vendredi 29 juin 2012

Une Semaine ARySQUE, n° Spécial

Le nouveau numéro de la Semaine ARySQUE est en ligne : un numéro sans numéro, spécial et sans parole. 
Ce n'est pas de l'actu, pas même de l'info. Mais il y est bien question de l'humain, de fraternités… façon Abel, façon Caïn.

Pour découvrir la Semaine double ARySQUE, cliquez sur la couverture. A la fin de ce numéro, quelques infos pratiques pour l'expo de vendredi prochain. Bon feuilletage.


jeudi 28 juin 2012

Occupée



Fraternité, technique mixte sur et sous toile (passe-muraille©), 60 x 80 cm

Petite pause dans les chroniques d'ARySQUE. Elles se font et se feront plus rares ces prochains jours.
Ce ne sont pas les sujets qui manquent, mais mes portes ouvertes qui approchent et j'ai quelques trucs à préparer pour vous recevoir dignement.

Vendredi 6 juillet, c'est entrée libre à l'atelier.
Pour plus d'infos, contactez-moi.


L'événement est aussi sur Facebook.



mercredi 27 juin 2012

Happés par les flots



Ils sont kurdes, iraniens, irakiens, mais aussi Afghans… venus d'Asie.
Contraints de migrer hors de leurs frontières.
La terre promise s'appelle Australie : l'agriculture y a besoin de main-d'œuvre dit-on. 

Le voyage est long, coûteux, extrêmement risqué.
A terre d'abord, parce que la traversée maritime doit être aussi courte que possible. 
Alors, ils parcourent à pieds, en wagons à bestiaux, en camion sous des bâches, etc. des milliers de kilomètres : Iran, Pakistan, Inde, Bangladesh, Birmanie, Malaisie, Indonésie.
Puis encore quelques milliers de miles marins sur des bateaux vermoulus, des rafiots surchargés, des barcasses à sombrer.

Et ils sombrent. Pas toujours. Parfois.
 
Ce matin à nouveau, une embarcation surchargée, vétuste, a fait naufrage au large de l'ile de Christmas. Les secours ont pu sauver 123 personnes. Les passagers, demandeurs d'asile, étaient sans doute plus nombreux. 150 peut-être. 
Il y a moins d'une semaine, au large de ce même minuscule bout de terre perdu dans l'Océan indien, un autre naufrage de migrants afghans au bilan effroyable : 110 survivants, à peine plus de la moitié des passagers, 17 corps repêchés et au moins 70 portés disparus.

En 2010, plus de 6 500 demandeurs d'asile qui avaient embarqué en Indonésie ont demandé l'asile politique à l'Australie. Ils sont chaque année plus nombreux et deviennent sur l'ile-continent un enjeu politique de poids. Ceux qui survivront ne seront pas vraiment les bienvenus arrivés à bon port.

Souvent, on se dit que le temps va vite, que les choses changent trop rapidement. 
Il en est qui n'avancent guère : quand Sartre et Aron étaient venus à l'Elysée plaider la cause des boat people vietnamiens (200 à 250 000 morts), nous étions en 1979 !

 

Recherche d'emploi

Permettez que je parle de moi dans la peau d'ARySQUE.

Je me lève le matin et j'allume la radio. J'écoute et je guette une idée de sujet en me brossant les dents. Ensuite, je fouille un peu dans mon ordinateur. 
Je n'investigue pas. Je ne suis pas journaliste. Je fais confiance à quelques sources journalistiques et je croise. Puis, je dessine et je refouille encore un peu pour vérifier avant de chroniquer (il m'arrive de jeter le dessin parce qu'après vérification, j'ai dessiné une énooooorme bourde ;  l'impatience du dessin, ça ne se contrôle pas).
Enfin, je blogue.

Cela me prend souvent la journée, parce qu'il faut aussi diffuser, monter les pages de la Semaine d'ARySQUE et parce qu'en plus des faits, il y a l'émotion qu'ils suscitent, un truc plus universel que j'ai besoin de lâcher sur des trucs plus picturaux.

Parfois, cela me laisse des demi-journées. Alors j'enlève le costume d'ARySQUE pour quelques missions, souvent écrites, histoire de faire rentrer quelques sous dans la poche d'ARySQUE, parce que le travail d'ARySQUE est totalement gracieux.
Je ne suis pas dans la misère et j'aime celui qui me fait vivre. Bref, je ne me plains pas.
Mais je trouverais quelque justice à ce que ce travail trouve quelque rémunération. Surtout, j'aime les papiers, les pages qu'on tourne.

Alors si vous passez sur cette page, que vous êtes éditeur de presse, de livres ou si vous en connaissez que mon profil pourrait intéresser, merci de faire tourner cette page et surtout le book qui va avec : à consulter en cliquant sur l'image.
J'illustre mes textes et ceux des autres avec plaisir.




lundi 25 juin 2012

Egypte : la nouvelle donne entre Afrique et Moyen-Orient


Il aura fallu attendre une semaine pour que soient enfin publiés les résultats des élections égyptiennes qui placent le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, en tête avec plus de 51 % des voix. On a du mal à croire à une difficulté de comptage des voix, les résultats ne sont pas si serrés. En revanche, le discours inaugural du nouveau chef d'Etat, dans lequel il affirmait que "tous les traités internationaux seraient respectés", nous éclaire un peu sur la teneur probable des négociations qui ont précédé la publication officielle des résultats.
Toute la frontière Est de l'Egypte est commune avec Israël ; c'est dire si le monde a tremblé à l'idée que Mohamed Morsi remette en question le traité de paix liant les deux pays, comme il l'annonçait dans sa campagne. 
L'Armée égyptienne n'appréciait pas non plus : elle reçoit chaque année une aide substancielle des Etats-Unis pour que les clauses de ce traité soient respectées. D'ailleurs, elle a déjà confisqué une bonne part des pouvoirs présidentiels dans l'entre-deux tours des élections.

