste a encore frappé, en Libye, tuant l'ambassadeur américain, trois fonctionnaires de l'ambassade et une dizaine d'autres personnes dans les forces de l'ordre libyennes, totalement débordées. 
Bien sûr, la provocation était immonde, un mauvais film traînant dans la boue Mahomet, une ignoble provocation orchestrée par des ânes braillards, brûleurs de Coran tout aussi fondamentalistes que ceux qu'ils provoquent et capables de lever 5 millions pour tourner un navet. On ne peut même pas, là, invoquer la liberté d'expression parce que ce film est une incitation à la haine, rien de plus. Il n'a été tourné que pour cela, pour jeter l'opprobre sur tous les Musulmans, stigmatiser encore et encore en confondant tout, par une propagande mensongère, gore et franchement blasphématoire.

En face, on n'attendait que cela, cette provocation ultime pour mettre le feu aux poudres et s'en prendre aux intérêts américains. 
Mais qu'on se le dise : les premiers perdants du Ddjihad ce sont les Musulmans, ceux qui ne demandent rien d'autre que de vivre en paix leur foi, leur religion, ceux qui ne font pas forcément porter le voile à leurs épouses et à leurs filles, ceux qui s'inquiètent, partout, des suites peu glorieuses des printemps arabes.
Parce que ce sont bien ces djihadistes, ces porcs sanguinaires, qui donnent aux soutiens de Bachar les arguments pour ne pas soutenir la rébellion syrienne, eux qui permettent que des dictateurs soient maintenus en poste parce qu'on craint que la Charia ne devienne la norme en terres musulmanes.

Alors demain, Vladimir Poutine pourra s'appuyer sur cette tuerie de plus, pour dire et redire, en coulisse, comme Bachar, c'est peut-être moins pire que ces hordes barbares qui murent leurs femmes dans des prisons de toile, qui lapident et décapitent et qui avancent, c'est clair, au Sahel, au Maghreb, dans tout le Moyen-Orient. 
Un argument de plus, né d'un navet américano-israëlien, des morts par centaines en Syrie, en Irak, au Liban, en Libye…
Le très chrétien Mitt Romney a bondi sur ce crime pour vitupérer contre le calme Obama. 
La haine attise la haine. Les pervers, eux, n'attendent qu'une provocation pour justifier leurs crimes.

mardi 11 septembre 2012

interruption momentanée

Occupée par ailleurs, je me vois contrainte de lever un peu le pied.
Je ne voudrais pas aller trop vite et bâcler ces colonnes.

A très bientôt et a minima pour la Semaine ARySQUE.

lundi 10 septembre 2012

Tana River, rivière de sang

Première destination touristique d'Afrique de l'Est, le Kenya est souvent présenté comme la quintessence de l'Afrique : monde sauvage, savane riche d'une faune exceptionnelle, vie nocturne animée dans les stations côtières… Alors, quand des scènes d'émeute embrasent la touristique ville côtière de Mombasa, on déploie l'armée, on règle le problème au plus vite.
 Mais quand les tueries se font ailleurs, en zone peu fréquentée par les touristes, on néglige, on laisse filer, comme si les conflits ethniques faisaient partie du paysage. Dans la nuit du 21 au 22 août pourtant, le massacre d'une cinquantaine de personnes dans le sud-est du pays, dans le district rural de Tana River, avait choqué le pays et la communauté internationale. Par le nombre de victimes d'abord, mais aussi par la violence des affrontements : les victimes avaient été tuées à coup de machette ou brûlées vives. Depuis, les émeutes de Mombasa qui ont suivi l'assassinat d'un prédicateur radical musulman (voir Le Monde du 29 août), ont fait de nouveau oublier le district de Tana river.

Ici, Orma et Pokomo se disputent la terre et les points d'eau depuis longtemps. En 2001 déjà, la haine inter ethnique avait causé la mort de 130 personnes. Alors à chaque massacre, on parle de représailles et on attend le suivant : 52 morts le 22 août, un autre le 1er septembre, puis 12 vendredi dernier et ce matin, à 10 heures, les maisons du village de Kilelengwani brûlaient encore. Bilan : 33 personnes — hommes, femmes, enfants, bien sûr — massacrées dans un raid conduit par plus de 300 Pokomo. Encore une opération de représailles, dit-on à Nairobi. Avant ce massacre, un député local, cité par Jeune Afrique, avait pourtant alerté sur la négligence des autorités : "en tant que dirigeants, nous sommes fatigués d'être appelés pour éteindre les braises (…) les agences de sécurité sont responsables de cette violence (…) elles ont des informations sur ces attaques en préparation et ne font rien" déclarait-il à l'AFP. "Si les tueries avaient eu lieu à Nairobi, la réponse du gouvernement aurait été différente."
D'expéditions punitives en expéditions punitives, les abords de Tana River se teintent couleur sang, dans l'indifférence générale, ou presque.

