jeudi 31 mai 2012

A la frontière des pays en crise


Près de 60 000 personnes fuyant les violences auraient passé les frontières de la Syrie.
Question de survie.

Ici et là, des murs sont construits pour "sécuriser" les frontières : Israël en Cisjordanie, mais aussi en Arabie Saoudite et ailleurs au Moyen-Orient, le long de la frontière américano-mexicaine, entre la Chine et la Corée du Nord, dans les villes espagnoles enclavées au Nord du Maroc ( Ceuta et Melilla), etc.
On l'a toujours fait. On l'a fait encore pendant la guerre froide. Puis, nous nous étions calmés, pendant une vingtaine d'années. 
Avec ce siècle, la crise économique, le terrorisme, les conflits et les trafics liés, nous avons accéléré la construction de "barrières de séparation".

Cara Italia

 
                                   D'après la Nuit, Michel-Ange, Chapelle des Medicis, Florence




L'Italie qui les aimait de toute sa chair est abandonnée des dieux.

Cette nuit encore, la terre a tremblé en Emilie-Romagne.
Les églises tombent comme des pans de mémoire.
Des quartiers dévastés, des hommes repliés sur eux-mêmes à la moindre secousse.
La peur au ventre.

Je crois que le répétitif spectacle des humains a fini par endormir les dieux.

mercredi 30 mai 2012

50 ans de prison pour Charles Taylor

  Enfants soldats. Technique mixte sur papier torchon,46 x 61 cm

Merci à la Cour pénale internationale.
Merci aux juges de cette institution onusienne de nous offrir ce brin de confiance.
Aujourd'hui, l'infâme Charles Taylor a entendu sa peine prononcée : 50 ans de prison. Il finira sa vie derrière les barreaux. La justice internationale a été rendue. Pour ce coupable-là, aujourd'hui déchu et arrêté. Aujourd'hui jugé pour crime de guerre et crime contre l'humanité. Sanctionné au nom de l'humain, pour le pire des crimes.

Le jugement est d'importance : on estime à 250 000  le nombre d'enfants soldats à travers le monde. La majorité en Afrique, mais aussi en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud… En fait, quand on démobilise là, on enrôle ailleurs ; par exemple, depuis quelques semaines, au Mali.
Des gosses. Des minots mis au monde pour assurer la suite et transmettre à leur tour.
Des pitchoun's défoncés au crack, en route vers la mort et qui ne tuent pas comme on joue au cow-boy. Ils tuent pour rester en vie, pour sauver un petit frère, pour un shoot. 
Certains n'ont pas 9 ans.

Aujourd'hui, les ogres savent ce qu'ils risquent. 
Pas la mort (la CPI est digne), mais 50 ans de prison ; soit 18 250 jours de face à face avec eux-même : la bête immonde dans le miroir.

Well done !


Syrie : l'impuissance



La valse des ambassadeurs a commencé, témoin du ton qui monte… mais comme une colère sourde et inutile : les ambassadeurs occidentaux, Bachar s'en tape. 
Pour le reste des protestations et des intentions affichées, les mots disent l'opposition devant l'horreur mais ils disent aussi l'impuissance.
Parce que dire qu'on est prêt à envisager une intervention militaire "sous mandat du Conseil de sécurité" ce n'est pas autre chose que de dire aux Syriens agonisants : "votre souffrance me touche, mais vous allez continuer à déguster". 
Dès aujourd'hui d'ailleurs, Hu Jintao et Vladimir Poutine ont répondu en réitérant leur opposition à une intervention militaire en Syrie. Il n'y aura donc pas de mandat du Conseil de sécurité. Pire : Vladimir Poutine a même jugé prématurées toutes nouvelles sanctions contre la Syrie ; réponse pour le moins ferme aux propos de François Hollande au JT d'hier et qui mine quelque peu le terrain pour la rencontre entre les deux hommes qui doit avoir lieu vendredi à Paris.

mardi 29 mai 2012

C'est l'humain qui agonise


 L'humanité agonise. Technique mixte sur papier torchon, 36 x 51 cm



J'aime l'Homme.
J'aime sa grâce, sa subtilité, sa hauteur de vue.
J'aime la magie de ses mots, son inventivité sans limite.
J'aime les statues de Pâques, les arabesques, la calligraphie chinoise et les feux d'artifice.
J'aime les noms graphés : "liberté, j'écris ton nom".
J'aime Bach et j'aime Prince.
J'aime aimer et aimer encore.
J'aime l'enfant qui veut tout savoir et l'ancêtre qui sait qu'il ne sait rien.
J'aime nos corps qui se frottent et se hument, se touchent et se caressent.
J'aime celui qui sait inventer Dieu pour réunir les hommes.