Toujours est-il que dès aujourd'hui, Mohamed Morsi a réaffirmé son engagement de "créer un équilibre stratégique dans la région" en renforçant les relations entre l'Iran et l'Egypte. 
La veille, l'Iran déclarait de son côté, que les événements de Tunisie et d'Egypte étaient le signe d'un "réveil islamique" dans la région. On n'a pas fini de constater les effets géopolitique des printemps arabes : partout où les dictateurs chutent, les islamistes s'imposent : ils sont souvent la seule force d'opposition constituée et opérationnelle.

Cette victoire n'est  pas seulement idéologique, elle est de plus en plus territoriale : depuis le Moyen-Orient, l'Egypte est la porte d'entrée en Afrique, juste au dessus de la bande sahélienne. On ne peut pas ne pas regarder la victoire des Frères musulmans en Egypte sans jeter un œil du côté du Maghreb mais aussi du Mali et de toute la région sahélienne…
On voit alors s'unifier physiquement le bloc géopolitique visé par le Djihad : toute la rive sud de la Méditerranée, d'abord ; la région sahélienne ensuite. On peut même voir se dessiner dans le rapprochement entre sunnites égyptiens et chiites iranien, la possibilité d'un apaisement des schismes…

Après plusieurs siècles au cours desquels l'Islam était méprisé, on ne peut pas s'étonner qu'il prenne la place laissée vacante par la chute des anciens héros de l'indépendance. 1400 ans, ce n'est pas si vieux pour une religion et l'Islam, plein de vigueur, rêve d'une nouvelle apogée. 
Cette fois encore, hélas !, il est à craindre qu'il faille en passer par quelques dérives inquisitoriales de la pire espèce : hier, deux hommes ont été condamnés à mort en Iran pour avoir consommé de l'alcool. Quand à la guerre des Croisés, elle est en marche et le but symbolique ne change pas : Jerusalem, la ville charnière. 
L'intransigeance israélienne n'aide guère à l'apaisement. L'islam radical s'en nourrit.

vendredi 22 juin 2012

Une Semaine ARySQUE n°14

Le N°14 d'Une Semaine ARySQUE est en ligne.
Pour en tourner les pages, cliquez sur l'image.


jeudi 21 juin 2012

C'est l'été


Le changement, c'est patience et longueur de temps

"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage."
Ainsi parlait La Fontaine, que François Hollande pourrait citer lors de son prochain point presse, parce qu'il semblerait bien que, du côté de l'Europe et de l'environnement, le changement ne soit pas tout à fait pour maintenant.
François Hollande a beau affirmé en rentrant de Rio qu'il a "bon espoir", on ne peut pas dire que les avancées aillent bon train.
A Rio, d'abord, personne n'espère rien de ce sommet consacré à l'environnement. Les dirigeants sont partout tellement préoccupés par la crise économique que le grave désordre environnemental est passé aux oubliettes. Etroits esprits que ceux qui ne peuvent penser en même temps croissance et environnement, développement et durabilité. Il y aurait là pourtant, quelques idées neuves à inventer. Mais voyez : ni Merkel, ni Obama, n'ont pris la peine de faire le déplacement… Ce sera, au mieux, pour la prochaine génération.

 

En Europe, ensuite, Angela Merkel campe sur ses positions, réitérant sa fin de non recevoir aux eurobonds. Il faudra donc que François Hollande fasses des concessions ou aille au blocage.



Mais le pire est venue d'Albion, avec la provocation de David Cameron annonçant à l'aube du G20, qu'il déroulerait "le tapis rouge" pour nos candidats à l'exil fiscal. Au passage, il a clairement laissé entendre quelle opiniâtreté il mettrait à combattre les paradis fiscaux. 



Même l'été est en retard. C'est dire ! 

mercredi 20 juin 2012

Moubarak traverse le fleuve en solitaire

Voilà bien 24 heures que court la rumeur : Moubarak est mort.
Enfin cliniquement mort. Enfin non : dans le coma sous assistance respiratoire. 
Enfin bref, Moubarak qui vient d'être condamné pour avoir ordonné de tirer sur la foule est sur le point de passer le fleuve qui le conduira au royaume des morts.

Au Caire, la nouvelle fait assez peu d'effet. 
En revanche, on attend de pied ferme les résultats officiels des élections devant départager de peu de voix le candidat des Frères Musulmans et celui de l'Armée, cette dernière ayant de toutes façons déjà sensiblement amputé les pouvoirs présidentiels à son profit, suscitant une fois de plus la colère de la rue.

A part ça, tout va bien sur les bords du Nil.

mardi 19 juin 2012

L'Histoire, c'est la mémoire des Hommes

Ce matin, 700 000 élèves de Terminale planchaient sur leur copie d'histoire-géographie. Ceux de Première S passeront cet après-midi l'épreuve anticipée de cette même discipline, celle-ci leur ayant été amputée d'une année par feu le gouvernement Fillon. 
Le gouvernement Ayrault a annoncé qu'elle serait proposée en option l'année prochaine et rétablie ensuite. C'est heureux, tant les programmes d'histoire et de géographie sont essentiels à la compréhension du monde.