Hollande accélère le tempo

10 millions de personnes étaient devant leur téléviseur hier soir pour voir François Hollande faire son retour sur la scène médiatique. Une nécessité pour le président qui battait des records d'impopularité. La veille dans Le Monde, il avait annoncé la couleur : il faut du temps pour se donner une posture.
So what ? Après le calme, la tempête ? Que nenni ! Certes, l'homme s'est montré plus combatif, faisant valoir un agenda rythmé pour les deux prochaines années, mais pas ou peu d'annonce : un recadrage, une mise au point, rien de plus. Le message est clair quoique le mot n'ait pas été prononcé : nous voici bien entrés en phase de rigueur, le contraire eut été étonnant. 
Prévisions de croissance à la baisse, hausse du chômage record… rien ne pouvait en effet laissé espérer autre chose. Mais le terrain avait été bien préparé, permettant à François Hollande d'avoir l'air d'annoncer moins pire. Il y avait d'abord eu les rumeurs d'allègement de la taxe à 75 % des plus hauts revenus, puis est venue la traîtrise de Bernard Arnaud pour semer le doute sur la même mesure.
Bref, la rigueur est là et elle se veut "de gauche" : confirmation que les artistes et les sportifs seront bien assujettis à cet impôt temporaire, confirmation de la création d'une tranche à 45 % pour les revenus dépassant les 150 000 euros/an, taxation des heures supplémentaires dans les grandes entreprises mais pas dans les PME (les salariés, eux seront fiscalisés), etc. Sauf que les revenus des capitaux - qui constituent quand même l'essentiel des revenus des plus riches - ne seront pas concernés.
Rigueur, rigueur, rigueur parce qu'il va falloir faire de sérieuses économies sur les dépenses publiques - 10 milliards et surtout 20 milliards d'impôts supplémentaires. 
Certes, le Président affirme que cet effort sera d'abord consenti par les plus riches, notamment par la nouvelle tranche et les 2 à 3000 personnes concernées par la taxation à 75 %. On dit pourtant du côté du syndicat des impôts que le compte n'y est pas, il va donc sans doute falloir racler d'autres fonds de poche, nous le saurons bientôt. Déjà, nombre de foyers modestes qui ne payaient pas d'impôts en 2010 en paient cette année pour cause de gel du barême des impôts par le gouvernement Fillon. Le président ne prévoit pas de remettre cette mesure en question même s'il annonce une possible décote pour les plus bas revenus. Pas un mot sur les rumeurs d'augmentation des taxes sur le tabac et la bière, mais tout n'a pas été dit hier, loin s'en faut.
Quand à la promesse d'inverser la tendance de la courbe du chômage, on a quand même un peu de mal à y croire, alors que les annonces de plans sociaux se multiplient.
Pas sûr donc que la prestation d'hier soir ait convaincu. Mais on sera rapidement au parfum : "tout sera engagé dès la fin de l'année", a affirmé François Hollande.
Le président calme accélère donc le tempo. Il n'empêche : le changement, ce n'est pas maintenant. Maintenant, c'est serrage de ceinture. On est quand même loin des promesses de croissance. Real politik, quand tu nous tiens…

vendredi 7 septembre 2012

L'indécence

On peut aimer les grosses cylindrées. On peut goûter le design de Pininfarina, voire se réjouir que certains aient les moyens de s'offrir de belles œuvres, de beaux objets. Je n'ai rien contre le luxe… quand il n'y pas de crève-la-faim.