Mais, je hais l'Homme.
Je hais sa lourdeur, son arrogance et sa courte vue.
Je hais ses mots en système, son imagination régressive.
Je hais les statues abattues, les livres brûlés, la censure et la poudre à canon.
Je hais les murs barbelés, les fenêtres barreaux.
Je hais les Talibans et les inquisiteurs.
Je hais haïr, mais je hais quand même.
Je hais le tyran, le prosélyte et l'égocentrique.
Je hais les corps qui s'affrontent, mutilent et exterminent.
Je hais celui qui ne sait pas voir ce qu'il y a de promesse dans une vie.


Celui-là n'est pas digne d'être appelé Homme. 
Il n'est que singe hurlant sur son frère pour lui prendre caverne, femelles et quelque bon point d'eau.
Dans chaque massacre, dans chaque silence complice, il y a l'agonie de l'humain.
Ma propre agonie. 

Sauvons la Syrie.

Assad, Poutine, Hu Jintao : coupables !

L'horreur n'avait pas suffit. 13 000 morts n'avaient pas suffit. 
On avait fait mine de ne pas remarquer que, jour après jour, le massacre avait bien lieu en Syrie. 
Mais l'insoutenable est advenu ; un massacre systématique, en un lieu circonscrit, une opération de nettoyage méticuleuse et sans frein.
Phase 1 : pilonnage du quartier résidentiel de Houla pendant plusieurs heures. Phase 2 : fouille des maisons et élimination des survivants. Des familles entières, malheureuses rescapées des bombardements, ont été abattues à bout portant. Bilan : 108 morts dont 30 gosses, en une seule journée et en un seul lieu.

Cela devait arriver, cela arrive toujours quand le crime est impuni.
Ici, en Syrie, le crime est autorisé par la Chine et par la Russie, par pure sympathie politique. Il n'est que déploré par l'ONU impuissante.

Désormais, le chaos syrien est une réalité et quoiqu'il arrive, on ne peut plus imaginer d'issue positive à cette abomination que l'on a laissée pourrir.
De facto, il n'y a plus une zone stable entre le Tigre et l'Euphrate et pas un seul pays dans tout le Moyen-Orient - mais pas seulement - qui ne s'enfonce dans une radicalisation effrayante.

Alors on peut toujours expulser les ambassadeurs syriens en France, en Allemagne et en italie. On peut user de quelques armes diplomatiques pour faire bonne figure et temporiser. On peut même convoquer une "conférence des amis de la Syrie". 
Mais en ce moment-même, le massacre se poursuit en Syrie. 
Vladimir Poutine et Hu Jintao, eux, dorment en paix, sans honte et sans remord.

Comme Neruda en son temps, j'ai juste envie de gueuler :

" Pour le bourreau qui a ordonné la tuerie,
j'exige un châtiment.

Pour le traître qui s'est élevé sur le crime,
j'exige un châtiment.

Pour celui qui lança l'ordre de l'agonie,
j'exige un châtiment.

Pour les défenseurs de ce crime,
j'exige un châtiment."

Pablo Neruda, Chant Général, Les Ennemis.
(écouter le poème complet dit par Anne et Gilles dans un disque de mon enfance). 

lundi 28 mai 2012

Springtime (3)

Avant de revenir, demain, parler des faits et du monde comme il va (et ne va pas).
Avant de reprendre le fil de l'actu, de me remettre dans le temps qui va vite, je veux encore un peu prolonger cette pause.

Avec une histoire errante mais avec queue et têtes. Une promenade amoureuse, histoire de conserver le plaisir du printemps.

Pour feuilleter les Errances, cliquer sur l'image.


dimanche 27 mai 2012

Spring time (2)




Il y a urgence à regarder le monde avec un œil de poète.

Il faut extraire des faits ce qu'il y de potentiel de vie, détecter ce qui promet, combattre les mortifères.

Il faut la plante vivace et son pollen avec.
Le reste n'est que passage.

samedi 26 mai 2012

Spring time



Voilà des semaines que je publie ici, presque sans relâche. Pour le plaisir.
Mais à force d'information au jour le jour, j'en oublie l'essentiel : le bonheur d'un printemps.

Petite pause printanière pour ces trois jours au vert. 
Je ne parlerai pas du temps rapide.
Juste de l'essentiel : un peu de poésie pour réinventer le monde.


vendredi 25 mai 2012

Visite surprise en Afghanistan.

François Hollande était en visite surprise en Afghanistan avec les deux ministres directement concernés : Laurent Fabius pour les Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian pour la Défense. Le déplacement est resté secret jusqu'à la dernière minute.