En Terminale, le programme d'histoire commence à la fin de la seconde guerre mondiale. Comme quand je passais le bac, sauf qu'alors il couvrait une période de 40 ans et s'arrêtait à l'aube de la Perestroïka. Depuis, la Chine et l'Inde se sont levés et avec eux nombre de pays émergents, il y a eu la guerre en Croatie, en Bosnie. Vladimir Poutine a remplacé Eltsine et Gorbatchev est mort. Il y a eu la guerre du Golfe, les attentats du 11 septembre, le protocole de Kyoto, Tchernobyl, la nébuleuse islamiste… Tout cela est au programme des élèves de Terminale S qui engrangent aussi quelques précieuses clefs de compréhension du monde actuel en géographie. Au programme : les mécanismes de la mondialisation, le rôle des différentes organisations internationales, les grands pôles de développement, etc. 

Le sarkozisme voulait la performance, l'efficacité, la rentabilisation des investissements ; rien d'étonnant donc à ce qu'il fantasme sur une école qui soit d'abord un centre de formation professionnelle. Assez logiquement, il fallait renforcer la spécialisation.
Sauf que c'est s'éloigner franchement de l'idéal de l'école républicaine : la formation de citoyens critiques. L'histoire à l'école c'est le devoir de mémoire, la géographie c'est le devoir de compréhension du monde actuel. C'est juste fondateur de la citoyenneté : il ne peut y avoir de vote éclairé sans connaissance de cela, pas de démocratie sans l'exercice de ces devoirs là.

Pire : c'est justement là où sont formés les dirigeants de demain que cette discipline a failli disparaître. Parce que — on peut trouver cela regrettable, mais c'est ainsi — les élèves de Terminale S seront ceux qui majoritairement auront accès aux filières d'élite. A moyen termes, ils occuperont donc les postes de décision les plus importants : ils inventeront les technologies de demain pour l'industrie, pour la santé, pour nos loisirs, nos déplacement, nos énergies, pour l'armement, etc. Ils dirigeront la plupart des entreprises, des banques, des administrations centrales, ils feront l'économie et la finance de demain…
 Autant de missions à haute responsabilité qui ne peuvent être confiées qu'à des citoyens éclairés.


lundi 18 juin 2012

2 (+1) FN a l'Assemblée et une droite à refaire



Voilà donc achevée la longue période électorale.
Bilan des courses : la gauche a peu ou prou les mains libres pour conduire les réformes annoncées, à ceci près que 42 % d'abstentionnistes font autant de potentiels insatisfaits. Joli score en termes de sièges donc, mais pas de quoi se prévaloir d'un sursaut populaire.

Du côté de la droite, en revanche, la déconfiture est sévère et elle est surtout profonde. La stratégie à droite toute qui devait conduire à priver le Front National de son électorat est un échec complet. Non seulement la droite parlementaire n'a pas gagné d'électeurs FN ( ils ont préféré s'abstenir au second tour de cette élection), mais surtout elle a perdu dans la bataille une part de son identité politique à force de dérives populistes. 

C'est donc la fin du sarkozisme et avec elle celle d'une époque pour l'UMP. Pire : l'homme était assez autoritaire et exclusif pour ne pas permettre que s'épanouisse une autre droite pour lui succéder (voilà qui nous rappelle quand même un peu un certain François Mitterand…). Tout est donc à reconstruire, mais sur quoi ? 

Aujourd'hui, la place vacante est au centre, mais le virage risque d'être un peu relevé. La question alors sera : que faire de la droite populaire ?
Vous croyez, par exemple, que Nadine Morano va appeler pour de vrai Louis Aliot ? Je dis ça parce que, au FN, les Blondes à voix forte, c'est archi tendance en ce moment !

vendredi 15 juin 2012

Il est bientôt minuit…



A partir de minuit, Nicolas Sarkozy perd son immunité présidentielle. Il devrait donc dès demain pouvoir être entendu dans les affaires Karachi, Kadhafi et Bettencourt, toutes trois liées à d'occultes financements de campagne.

Minuit, c'est l'heure du Commandeur.

Une Semaine ARySQUE n°13

Comme chaque vendredi, voici venue la Semaine ARySQUE.
Cliquer sur l'image pour tourner les pages du n°13


Football derrière les barreaux

Voilà trois mois que Mahmoud Sarsak ne mange plus.
Auparavant, Mahmoud était footballeur. Un très bon footballeur de l'équipe nationale gazaouie, tellement bon que les recruteurs de Batala (un camp de réfugiés qui peut se targuer d'entraîner une prestigieuse équipe) avait tout mis en œuvre pour qu'il passe de l'autre côté, traverse... et rejoigne la Cisjordanie.
Mahmoud est né à Rafah, au sud de la bande de Gaza. Mahmoud aimait le ballon rond, comme un fou. Mahmoud voulait devenir pro, vivre de sa passion.
Mais le rêve de Mamhoud s'est arrêté là où s'arrêtent les Gazaouis : au check point où il fut arrêté le 22 juillet 2009, sans qu'aucun motif précis ne lui ait été signifié depuis.