Parce que, quand même, hier, l'écoute de la radio avait de quoi soulever le cœur quand, sans transition ou presque, on apprenait que la récession serait pire encore en 2013, que l'Espagne et la Grèce s'enfonçaient davantage encore dans le marasme, qu'à Marseille, une partie de la population n'avait guère d'autre moyen de s'en sortir que l'économie parallèle de la drogue… et que quelques millionnaires avaient débarqué d'Angleterre pour relier Barcelone en traversant la France à bord de véhicules de luxe, valant chacun quelques années de SMIC et moyennant le versement de droit de participation avoisinant eux-mêmes 6 mois du même SMIC. Je passe sur la mobilisation de la gendarmerie sur tout le parcours pour traquer les excès de vitesse, autre coût à charge pour la population.

Mais ce matin, ce fut plus écœurant encore quand fut annoncée la parution du dernier rapport de l'Insee sur les niveaux de vie en France en 2010 (c'est-à-dire avant que ce soit pire, vue la dégradation de l'économie depuis deux ans).
Qu'on en juge : en 2010, le nombre de pauvres augmentait de 440 000 personnes (soit un total de 8,6 millions dont 63 % de moins de 18 ans), le niveau de vie moyen baissait de 0,5 % tandis que celui des 10 % les plus riches augmentait de 2,1 %, ces derniers ayant à la fois augmenté leur salaire et bénéficié de rendements plus élevés de leur placement (malgré la crise boursière). 
Là-dessus, des fuites (démenties par Pierre Moscovici, mais on attend de pieds fermes le détail de la mesure) laissaient entendre que la promesse de taxation à 75 % des plus hauts revenus serait sans doute quelque peu allégée…
Comme dit l'adage, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Cela s'appelle aussi l'injustice.


Le n°18 de la Semaine ARySQUE est en ligne

C'est vendredi, le jour de la Semaine ARySQUE.
Pour revoir l'actu de la semaine passée (et deux dessins inédits), cliquer sur l'image de sa couverture. Bonne lecture.



jeudi 6 septembre 2012

Vote Obama


Donné en tête avec 3 points d'avance cet été encore, Barack Obama a vu l'écart avec son adversaire se rétrécir comme peau de chagrin après la convention républicaine. C'est dire si l'enjeu de la convention démocrate qui se tient actuellement à Charlotte est important, surtout que la crise n'a guère facilité le travail d'Obama, provoquant d'autant plus la déception des Américains que ceux-ci avaient placé d'énormes espoirs dans ce candidat noir, dont le "Yes we can" voulait résonner comme le "I have a dream" de Martin Luther King. 

Qu'on se le dise : en dehors d'un fâcheux couac sur la réintroduction de Dieu dans la plateforme  démocrate, cette convention démocrate démarre plutôt bien, alors même qu'Obama doit prendre la parole ce soir devant ses militants. C'est que l'homme a pu compter sur deux personnalités ultra populaires aux Etats-Unis : son épouse, d'abord, qui a ému les foules le premier soir et surtout, hier, Bill Clinton qui totalise quelque 70 % de popularité auprès des Américains.
On dit que les deux hommes ne s'aiment guère, surtout depuis que Barack a raflé l'investiture à Hillary, il y a 4 ans. Pourtant, hier soir, Clinton s'est montré plus qu'enthousiaste pour soutenir Obama, démontant un à un les arguments républicains dans une prestation d'une cinquantaine de minutes fort applaudie. Sur l'économie, il a rappelé la catastrophique gestion des Républicains lorsque Bush fils était aux commandes et affirmé que Barack s'en était sorti aussi bien que possible (c'est-à-dire pas moins bien qu'il l'aurait fait lui-même). Sur l'homme , il a affirmé qu'il avait "le feu sacré pour l'Amérique", alors que la posture calme et posée d'Obama n'a guère galvanisé les foules pendant ces quatre ans.

Vu d'ici, on se dit souvent qu'il n'y a guère de différence entre Démocrates et Républicains. De facto, il y en a autant qu'entre le PS et l'UMP. Et comme je ne cautionne pas le discours "blanc bonnet et bonnet blanc" qui ne fait que servir les extrêmes, FN en tête chez nous, il me semble qu'on peut en fait trouver des différences notables entre les deux camps.
Quelques exemples : le candidat républicain est opposé à la réforme du système de santé que Barack Obama a défendu pied à pied et qui entrera en vigueur en 2014. De même, le Républicain prône une ultra financiarisation de l'économie alors même que c'est cela qui a plongé l'économie mondiale dans le marasme que l'on sait. Du côté des relations internationales, ce n'est guère mieux : la radicalisation religieuse du discours est largement à la hauteur de celui de Bush Junior* . Sur les questions de société, enfin, on sombre carrément dans la réaction avec une opposition farouche au mariage homosexuel et une position on ne peut plus ambigüe sur l'avortement (Todd Akin est d'ailleurs toujours en course pour le poste de sénateur du Missouri).