Une arrivée en force et scénarisée pour préciser les principes du retrait des troupes françaises en Afghanistan et les expliquer aux troupes sur place. 
Comme il l'avait indiqué à Barack Obama lors de leur première rencontre, la France restera présente en Afghanistan mais pas avec des soldats en arme : il s'agit désormais de faciliter le développement de la société civile en Afghanistan et de permettre au pays de gagner son autonomie. Un partenariat oui. La guerre ou le maintien de l'ordre, non. Et François Hollande de conclure : "vous avez exécuté votre mission, et vous allez l'accomplir jusqu'au bout ".

Le départ des troupes françaises n'est pas pour autant réglé : l'organisation du retrait des troupes et surtout du matériel pose encore d'énormes difficultés logistiques et financières. De même, la sécurisation des convois et celle des missions de formation et de coopération qui prendront le relais des troupes armées restent en suspens.

Mais la volonté est claire : "le temps de la souveraineté afghane est venu", a affirmé François Hollande. La France ne veut plus se battre en Afghanistan. 
De fait, elle pourrait aussi avoir besoin de ses troupes ailleurs : la tension monte dans les pays du Nord de l'Afrique (Mali, Sahel) et c'est aujourd'hui Aqmi que la diplomatie française surveille de près ; d'autant plus près que cette organisation terroriste opère dans une zone géographique avec laquelle la France entretient des relations pour le moins étroites et historiques.



Une Semaine ARySQUE n°10 est en ligne !

En attendant le dessin du jour et comme chaque vendredi, voici venu le n°10 d'Une Semaine ARySQUE.
Pour le feuilleter, cliquez sur l'image :


jeudi 24 mai 2012

Un petit effort de mémoire, Angela


Je ne vois comment on pourrait excuser ceux qui s'enrichissent sur le dos de la dette. Ce ne sont que charognes et dévoreurs de misère. Ces types-là ne valent pas mieux que des marchands d'armes : comme eux, ils ont intérêt à l'instabilité et l'on meurt aussi de misère.

Pour cette seule raison, parce que les euro bons, en harmonisant les taux d'emprunt de tous les Etats membres, permettent de freiner cette honteuse spéculation, Angela Merkel a tord de s'opposer à leur émission. Elle emprunte à 1,5 % quand d'autres le font à 5,5 %, ces derniers s'enfonçant un peu plus dans la crise. Un 2,5 ou 3 % pour tous permettrait aux pays les plus enlisés de trouver une issue.

De quel droit d'ailleurs l'Allemagne refuserait-elle ? Parce qu'elle devrait alors accepter que ses taux soient plus élevés ? Oui. C'est vrai. Comme il est vrai que l'Allemagne a fait de nombreux efforts pour sortir indemne de la Réunification alors que d'autres Etats ont été bien moins prévoyants. 

Certes, l'Europe coûte cher à l'Allemagne. Mais combien y gagne-t-elle ? Combien de ses entreprises ont profité des investissements réalisés par l'UE chez les nouveaux membres de l'est, à ses frontières ?
Angela Merkel devrait se souvenir aussi que la réunification allemande a coûté aux autres pays européens une hausse conséquente des taux d'emprunt. Elle devrait garder en mémoire comme ont été assouplies les règles européennes en 2005, pour permettre à la France et à l'Allemagne d'échapper aux sanctions, alors même que leurs déficits avaient dépassé les critères requis. 

Aujourd'hui, c'est sa solidarité qui est requise et l'Allemagne doit jouer le jeu : ce serait juste et surtout, nécessaire. L'Europe n'a de sens qu'unie. Elle doit être forte et montrer un seul visage : en face, les blocs sont constitués (USA, Chine…). 

Elle doit le faire vite parce que pendant que rien ne bouge, rien ne s'arrange et tout se dérange. 

En savoir plus sur le tribut de l'Allemagne à l'Europe sur Slate.fr

Quels nazes

"Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n'y a plus de leader naturel à l'UMP. Donc, il y aura une compétition". Hier, François Fillon, dauphin naturel de Nicolas Sarkozy dont il fut le Premier Ministre pendant cinq ans avec juste ce qu'il faut de distance et de fidélité pour jouer les Medvedev, a mis les pieds dans le plat : Copé, t'es sur un siège éjectable et le combat c'est maintenant !
Il faut reconnaître que l'actuel chef de l'UMP commençait à être agaçant, parlant ici, écrivant là, histoire de profiter des Législatives pour préempter le terrain. Du coup Fillon s'impatiente, tâcle et sème sur la route de son rival quelques graines de chienlit. Cette petite rivalité UMPiste trace sur Marine Le Pen un sourire radieux.