Ce soir, quand vous regarderez les Bleus courir après le ballon, ayez s'il-vous-plaît, une pensée pour Mahmoud Sarsak. 
Quand les cris salueront chaque point, chaque belle action, Mahmoud, lui, n'aura sans doute pas la force de regarder. 
Footballeur chétif et décharné par la grève de la faim, Mahmoud est entre la vie et la mort. Il a 25 ans et rêve sans doute de faire tomber des murs.

jeudi 14 juin 2012

Crimes contre l'humanité en Syrie


Encore 50 morts hier en Syrie, dont 40 civils.
Ce matin, Amnesty international accusait la Syrie de crime contre l'hulmanité dans un rapport de 70 pages intitulé "Représailles mortelles". L'organisation de défense des Droits de l'Homme y fait état des multiples exactions constatées par ses observateurs dans les vingt-trois villes et villages visités : victimes trainées hors de leur maison et abattues froidement, viols, tortures systématiques, cadavres brûlés… 
Partout, cette même plainte : "Pourquoi le monde ne fait-il rien ?".

Amnesty International demande au Conseil de sécurité de transmettre le dossier à la Cour de Justice internationale et d'imposer un embargo sur les armes pour la Syrie.

Exit les tweets ?


Cérémonie solennelle ce matin aux Invalides pour rendre hommage aux quatre soldats tués samedi dans un attentat dans un village afghan de la Kapisa. Il y avait là François Hollande, seul face aux quatre et, derrière lui, les présidents déchus, les ministres en exercice, des premiers ministres, en exercice ou non.
Un bel hommage où chaque soldat a été nommé. Un bel hommage au cours duquel François Hollande a rappelé que l'heure était à la transition, que d'ailleurs le président afghan l'appelait de ses vœux il y a quelques heures à peine et que bref, on allait sortir de ce bourbier où plus grand monde, sur place,  ne veut nous voir en armes.

Et - enfin ! - on a un peu moins parlé des petits oiseaux de Valérie. 
Enfin ! Nous revenons à des choses un peu plus sérieuses dans le débat public : François Hollande est en route pour Rome où il doit rencontrer son homologue Mario Monti, avec lequel il constituerait bien le binôme pour la croissance européenne.

mercredi 13 juin 2012

Censeurs, je vous hais !



Le 3 mai dernier, jour de la liberté de la presse, le dirigeant de la chaîne de télévision tunisienne Nessma, était condamné pour avoir diffusé Persepolis. 
Depuis hier soir, le couvre-feu est tombé sur Tunis. Parce qu'une exposition a offusqué quelque esprit resserré, quelques bruyants empêcheurs de la pensée errante. 
Silence radio sur le printemps arabe.
Le contexte est ce qu'il est dans cette partie du monde : soumis à des fondamentalismes fort éloignés de l'aspiration des fidèles musulmans, mais suffisamment prosélytes pour couvrir toutes les autres voix.

Les prosélytes se défient toujours de l'art.
Parce que dans la main de l'artiste, ce sont des mots et des images en liberté qui aiment à emprunter les chemins de traverse. Parce que la main de l'artiste touche l'homme là où il pleure, là où il rit, là où il vibre, là où il vit. Parce que dans la main de l'artiste, c'est l'homme réellement : une créature instable, en devenir, un être riche de mots en cascade, d'esprit en escalier… un démiurge que le doute fait rebondir.

Que n'avez-vous compris que rien ne pouvait empêcher la pensée de divaguer, que dans la main de l'artiste, le besoin de liberté ne se dit pas seulement sur le fond, mais également dans la forme ? 
Cette absolue nécessité explose en volutes entrelacées dans les pierres des mosquées !
Votre cœur est trop sec. Vous n'avez pas senti comme l'arabesque centrifuge et exaltée, mille fois répétée, reproduit aussi bien qu'un Van Gogh l'ivresse d'un champ de blé.

L'artiste a dans la main la quintessence du désir : celui qui fait que l'homme, toujours, tend le cou et dresse la tête pour voir plus loin - derrière l'horizon - et qu'il invente, par plaisir ou par besoin, ce que ses yeux ignorent.
Pour faire des mondes émouvants, démiurges.
Pour créer Dieu. 
C'est cela qui vous dérange.

Plus que tout, je crains l'obscurantisme. Etouffer la culture c'est asphyxier l'humain. Censeurs, je vous hais !

Narcos sur les champs de course

Sept membres du cartel mexicain des Zetas, dont l'un des chefs, ont été arrêtés mardi en Californie après avoir massivement investi dans l'achat de chevaux de course, des gagneurs de préférence. Les narcotrafiquants ont ainsi trouvé un bon moyen de blanchir leur argent. Depuis 2008, ils auraient ainsi investi plusieurs millions de dollars daux Etats-Unis. Le tout avec une pointe d'humour  : on trouvait parmi les coureurs Number One cartel, Corona coronita cartel…
Sept autres personnes sont recherchées dans le cadre de cette enquête, dont le chef du cartel visé : Zetas, considéré comme l'un des plus violents du Mexique. 
Dans ce pays, le narcotrafic a fait plus de 50 000 morts depuis l'arrivée au pouvoir de Felipe Calderon, en 2006.

mardi 12 juin 2012

Un nom pour Valérie Trierweiler


Valérie Trierweiler soutient l'adversaire de Ségolène Royal à la Rochelle le jour où François Hollande soutient son ex compagne. C'était un tweet. On a d'abord cru à un piratage. Mais non, elle assume.
Le coup a dû être sévère pour Ségolène, il est affligeant pour le PS qui espérait circonscrire le fratricide duel au terrain local. Raté : les militants UMP se tordent de rire et franchement, il y a de quoi.