Bref, pour les Américains, comme pour la paix du monde, on ne peut s'empêcher de penser que Barack c'est - au moins - moins pire que Mitt Romney. On ne peut donc qu'espérer que cette convention parvienne à convaincre les 5 % de grands électeurs encore hésitants.

* voir notamment la récente mise en cause de la CIA pour avoir torturé des prisonniers libyens avant de les remettre à Kadhafi.

mercredi 5 septembre 2012

Syrie "Votre silence tue"

Ils sont 51, un peu partout dans le monde (en France, en Jordanie, en Espagne, etc.) à avoir entamé une grève de la faim pour protester contre l'inertie de la communauté internationale devant le drame syrien. Leur mot d'ordre : "votre silence tue".
Le mouvement est, une fois encore, né sur les réseaux sociaux, Facebook en particulier. Ses revendications :
  1. L’établissement de passages humanitaires sécurisés pour les aides humanitaires au peuple syrien, au moins deux passages protégés.
  2. Le renvoi de tous les représentants diplomatiques du régime syrien de tous les pays amis au peuple syrien.
  3. Hisser le drapeau de la révolution sur toutes les ambassades et consulats syriens partout dans le monde.
  4. Adresser un avertissement au gouvernement égyptien pour qu’il s’engage à bloquer le passage aux navires chargés d’armes pour le régime syrien.
  5. La constitution d’un dossier syrien à la court pénale internationale pour poursuivre Bachar Al Assad pour des crimes contre l’humanité.
  6. L’encadrement des camps de réfugiés dans les pays voisins de la Syrie, et les mettre exclusivement sous la gestion des organisations de l’ONU.
  7. La constitution d’une mission d’observateurs du conseil de sécurité aux centres de détentions en Syrie, incluant les centres de sécurité, l’aéroport de Mazzeh à Damas, avec des visites d’inspection surprise.
Aujourd'hui encore, plus de 20 personnes sont mortes en Syrie. Alors faites tourner ce message et surtout, apportez votre soutien sur la page Facebook dédiée à ce mouvement et sur laquelle vous pourrez en suivre l'actualité : https://www.facebook.com/Strike.solidarity.with.the.Syrian

Merci pour eux, merci pour la Syrie.

En vrac, en bref et en images

Nul n'échappant à la crise, je me vois contrainte à des activités plus lucratives que ce blog tout à fait bénévole. Voici donc une petite sélection en images et peu bavarde des faits du jour. Je vous laisse cliquer sur les liens proposés pour compléter l'info (sur le site du Monde ou dans ce blog).


France

 C'est mercredi, jour du conseil des Ministres. Au menu, pas mal de choses, notamment : le lancement du contrat de génération, la mise en place d'un dispositif visant à  réduire la précarité énergétique, le projet de loi sur le logement social.


Canada


Le parti indépendantiste a remporté les élections au Québec dans un scrutin qui faisait figure de referendum contre l'ancien premier ministre qui n'a pas su gérer la crise étudiante du printemps dernier. Pauline Marois devient ainsi la première femme Premier ministre de la province francophone. Une victoire sous tension, endeuillée par la fusillade en pleine fête de la victoire du parti indépendantiste où un homme est mort et un autre gravement blessé.

Mali
Voilà des mois que le Nord du Mali est sous la férule de mouvances islamistes, responsables des pires exactions parmi lesquelles la mise à sac de Tombouctou. Cette nuit, le président malien a officiellement sollicité l'aide de la Cedeao pour la reprise du Nord Mali.

mardi 4 septembre 2012

Rentrée républicaine



12 millions d'élèves ont donc repris le chemin de l'école. C'était trop bon de les voir s'interpeller dans la rue qui mène à la Primaire et à la maternelle du quartier, les cartables neufs ou usés, les cheveux peignés et le museau tout frais.
Les enseignant, eux, affichaient de larges sourires qui cachaient mal le brin d'angoisse qui les tenaillait : comment ça va se passer cette année, comment sera la classe, etc ?