Dans la majorité, on fait mine de s'entendre : Jean-Marc Ayrault fait semblant de croire que Martine ne l'a jamais traité de "naze" et compte bien la rencontrer régulièrement pour mettre le maximum de députés PS au parlement. 
Arnaud Montebourg, quant à lui, a été condamné hier pour injure publique à verser 1 euro de dommages et intérêts aux victimes. Il n'en fallait pas plus pour mettre en marche la très excitable Nadine Morano : démission ! démission ! démission ! 
Là, horreur !, même Marine le Pen soutient Montebourg. Il y a des appuis dont on se passerait bien. Rappelons tout de même à Nadine Morano qu'insulter les dirigeants de Seafrance, ce n'est quand même pas recevoir 150 000 euros en cash des Bettencourt pour financer illégalement un campagne (voir Sarko quad…).

De son côté, la porte parole du gouvernement s'emmêle les pinceaux sur les retraites et Ségolène Royale commence à faire grise mine à mesure que de nouveaux oiseaux se rapprochent du tant convoité perchoir. 
Franchement, comme dirait Martine : 

mercredi 23 mai 2012

le Yemen affamé

Sept organisations d'aide humanitaire ont lancé un appel commun aujourd'hui  : selon elles, près de la moitié des 22 millions de Yéménites souffrirait de malnutrition. Plus de 260 000 enfants risquent de mourir de faim.

Autrefois, on surnommait ce pays du sud du Moyen-Orient "l'Arabie heureuse". 
Aujourd'hui encore, la nourriture ne manque pas sur les étals, mais la population surendettée, n'a pas les moyens de l'acheter. 
Au Yémen, la crise est sévère : l'instabilité politique est permanente, minée par les mouvements de rébellion au nord comme au sud et par les attentats islamistes de plus en plus fréquents. Il y a quelques jours, une explosion faisait plus de 100 morts parmi des militaires qui préparaient un défilé. Actuellement, près de 500 000 personnes ont du quitter leur village pour fuir les conflits. Elles vivent déplacés, égarées ça et là dans le pays.

Une aide de 4 milliards de dollars a été débloquée pour faire face à la situation d'urgence. Elle émane de donateurs soucieux d'éviter que le pays ne bascule dans le chaos. A commencer par l'Arabie Saoudite, longtemps fâchée avec son voisin du sud, et qui apportera 3,5 milliards sur les 4 promis.



Nicolas quad et joggue, les Bettencourt sur les talons

C'est la semaine des off, des sortis, des has been.
Hier, je démarrais la journée avec DSK. Aujourd'hui, l'actualité m'offre l'occasion d'évoquer le dernier évacué de la scène politique : Nicolas SARKOZY.

Pour plein de raisons.
D'abord parce que j'ai appris hier (les Echos) que l'inventeur du Grenelle de l'environnement s'adonnait au quad et que je me suis promis de vous en parler.
Ensuite parce que Brice Hortefeux s'apprête à déposer les statuts de l'Association des Amis de Nicolas Sarkozy dont la vocation est de "défendre à l'avenir les valeurs qu'il a portées" et (je cite toujours Hortefeux parce que c'est drôle) de "défendre les acquis de ce quinquennat,  (…) intervenir dans le débat public à chaque fois que l'on essaiera de remettre en cause cet héritage et l'idée que nous nous faisons de la Nation." 

Enfin et surtout, parce qu'aujourd'hui, Le Monde charge la mule à son tour et que cela commence à faire un joli dossier. Pour résumer : il reste assez peu de doute quant au financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy par la famille Bettencourt en 2007. Oui, Eric Woerth a bien touché des sommes rondelettes en cash, oui Nicolas est venu plusieurs fois faire ses hommages dans le coquet hôtel particulier des Loréal à Neuilly sur Seine.

Mais tout cela, c'est de l'histoire ancienne. Là tout de suite, Nicolas roule en quad et joggue au soleil.


mardi 22 mai 2012

La poudrière syrienne


(suite)

A cause du récent sommet de l'OTAN, j'avais besoin de ce préambule cartographié pour revenir à la Syrie (voir précédent article). Il me fallait regarder les mouvements opérés par des armées éparpillées, mais qui n'en marchent pas moins dans la même direction : les rives de la Méditerranée. 
Parce que sans doute n'est-il pas tout à fait faux de dire que les fondamentalistes musulmans sont aujourd'hui présents dans la rébellion syrienne, quand bien même ils ne seraient qu'une poignée. Au Moyen-Orient, un conflit qui pourrit est un lit pour l'affrontement des prosélytismes. Qu'il soit né dans un espoir démocratique adjoint seulement à l'horreur le sentiment d'un immense gâchis.