François Hollande se tait. Forcément. C'est tellement gros qu'on ne l'aurait pas imaginé.
Leçon n°1 : toujours se méfier des rivalités internes. Leçon n°2 : ne jamais prendre parti quand deux femmes se haïssent. 
Sérieusement : ce matin, en entendant le soutien de François Hollande à Ségolène Royal, on a bien pensé que Valérie apprécierait, que peut-être il n'aurait pas du. Bingo ! Retour de bâton et l'humiliée fait d'une pierre deux coups, frappant l'ennemie et le traître.
C'est ridicule. J'ai peine à croire qu'une ex journaliste politique ait innocemment lâché une telle bourde sans imaginer qu'elle saborderait les ambitions de son compagnon. Je ne doute pas qu'elle ait mis force malice dans la rédaction de ce tweet. Et toc !

Je crois que c'est clair : elle n'a pas du tout envie d'être Première dame. Elle a même l'air de vouloir prouver qu'elle n'y serait pas à sa place, ne serait-ce que par manque de discrétion.
Ridicule. Première Dan pour quoi pas ; mais ni Première dame et encore moins première femme. 
Pas l'étoffe. On est bien loin de la dignité d'une Danielle Mitterand.

Contagion malienne




Hier, François Hollande recevait à l'Elysée, Mahamadou Issoufou, Président de la République nigérienne. A l'issue de cet entretien, il déclarait "Il y a une menace d'installation de groupes terroristes au nord-Mali (…) Il y a une intervention extérieure qui déstabilise le Mali et qui installe des groupes dont la vocation est une intervention qui va bien au-delà du Mali…". Le président nigérien a confirmé et plaidé pour une aide internationale.

Ce discours est passé relativement inaperçu, Législatives obligent.
Il mérite pourtant qu'on s'y arrête : l'urgence est au Mali au moins aussi forte qu'en Syrie. Ici comme là-bas, les populations civiles sont au seuil de l'hécatombe et, au Mali plus encore qu'en Syrie, le risque de contagion est très alarmant.
Pour deux raisons : d'abord parce que l'afflux des réfugiés dans les pays frontaliers est déjà devenu ingérable. Surtout, parce que ce conflit a constitué une opportunité exceptionnelle pour les combattants djihadistes d'attiser un nouveau foyer de guerre sainte. C'est avéré : au nord du Mali, les principales villes sont détenues par des Touaregs mais aussi par nombre de mouvances islamistes : Ansar Dine, Mujao (Mouvement Unité pour le djihad en Afrique de l'Ouest, dissidence d'Aqmi), la secte de Boko Haram… 

Bref, on ne peut pas regarder ce qui se passe au nord du Mali sans tenir compte du fait que les organisations présentes ici, sont actives dans les pays voisins, à commencer par Boko Haram qui sème la terreur au Nigeria, mais aussi Aqmi dont la dissidence africaine Mujao (Mouvement Unité pour le jihad en Afrique de l'Ouest) se faisait connaître en décembre dernier en revendiquant l'enlèvement de trois Européens 6 semaines plus tôt dans l'ouest de l'Algérie.
Après le Maghreb, avec le Sahel africain, c'est vers le sud du Sahara qu'avance la guerre sainte. La création d'une branche spécifiquement africaine d'Al Qaïda est un signe fort. Le Mali est pour Mujuao une base avancée vers la région sub saharienne. Déjà, au Burkina Fasso, pays fragilisé par une grave crise alimentaire et qui se remet mal de la révolte d'avril 2011, l'arrivée de 60 000 réfugiés maliens fait craindre un regain de tensions qui pourraient à leur tour constituer une opportunité d'exporter le Djihad.
Nous avons fini par nous habituer aux souffrances de la région sahélienne au point de les reléguer à la catégorie entrefilet dans les médias grand public. Mais le Sahel souffre de désordres climatiques, de famine ET de la folie des hommes.
Alors à l'appel pour la Syrie, j'ajoute celui pour le Sahel et je crois qu'il faut le crier plus fort encore, car ses bruits et ses cris sont ici assourdis.

Merci de diffuser.



lundi 11 juin 2012

42 % de silencieux

La gauche arrive en tête, la droite parlementaire n'est pas déconfite, Jean-Luc Mélanchon prend une tôle et Marine Le Pen exulte : elle fait plus de 40 % à Henin-Beaumont, sa nièce dépasse les  30% à Carpentras et Gilbert Collard, avec plus de 34 % des voix, pourrait l'emporter dans la deuxième circonscription du Gard, son rival UMP hésitant à se maintenir. Trois députés FN pourraient donc l'emporter et 5 arrivent en tête de leur circonscription au premier tour. 

Pire peut-être : quels que soient les résultats du second tour, ils risquent de ne pas représenter la moitié des électeurs ; les abstentionnistes arrivent en tête (42 % de silencieux).
Rude revers pour la politique. 
Rude revers pour la citoyenneté.

Mais vrai ! Force est d'admettre que les hommes politiques des deux dernières générations, et en tête sans doute François Mtterand et Nicolas Sarkozy parce qu'ils ont été ceux qui avaient le plus fait rêver et donc ceux qui ont le plus déçu - n'ont fait que discréditer le rôle même de la politique dans nos sociétés. 
Pas seulement à cause des affaires. Pas seulement à cause des querelles de personnes et de clocher. Surtout à cause de leur immense impuissance à décider des affaires du monde, à cause de leur renoncement, bien avant celui des électeurs, à faire valoir que c'est la politique qui décide, elle qui oriente les tendances économiques, culturelles, sociales…
Leur impuissance qui laisse des gamins dormir dans la rue.
Leur impuissance à aider vraiment la Grèce et l'Espagne.
Leur impuissance à faire tomber Bachar El Assad.
Leur impuissance à nourrir la planète.
Leur impuissance à garder les usines ouvertes. 
Bref, nul n'y croit plus.