Mais avant même que tout cela se mette en place, l'ex ministre de l'éducation vitupérait contre son successeur qui - bourde énorme, il faut le reconnaître - avait évoqué une mission de "redressement moral" pour l'école. Aïe ! C'est vrai que ça pue comme formulation, c'est vrai que cela rappelle de bien tristes souvenirs et j'aurais quelque malhonnêteté à faire comme si les mots ne disaient rien : j'ai assez critiqué les dérives pétainistes des discours politiques pendant la campagne.

Seulement voilà, crise morale il y a. Ce n'est pas seulement que les temps changent, que les notions de bien et de mal aient évolué. Cela est sain.
Mais une chose est sûre : à force de dire que tout se vaut, on brouille les pistes et on crée une société d'orphelins, de citoyens égarés, qui n'ont plus comme critère de jugement que la performance économique ou le bonheur individuel (ce qui revient au même, il ne s'agit là que de satisfaire des besoins primaires), la politique du ventre en somme. Ce ne peut être satisfaisant pour l'humain, c'est surtout très anti-social.

Certes, il y a forcément danger à inculquer des cours de morale dans le cadre d'un programme défini en haut lieu (sauf que l'enseignant conserve une grande liberté au sein de sa classe). Il y a forcément danger à dire ce qui est bien et ce qui est mal et a figer cela dans un enseignement de mandarin.
Mais n'y a-t-il pas plus grand danger à faire comme si l'école n'était là que pour former de futurs travailleurs et limiter l'éducation à de l'instruction scientifique ou technique ?
On oublie trop souvent, que l'école forme aussi des citoyens, qu'elle est une condition sine qua non du plein exercice de la démocratie. C'est comme cela en tous cas que Jules Ferry l'avait pensée.
Alors, oui : il faut qu'il y ait débat à l'école et il faut que ce débat se tienne aussi sur les questions du "vivre ensemble", sur ce qui fait légitimité dans une société, ce qui fait sens entre les générations : celles qui sont sur les bancs de l'école, celles qui enseignent et tous ceux qui sont dehors, les adultes, les anciens, les ancêtres et les générations futures.
Parce qu'à négliger le terrain du débat éthique et politique à l'école, on laisse un territoire vierge que les moralistes de tous poils — pas laïcs, pas républicains — préemptent avec succès si l'on en juge par le retour du religieux ou, à l'inverse (mais les contraires finissent toujours par se ressembler), par la culture de la performance individuelle contre celle du bien commun.
Ce que dit l'expression malheureuse de Peillon c'est cela : une angoisse légitime devant le fiasco de notre république qui n'a pas su séduire les jeunes avec son discours laïque et républicain.
Mais cela, bien sûr, ne peut passer par des cours de "redressement moral" mais - j'insiste - par du débat. La morale ne s'inculque pas, elle doit être interrogée, soupesée et finalement adoptée. C'est peut-être d'abord cela la laïcité.
Mais vrai : je suis furieusement moraliste ce matin !

lundi 3 septembre 2012

La rentrée du gouvernement

Hier, on préparait la rentrée au gouvernement. Ainsi, le Premier Minsitre Jean-Marc Ayrault était au micro de France Inter. L'occasion de remettre un peu d'ordre pour préparer ses troupes : Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici ont donc été priés de régler leur linge sale en famille, c'est-à-dire pendant le Conseil des ministres.
Ce matin, c'est Vincent Peillon qui fut mis en avant sur les mêmes ondes, avec ses créations de poste, la formation pour les nouveaux enseignants qui n'auront pas de CP, l'introduction de cours de morale républicaine…
Nous verrons demain, mais déjà, on est prévenu : c'est la dernière rentrée préparée par Luc Chatel. Ce sera donc un monstre bordel malgré les adoucissements apportés par l'actuel ministre de l'Education nationale. Au total, ce sont 13 000 enseignants qui avaient été supprimés pour cette année.
Les 1000 nouveaux postes créés par le nouveau gouvernement auront bien du mal à compenser…

Syrie : mission (presque) impossible

Ce matin à l'aube, les avions de combat ont bombardé Alep. Bilan : au moins 14 morts. Quelques heures plus tard, ce sont 18 personnes qui ont trouvé la mort dans la banlieue de cette capitale du Nord. 18 civils dont six femmes et deux enfants qui s'étaient réfugiés dans le mauvais immeuble, celui qui allait prendre une des bombes larguées par l'aviation de Bachar.
Dans une banlieue de Damas, majoritairement chrétienne et druze, c'est un attentat à la voiture piégée qui a fait à son tour plusieurs blessés.
Et cætera.