A Damas aujourd'hui 100 personnes ont été tuées dans un attentat visant un restaurant. Homs est bombardée quotidiennement. Ca et là, des combats sporadiques ajoutent quelques unités aux dizaines de morts qui tombent chaque jour. Voilà pour les faits les plus récents. Pour le bilan : 15 000 morts, 65000 disparus, 60000 réfugiés (précéder chaque chiffre du redoutable "au moins").
Désormais, le conflit dépasse  les frontières syriennes. La Turquie et la Jordanie peinent à faire face à l'afflux des réfugiés et les belligérants s'affrontent jusqu'au Liban dont le sort est depuis longtemps lié à celui de son voisin syrien.

Devant cette balkanisation annoncée, l'ONU est impuissante et ses observateurs sont de plus en plus souvent visés par des attaques émanant d'on ne sait qui. 
Sombre tableau dont la réalisation n'est permise que par l'alliance sordide de tristes sires protégeant l'un des leurs ; dictateurs amoraux ou idéologues psychorigides, tous liberticides. Assad, Poutine, Hu Jintao.
Messieurs, que protégez-vous donc ? Quel profit tirez-vous de cet embrasement-là ? Qu'avez-vous à gagner à cette poudrière ? Dans ce pourrissement avancent des soldats que vous ne contrôlerez plus. Aux portes de l'Europe. Aux portes de l'Asie.






Livre contre Livre


C'est un monde à la croisée de l'Orient et de l'Occident, la porte de l'Asie et celle de l'Europe. Ici, naquirent les religions du livre, cette parole inscrite au-delà du temps.
Ici : en cette terre ocre sable traversée de fleuves majeurs qu'on nomme Moyen-Orient.
Tigre, Euphrate, sillons fertiles au milieu du désert, mince bordure Méditerranée aux rives verdoyantes, golfes engraissés d'une huile visqueuse et noire.

Ici, Jehovah a vaincu Jupiter et son bataillon de dieux. Son arme était un bouquin.
Ici, les Croisés de Jésus ont affronté les cavaliers d'Allah. Livre contre livre.
Ici, finalement, nous avons permis qu'un Etat soit créé autour d'une communauté religieuse. 
Ici, de nouveau, le religieux a fait la politique.
Ici, les religions se sont invitées, durablement, dans la géopolitique mondiale. 

En cette terre ocre et sable traversée de fleuves majeurs, ce ne sont pas des Etats qui s'affrontent ; ce sont des civilisations, des visions du monde, des livres.

C'est redoutable et potentiellement obscurantiste, s'inquiète le laïc.

Hier au Yémen, plus de cent soldats qui répétaient une parade sont morts dans un attentat. La parade a été annulée.
L'Iran et l'Afghanistan étaient au cœur des discussions de l'OTAN cette semaine.
L'Irak demeure chaotique : attentats sporadiques, dirigeants mis en accusation…
Les autres investissent.

Le conflit syrien, lui, s'étend.

(à suivre)

Maître queue

Pendant quelques mois, l'escalier de mon immeuble a reçu moult visites : au petit matin en costume-cravate et attaché-case, les samedi et dimanche en jogging et baskets, des hommes pressés. Tous s'arrêtaient au premier étage où un charmant lupanar de deux pièces cuisine salle-de-bain accueillait les amateurs de sexe payant. J'imaginais assez bien le retour de monsieur au bercail le dimanche avant le déjeuner familial et sa fuite express sous la douche pour rincer la sueur du jogging… pardon, le rouge à lèvres de mademoiselle.
Le lupanar a fini par déménager, après le troisième braquage : parce que chez ces dames, il y a beaucoup de cash et que sans protection…
Comme hier à l'annonce de l'ouverture d'une enquête pour viol en réunion dans le cadre de l'affaire du Carlton, quand j'entends parler de DSK, je pense à tous ces clients du premier étage. Certains dans la misère sexuelle, d'autres adeptes de pratiques mal assumées, d'autres, enfin, des addicts au sexe : des pauvres types et des vrais salauds. Pas tous méprisants pour les femmes. Quelques-uns franchement démolis de culpabilité.
Rocard a sans doute raison : DSK est un malade.

Mais DSK n'est pas un malade comme les autres. C'était un malade puissant, à la tête du FMI. C'est un type qui prétendait à la présidence d'un pays alors qu'il se savait dépendant, alors qu'il se connaissait des relations mafieuses, alors qu'il ne pouvait pas ne pas être sous influence, au moins celle d'un piètre maître chanteur. Même avec de l'indulgence, cela fait de lui un sale type et l'on n'a bien du mal à pardonner la violence faite aux femmes, à donner au diagnostic psychiatrique valeur de circonstance atténuante. Alors quand il demande des dommages et intérêts à Nafissatou Diallo, on a qu'une envie : qu'il dégage pour de bon, qu'on entende plus parler de ce type.