Il n'empêche : on oublie quand même que ne pas voter c'est affaiblir la légitimité des élus face à des contre-pouvoirs qui n'ont que faire de l'avis et de la situation des populations. Cette abstention-là, si elle se répétait au second tour, pourrait être envoyée à la face de nos dirigeants à n'importe quel moment et François Hollande aurait peut-être plus de peine à faire entendre la voix de la croissance, et surtout celle de la politique, ici comme ailleurs.

Aux débuts de la cinquième république, le taux d'abstention avoisinait les 20 %. Il s'est installé autour des 30 points à la fin des années 1980. Il atteignait les 40 % au second tour de 2007 et a battu hier un record.


samedi 9 juin 2012

Réfugiés

Exode, encre et eau sur papier torchon, 46x61cm



43 millions de personnes déracinées à travers le monde — errantes ou en attente de solution — parce qu'un conflit, une famine, les ont chassées de chez elles. Plus de 25 millions d'entre elles pas trop loin de leur maison, dans l'espoir de revenir vite. Cette "immigration interne" augmente chaque année.
Plus de 15 millions de personnes sont réfugiées et 1 million a fait une demande d'asile.

Elles ne peuvent pas être oubliées dans les débats sur l'immigration.

Le 31 mai, l'UNHCR a publié un état des lieux des réfugiés dans le monde.

Expo : à l'épreuve des faits le 6 juillet



Ras le bol de causer derrière un écran.
Plus qu'assez de m'esclaffer toute seule devant le zgeg de DSK.
Franchement chagrine de votre silence.

Alors le 6 juillet, je reçois en mon atelier. Tout là-haut sous les toits, on verra les dessins d'ARySQUE et la conclusion des Ephémérales (dernières œuvres signées Aql). S'il fait beau, on pourra regarder le soleil se coucher sur les toits de zinc.
Et bien sûr, on pourra revoir les sculptures, parce que je ne peux les cacher dans aucun placard. 

Pour vous inscrire sûrement ou peut-être, cliquer sur l'image pour m'envoyer un mail. En retour, je vous envoies le code.




vendredi 8 juin 2012

L'épuration, école syrienne. Histoire sans parole

PHASE 1



PHASE 2




BILAN
 
C'est vendredi, le jour d'Une Semaine ARySQUE.
A tout à l'heure pour une histoire sans parole.

Pour tourner les pages d'Une Semaine ARySQUE n°12, cliquez sur l'image.


jeudi 7 juin 2012

Syrie : l'épuration



Ca suffit !
Un nouveau massacre hier a fait au moins 55 morts, dont une vingtaine de femmes et d'enfants, des civils froidement abattus, trucidés dans leur maison après que leur village ait été soigneusement pilonné. Comme à Houla.
Les observateurs de l'ONU n'ont même pas pu se rendre sur place : ils ont été arrêtés par un barrage de l'Armée syrienne, se sont fait tirer dessus.
Et Bachar voudrait qu'on le croit quand il affirme que les insurgés sont responsables de ce crime. Et Poutine parle encore du plan Annan

Comme à Houla, c'est un village sunnite qui est attaqué. Là encore, la zone a été bombardée massivement avant que les troupes n'achèvent les survivants : le procédé est systématique, organisé, et reproductible.
Ce n'est pas encore la guerre civile, la population ne crie pas encore vengeance. Mais l'épuration, elle, semble commencer.

On avait dit plus jamais ça…

DSK comme cochon

Dans un ouvrage paru cette semaine, deux journalistes du Monde, Raphaelle Bacqué et Ariane Chemin, racontent par le menu comment tout le monde savait que DSK avait la biroute hors de contrôle. Il paraît que ça faisait même rire Sarkozy à gorge déployée. 
Pour tout vous dire : dans les milieux autorisés, personne n'a jamais cru à cette histoire de DSK Président, pas même François Hollande qui s'est présenté à la Primaire socialiste sans vraiment craindre la peu plausible candidature de cet hypothétique rival.
+ d'infos sur le site du Monde.

mercredi 6 juin 2012

Vatican : rien ne va plus


A force de laïcité et de désertification des églises, en France, on a souvent tendance à oublier le poids de la religion dans le monde. Quoiqu'on en dise, les dignitaires religieux demeurent des guides pour nombre de familles et cela toutes religions confondues. 
Les Chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes, Anglicans, etc.) sont largement majoritaires, avec près du tiers de la population mondiale. A eux seuls, les Catholiques représentent plus de 17 % des habitants de cette planète, soit à peine moins que les Musulmans (19,6 %), toutes tendances confondues.
Et contrairement à ce que l'on pourrait penser vu d'ici, le nombre de fidèles catholiques ne faiblit pas : +1,3 % en 2011, selon le Vatican.