"La paix est aujourd'hui une mission presque impossible en Syrie", a déploré ce matin l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi. "Nous ne faisons rien. Ce qui en soi pèse un poids terrible." a-t-il ajouté.
CQFD.


Desmond Tutu, l'homme libre


On peut être croyant, archi pratiquant ; on peut être dignitaire religieux et être un homme libre. Desmond Tutu est de ceux-là : un type qui a vu suffisamment de douleur pour attiser son désir de justice, un bonhomme qui a tellement lutté qu'il ne baissera plus jamais les bras. Un homme auquel l'amour de dieu n'a pas effacé celui pour l'homme.

Cet homme là demeure à la hauteur du prix Nobel de la paix reçu en1984. Il voulait être médecin mais, faute de moyens pour financer ses études, il deviendra enseignant. Pendant trois ans : en 1957, il démissionne, horrifié par le manque de moyens donnés à l'éducation des Noirs dans son pays, l'Afrique du Sud de l'apartheid. Il choisit alors la théologie, est ordonné prêtre puis archevêque au milieu des années 1970 et s'impose comme le fer de lance d'une révolution pacifiste pour faire tomber le régime de l'apartheid. Il est aujourd'hui la voix contre toutes les injustices : Palestine, vente d'armes, etc. Un très grand homme auquel Miles Davis a dédié le sublime Album Tutu en 1986.

Alors, forcément, quand Desmond Tutu parle, on se tait et on écoute. La semaine dernière, il devait prononcer un discours à une conférence de Johannesburg. Il a refusé d'y siéger parce qu'à la même tribune devait venir s'exprimer un homme avec lequel il ne veut pas se compromettre : Tony Blair.
Sans ciller, avec ce regard qui demeure gai malgré les multiples atrocités côtoyées, Desmond Tutu a demandé que ceux qui avaient menti ou cautionné le mensonge pour que la guerre soit engagée en Irak, soient jugés à la Cour pénale Internationale. Avec quelques faits tangibles au crédit de l'accusation : en Irak, "6,5 personnes meurent quotidiennement dans des attentats-suicide et des explosions de véhicule", "plus de 110 000 Irakiens sont morts dans ce conflit depuis 2003…". Tout cela à cause d'un mensonge. Et d'affirmer "dans un mode cohérent, les responsables de ces souffrances et de ces pertes de vies humaines devraient suivre le même chemin que certains de leurs pairs africains et asiatiques qui ont eu à répondre de leurs actes devant la Cour internationale de justice à La Haye".

Bien sûr, Tony Blair a protesté que Saddam Hussein était un affreux qui a utilisé les armes chimiques et tout et tout. Mais dites-moi monsieur Blair, pourquoi s'il vous semble être dans votre bon droit, craindre une telle juridiction ? Desmond Tutu n'a pas demandé que vous soyez cloué au pilori, il n'a fait que souhaiter que la lumière soit faite et que justice soit rendue.
Parce qu'en attendant, Tony Blair (qui en cela est une véritable muse pour notre ancien Président Sarkozy) engrange force monnaie sonnante et trébuchante en faisant des discours d'expert à près de 5000 euros la minute. Avouez que l'impunité de certains laisse un goût amer.

samedi 1 septembre 2012

En vrac

C'est le WE, je ferais donc court avec une petite sélection en images :

L'affreux de cette fin de semaine c'est le Père Groeschel, prêtre franciscain du diocèse de New York qui a pris la défense d'un pédophile en affirmant que les pédophiles ne faisaient souvent que répondre aux avances d'enfants "séducteurs".


Hier, un tremblement de terre de magnitude 7,6 au large des Philippines a fait craindre l'arrivée d'une vague géante sur les côtes philippines et indonésiennes. Pas de tsunami mais le séisme a tout de même fait un mort.


C'est toujours les jeux paralympique à Londres où les handicapés ont droit aux honneurs de la presse britannique. En France, pas de direct sur les chaînes nationales.

Bon week-end à tous.