Tricard en politique, l'homme à la trique agitée devrait pourtant faire encore la Une quelques temps : à hue et à dia, ce type a forniqué du nord au sud et il est plein aux as. Comme autrefois les recherches en paternité, DSK serial fucker devrait avoir droit à sa série de procès en relations non consenties. Il pensait sans doute avoir assez payé pour posséder définitivement la paire de fesses et son silence.
Même pas la classe d'un Don Juan, même pas l'esthétique d'un séducteur. Du cash, un cul et hop là boum : "la bandaison, papa c'est juste un coup d'Viagra"

lundi 21 mai 2012

bouclier sous toutes réserves

A l'issue des réunions de l'OTAN, les Etats-Unis semblaient rassurés sur François Hollande qui est resté pour le moins diplomate, cédant là, s'obstinant ici, assouplissant çà et là.
Bref : le retrait des troupes françaises en Afghanistan reste non négociable, mais la France ne lâche pas totalement les Etats-Unis en promettant de la formation et suggérant la possibilité d'une aide financière. Sur le bouclier antimissiles, François Hollande est moins péremptoire que pendant sa campagne, mais il émet quelques réserves.
Dans cette affaire, François Hollande se montre des plus pragmatiques : d'abord parce qu'avec ce oui-mais, il indique explicitement son intention de ne pas offenser la puissante Russie que ce bouclier fâche tout particulièrement. Ensuite parce qu'il maintient la porte ouverte sur une défense commune, au cas où… ça chauffe quand même un peu sur cette planète. C'est le moins qu'on puisse dire.
Reste que la mise en place d'un bouclier de l'OTAN pour protéger l'Europe signe  manifestement une stratégie de constitution de blocs, ceux-là mêmes qui s'opposent sur la Syrie.  

Vous vous souvenez du temps où l'on évoquait la possibilité d'un conflit Nord-Sud ?
Finalement, le monde fait comme s'il se protégeait de l'éventualité d'un conflit Est-Ouest. Ambiance de guerre froide sur fond de religiosité. Flippant ! 

Etudiants malmenés

On en parle à peine ici. On l'évoque tout juste en fin de journal, catégorie entrefilet.
Voilà pourtant trois mois que nos cousins d'Amérique, étudiants québécois, sont en grève contre la hausse des droits d'inscription à l'université, souhaitée par le gouvernement.
Le mouvement avait démarré dans une ambiance plutôt bon enfant : début mai, les étudiants défilaient quasi nus dans les rues de Québec. Vendredi pourtant, "le printemps érable" a changé de ton. Motif ? La "loi spéciale" votée par le gouvernement de Jean Charest et qui restreint considérablement le droit de manifester, interdit les piquets de grève et rend de toutes façons la grève caduque, l'année universitaire ayant été interrompue par cette loi. Une véritable provocation pour les étudiants et qui a provoqué une radicalisation du mouvement.

Hier soir, ils devaient être quelques milliers à manifester.
Dix minutes après le départ du cortège, la manifestation a été jugée illégale en vertu de la loi spéciale. Emaillée de violences, elle a finalement donné lieu à près de 120 arrestations. Dix personnes ont été blessées, dont quatre parmi les forces de l'ordre.

samedi 19 mai 2012

Angela veut voir les Grecs aux urnes



Etait-ce bien le moment ? Etait-ce bien raisonnable alors même que les Grecs s'apprêtent à retourner aux urnes dans quelques semaines (le précédent scrutin législatif ayant fait chou blanc) d'aller suggérer au Président grec la tenue d'un référendum sur le plan de sauvetage proposé à la Grèce par l'Europe ?
 
C'est en tous cas ce que se serait permis Angela Merkel lors d'un entretien téléphonique, hier soir, qui faisait la Une de tous les quotidiens. Là-bas, on crie à l'ingérence, à l'absurdité et l'on rappelle, un brin agacé, que cette proposition de référendum avait été refusé par Angela en octobre 2011.
La chancellerie dément. Bah dame !

Obama et Hollande au G8

Tout s'est apparemment bien passé entre Barack Obama et François Hollande qui ont fait connaissance hier soir à la Maison blanche avant l'ouverture du G8 à Washington aujourd'hui. Le retrait avancé des troupes françaises d'Afghanistan - "non négociable", a répété François Hollande - continue d'agacer les Américains. Mais, l'heure est aux inquiétudes européennes et donc, au rassemblement autour du thème de la croissance.
C'est en tous cas ce message qu'a porté Obama au G8 aujourd'hui. 
Hollande, toujours zen et qui a pu cette fois prendre un avion sans anicroche, doit quand même un peu bicher de se sentir plus écouté que son homologue allemande.