Le Christianisme est une religion ultra hiérarchisée et la fonction papale n'a rien d'honorifique. Pas de bol, le dernier Pape Benoît XVI n'est pas tout à fait un ange : il traîne notamment des casseroles d'un passé lointain où il avait trouvé quelques charmes aux théories nazies et n'a pas la réputation de briller par sa grande tolérance. Souvenez-vous, il fut choisi en pleine angoisse terroriste, en pleine exagération des périls islamistes. L'Eglise, alors, avait fait le choix de la fermeté, de la rigueur et de l'orthodoxie catholique.
Sauf que celui qu'on avait choisi pour que l'Eglise résiste aux intempéries voit s'abattre sur son règne un déluge de scandales : les affaires de pédophilie ont durablement entaché l'image de l'Eglise et les fuites dans la presse, depuis janvier dernier, de documents secrets appartenant au pape n'arrangent pas les choses. Il faut dire que les révélations de ce "Vatileaks" brûlent comme les feux de l'enfer : corruption, opérations de blanchiment d'argent, complots contre le pape (bof…), scandales sexuels chez les Légionnaires du Christ et négociations avec les catholiques intégristes avec lesquels le Pape discute sans difficulté…

Ce "Vatileaks" énerve souverainement au Vatican, où l'on tente d'étouffer l'affaire : le majordome du pape qui avait sorti les documents est sous les verrous et le responsable de l'Institut des Œuvres Religieuses (la Banque du Vatican) a été limogé pour "mauvaise gouvernance".

Mais qu'on ne se méprenne pas, l'Eglise continue à œuvrer : lundi, le Vatican a fermement condamné Margaret A. Farley dans une longue mise au point fustigeant vertement ses différentes prises de position. Cette religieuse américaine a publié un livre ("Juste l'amour, un cadre pour l'éthique sexuelle chrétienne") dans lequel elle défend la masturbation, l'homosexualité et le divorce. Damned !

Autant dire que cette condamnation passe mal aux Etats-Unis où plusieurs comunautés catholiques prennent position en faveur du mariage homosexuel depuis déjà un moment. 
Pas de quoi redorer le blason de l'église, donc. 

Personnellement, cela m'est un peu égal : j'appartiens à la troisième religion de cette planète : celle des athées et des agnostiques. Mais comme je suis baptisée, je suis peut-être comptée parmi les Catholiques… Nom de Zeus !

mardi 5 juin 2012

Législatives J-5

Le sondage du jour donne une confortable avance à la gauche parlementaire qui devrait emporter de 303 à 357 sièges aux prochaines législatives.
Il faut dire que le gouvernement à mis le paquet avec un subtile mélange de faits et d'annonces traitées sur un même ton volontaire et avec un même message en filigrane : le changement roule en mode rodage, votez PS pour passer à la vitesse de croisière. 
Et Martine d'abonder en ce sens : c'est encore son parti, tout de même !


Sinon, trois femmes ont parlé haut et fort aujourd'hui, dans la campagne :


Marine Le Pen, d'abord, s'est offusquée de n'être pas reçue à l'Elysée, vu qu'elle représente quand même près de 20 % des Français. Sauf que François Hollande ne reçoit que les partis représentés au Parlement et le FN n'a pas de député (pourvu que ça dure !).
La Ministre Cécile Duflot a rappelé tout à trac que, fidèle à ses convictions écolo, elle est favorable à une dépénalisation du cannabis. Il faut dire que la mort par noyade d'un jeune fumeur fuyant un contrôle d'identité avait de quoi jeté l'émoi. Pas sûr pourtant que ce soit bien dans la ligne. Manuel Vals a dû moyennement apprécier. L'UMP en revanche, adore et parle de "double langage".

Mais quand même : la palme revient à la subtilissime Nadine Morano : elle propose l'interdiction de l'anonymat sur Twitter. Pourquoi pas le vote à main levée aux Législatives, pendant qu'on y est ?
Je crois que Nadine Morano est mûre pour un stage de contrôle des internautes à Pékin.







Syrie : guerre civile et de religion

  


La Chine et la Russie l'ont répété : ils ne veulent pas d'autre chose que du plan Annan, déjà caduque, pour régler la crise syrienne. Il y a donc peu de chances que le pays puisse éviter la guerre civile, si tant est qu'il n'y soit pas déjà.
Parce que les deux camps sont armés : l'armée syrienne déjà pas trop mal équipée bénéficie de l'aide russe. Les rebelles quant à eux ont déjà profité de quelques livraisons, saoudiennes notamment. Ils restent toutefois largement sous armés face à un adversaire largement mieux loti. (voir article du Monde)

Mais qui se bat contre qui ?
Des rebelles des débuts, jeunes enthousiastes rêvant d'un monde nouveau, il ne doit plus rester grand chose. Les coups ont été trop sévères. Seuls sont restés les plus radicaux que la répression a poussé à bout. Bachar El Assad a beau jeu désormais de parler de terroristes : il y en a certainement, dans le lot des combattants, qui ont été entraînés dans un pays voisin. 
Il peut aussi évoquer une "guerre venue de l'étranger" car les opposants syriens peuvent compter sur l'appui de quelques riches voisins pétrolifères : Sunnites, ceux-ci ne verraient pas d'un mauvaise œil la chute du clan Assad qui lui, est chiite alaouite, dans un pays majoritairement sunnite*.

Vieille querelle religieuse. Vieille de près de 1500 ans. 
Mais il suffit d'un rien pour que les communautarismes renaissent, transfrontaliers : il suffit d'un intérêt ou d'un ennemi commun. 
Ces guerres-là portent en germe la radicalisation. Ce ne sont pas les modérés qui combattent jusqu'à la mort. 

* En 632, quand il fallut choisir le successeur de Mahomet, deux clans s'affrontèrent. Plus ou moins désigné par Mahomet de son vivant, le gendre et cousin du prophète, Ali, n'a pas été choisi. La scission est en marche et les deux clans s'affrontent encore quand Ali devient finalement Calife après l'assassinat de Othman en 656. 
Elle deviendra inextricable quand Al-Hussein, le dernier calife chiite, descendant d'Ali, fut massacré, la tête tranchée, à l'issue de la bataille de Karbala, véritable massacre et récit fondateur de la tradition chiite, en 680.
Aujourd'hui, les Sunnites sont très largement majoritaires (+ de 80%) dans le monde. Les Chiites ne sont majoritaires qu'en Iran (où c'est la religion d'Etat), Azerbaïdjan, Irak et Bahrein. Ils représentent 15 à 20 % de la population syrienne.
 

lundi 4 juin 2012

Il paraît qu'on va voter



C'est la dernière longueur avant le premier tour des prochaines Législatives. A priori, tout devrait être réuni pour qu'on s'y intéresse : c'est dimanche prochain et le score est assez serré. Mais rien ne se passe et dans l'ensemble, les législatives n'enflamment pas les médias et encore moins les foules.

On fait à peu près comme si c'était joué, sauf que ce n'est pas tout à fait le cas. Certes, il serait étonnant que le PS n'obtienne pas une majorité, au moins avec l'aide de quelques alliés écolos ou Front de gauche. Certes, la Présidentielle a été suffisamment bruyante pour qu'on ait envie de parler d'autre chose. Surtout, l'actualité internationale était suffisamment urgente pour passer au second plan un scrutin peu enthousiasmant.
Reste que c'est quand même un peu serré et que l'abstention réserve souvent de bien mauvaises surprises : les plus radicaux étant souvent les plus prompts à se rendre aux urnes. 

Bref, dimanche, ce serait bien de ne pas reporter le changement à plus tard en oubliant d'aller voter.

samedi 2 juin 2012

Moubarak condamné pour préserver le clan





Nous apprenions ce matin la condamnation à la prison à vie d'Hosni Moubarak jugé pour corruption et pour avoir ordonné de tirer sur les manifestants provocant la mort de 850 d'entre eux lors de la révolute de 2011 qui conduisit à sa chute. Son Ministre de l'Intérieur, Abib El-Adli, écope de la même peine.
Moubarak, 84 ans, dans un état de santé de plus en plus fragile fait appel. Mais de toutes façons, ce type est fini et l'on voit mal de quels soutiens il pourrait bénéficier : il n'est plus d'aucune utilité dans le pays et sa condamnation a de quoi calmer les foules.

En revanche, la prescription prononcée sur les faits de corruption qui incriminaient les fils du dirigeant déchu, eux bien vivants et en pleine forme, ainsi que la relaxe des six responsables de la sécurité sont de bien mauvais augures.
Le Parrain moribond tombe, mais le clan reste ; or, l'ex Premier Ministre de Moubarak Ahmad Chafik affrontera le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi au second tour des élections présidentielles dans deux semaines.

vendredi 1 juin 2012

Poutine à l'Elysée



C'est en compagnie de Vladimir Poutine que François Hollande dînera ce soir à l'Elysée. 
Je ne sais pas ce qu'on y mangera mais on y marchera sur des œufs : la question syrienne risquant fort d'être le plat… de résistance.
D'autant que Vladimir arrivera peut-être gonflé à bloc : il passe dire bonjour à Angela avant de rencontrer François et celle-ci ne devrait pas manquer d'attiser les braises.

Petit rappel des trois derniers jours : mardi, François Hollande et quelques autres envisageaient l'intervention armée en Syrie comme une possibilité. Le lendemain, Poutine faisait répondre que toute nouvelle sanction serait "prématurée". Hier, la russophone Angela Merkel (elle a grandi en Allemagne de l'est) a pris à contrepied ses partenaires européens annonçant, sans mollir, que la Russie travaillait "de façon constructive" sur le dossier syrien.

Certes, l'Allemagne a haussé le ton et renvoyé son ambassadeur syrien, après le massacre de Houla. En tous cas, en défendant la position russe la veille de la venue de Vladimir Poutine en Allemagne, puis en France, Angela Merkel a sans aucun doute en tête ses besoins en gaz (40 % de la consommation allemande vient de Russie), l'accroissement des échanges commerciaux depuis plusieurs années entre les deux pays, mais aussi, le petit plaisir de plomber l'ambiance à l'Elysée et de tenir sa petite revanche sur Hollande qui met tout en œuvre pour isoler Merkel sur la planète Rigueur.

Rappelons que la Russie n'a même pas cessé sa livraison d'armes à la Syrie. M'est avis que le business est en ce moment, assez florissant. Destructif, en fait !

Le n°11 d'Une Semaine ARySQUE en ligne

C'est le jour de la Semaine ARySQUE.
Un nouveau numéro, le 11, et puisque décade est passée, ARySQUE passe un cap.
Pour ne rien vous cacher, la peinture me manquait, le tripatouillage de matière… des trucs pour dire autre chose que des faits.

Mais ce sont quand même les faits qui m'ont valu ce retour à une émotion plus brutale, urgente : je dédies ce numéro 11 à tous les Syriens.

Pour en tourner les pages, cliquer sur l'image (et toutes mes excuses pour la coquille en dernière page).