Attentat devant un lycée en Italie






Une jeune fille a trouvé la mort ce matin dans un attentat perpétré à Brindisi, devant le lycée professionnel Francesca Morvillo Falcone, épouse du juge antimafia assassiné il y a  20 ans. 4 autres adolescents seraient dans un état très grave.

En Italie on évoque la mafia, à cause du nom de l'établissement, à cause de l'arrivée le jour même dans la ville de la caravane antimafia. Mais ni les méthodes dignes de quasi amateurs (trois bouteilles de gaz), ni la cible scolaire, jamais visée par la Pieuvre, ne plaident  en faveur de cette hypothèse.

Brisée et humiliée par Berlusconi, étouffée par la crise, voilà l'Italie stupéfaite : ceux de plus de trente ans se souviennent des années de plomb que signèrent les Brigades rouges et l'Italie sait que la mafia, sporadiquement, règle ses compte de manière spectaculaire. 
Elle sait surtout, chaque jour, quel frein elle est pour ce pays et quelle terreur elle sème, dans les villes et les villages du Sud, jusque dans les plus petites bourgades.


vendredi 18 mai 2012

La Semaine ARySQUE n°9 est en ligne

J'ai démarré la semaine en pensant qu'il fallait faire plus de place à l'international.
Mais pas moyen : c'est l'actualité nationale qui a fait la une chaque jour et même chaque heure. Alors, j'ai fait comme tout le monde : je me suis laissée happée. 
Désolée. J'essaierai de faire mieux la semaine prochaine.
Faut dire : trente quatre ministres, voilà qui vous plombe l'emploi du temps d'une illustratrice blogueuse.
Bref : le n°9 d'une semaine ARySQUE est en ligne. Vous y retrouverez notamment les 34, avec noms et fonctions : c'est pratique quand la mémoire vous lâche.

A diffuser sans modération. A priori, c'est valable jusqu'en juin.

Pour tourner les pages du n°9, cliquez sur la couverture ci-dessous.




La parité et quelques signes forts



34 + 1 (premier ministre) + 1 (président), cela fait beaucoup de chaises autour de la table du Conseil des Ministres. Mais avant de se mettre à table, avant la photo de famille, il a fallu prendre ses fonctions ministérielles.

Peu à dire en fait. De chaque côté, on a fait mine d'avoir enterré la hâche de guerre, déterrée aussitôt franchi le péron des ministères : nous sommes en campagne, tout de même.
Signalons quand même l'absence notable de l'ex Ministre de l'industrie parti en vacances et qui n'a pas daigné passer les clés à son successeur Arnaud Montebourg. Relevons aussi, le petit tacle en forme de compliment signé Pierre Moscovici qui s'est souvenu comme Valérie Pécresse était une brillante élève lorsqu'il avait dû juger de son travail comme membre d'un jury à l'ENA… Rappelons que l'élève Pécresse a quelque peu vitupéré l'inexpérience de cette équipe…
Relevons aussi quelques signes notables d'une volonté de changement. Je ne parlerai pas du code de déontologie. On a vu trop d'institutions et entreprises définir des engagements pour masquer des pratiques sordides.
En revanche, Montebourg à l'industrie (pardon, au Redressement productif) et Canfin délégué au développement, c'est quand même un signe fort : tous deux ont fait de la lutte contre les paradis fiscaux un cheval de bataille et Montebourg est en colère contre la mondialisation non régulée. Voilà qui devrait fâcher quelques chantres des délocalisations et surtout les anges noirs des Paradis fiscaux. C'est toujours ça de pris.

Retrouvez la trombine de membres de l'équipe au pouvoir en cliquant sur la page 34 +1 + 1

mercredi 16 mai 2012

Ministrables et casables

Bon je craque.
Plus de deux heures qu'on lambine pour savoir cekiki.
Je m'impatiente.

En attendant, voilà donc quelques favoris pour quelques ministères et autres perchoirs.
Nous verrons bien où les ranger… 











Aubry conduira les législatives

Après la foudre sur l'avion présidentiel hier, coup de grisou sur la parité ce matin : Martine Aubry ne sera pas du gouvernement Ayrault ; elle l'a fait savoir ce matin.

Aïe ! le coup fait mal. Il est d'autant plus contraignant que le nouveau premier ministre est attendu par l'opposition à un autre tournant : celui de l'inexpérience. Martine avait les deux qualités requises ; c'est une femme et c'est une des plus expérimentées du PS… avec Ségolène Royale.
Pas facile.

Ceci étant dit, les Législatives s'annoncent féroces : parce que la victoire était limite, parce que le Front de gauche pourrait gagner des points avec le duel des tribuns d'Hénin-Beaumont, parce qu'il reste pas mal de choses à régler pour faire de la place aux écologistes et pour gérer les triangulaires. 
Du coup, on se demande si Martine n'est pas mieux à la tête du PS pour le moment, on se dit que stratégiquement, cela pourrait simplifier des trucs, qu'elle ne s'en est pas si mal tirée en Première Secrétaire, vu l'état du PS à sa prise de fonction… 

Bref : on en reparle fin juin, si gouvernement bis il y a.

Coup de foudre entre Paris et Berlin

Petite légèreté du matin pour se détendre avant la galerie de portraits. 
A plus tard…


mardi 15 mai 2012

P…! et maintenant, en p… !






Ce matin, pour ne rien vous cacher, le temps fut un peu long devant mon téléviseur : l'ex et le nouveau président se sont entretenus pendant près de trois quart d'heure auxquels il fallu ajouter les interminables minutes protocolaires de serrages de mains, de remises de décorations. J'abrège. Je me suis déjà assez étendue sur les discours.

Du coup, pour rendre l'attente moins pénible en sirotant un nième café, j'ai décliné sans trier les méfaits qui m'avaient soulevé le cœur ces cinq dernières années. Je n'ai pas pu tout mettre parce que j'ai vite cogné sur les coins de la feuille. Alors forcément, il manque plein de trucs.

Si vraiment j'étais vindicative, j'aurais pu remplacer le "dehors" qui termine ce dessin d'un "en prison, maintenant" sauf que je ne suis pas si naïve : je me souviens que Giscard n'a pas été tellement inquiété pour les diamants de Bokassa…
Mais, quand même, le meilleur moment de la journée c'était de voir Sarkozy franchir le seuil de l'Elysée, direction la sortie. Yessssssssss !

Hollande : une certaine vision du travail




Alors là, respect.
J'attendais tout ouïes le discours sur Jules Ferry.
Je pensais rester mesurée, voire un brin fâchée, mais il m'a eue : Il n'y a eu qu'un merci aux lois Ferry, précédé d'une condamnation de ses positions colonialistes, et un immense et très bel hommage à l'école laïque, gratuite et républicaine. 
Ce ne fut pas une ode à l'Education nationale mais à l'enseignement et à celles et ceux qui le mettent en œuvre. Et cette ode a encensé l'idée du métier.
C'est le respect du métier qui justifie la remise à l'honneur de la formation des maîtres par François Hollande, or il me semble que l'idée même de métier a beaucoup souffert ces dernières années. Elle a été humiliée par l'incapacité de valoriser les seniors dans le monde du travail, elle l'a été plus encore par les délocalisations massives qui n'ont pas dit autre chose aux ouvriers que : votre métier n'est rien, ce que vous faites, n'importe qui peut le faire.
C'est le métier, pourtant, qui donne goût au travail, parce que c'est la partie la plus noble du travail, ce dont on est fier, ce qui est au-delà de ce que cela rapporte.
On fait encore le tour de France des savoir-faire pour devenir ouvrier-Compagnon du devoir. On ne le fait pas pour gagner plus (la modération tarifaire est déontologique chez les Compagnons). On le fait par goût du métier, parce que derrière l'idée de métier se cache celle de techniques à partager, à faire progresser pour les générations futures… une certaine idée du progrès, en somme. Un truc qui vous donne l'impression d'apporter une pierre à l'humanité, même pour les plus humbles.

Derrière cette prise en considération du métier, il y a des mesures concrètes dans le programme de Hollande : pour l'Education nationale mais aussi en faveur du développement des PME. Seront-elles suffisantes ? Iront-elles même jusqu'à leur terme ? Nous verrons.
C'est en tous cas une approche plus humaine et plus enthousiasmante qu'une réflexion sur la rentabilité du travail à court terme.
Cela pourrait même, si la sauce prenait, constituer un facteur de croissance… sinon d'un point de vue quantitatif, au moins d'un point de vue qualitatif.

Cet après-midi en tous cas, sur les bords du cortège auquel pouvaient se rendre les collégiens parisiens, l'ambiance était nettement plus enthousiaste qu'à son arrivée à l'Elysée : François Hollande s'est ressourcé en serrant moult pognes conquises.
Le voilà galvanisé pour une soirée berlinoise sans doute moins chaleureuse, d'autant que, c'est officiel, il n'y aura pas de gouvernement en Grèce et de nouvelles Législatives sont convoquées. L'imbroglio grec ne fait que commencer.

Hollande à l'Elysée



On va encore dire que je suis naïve tendance midinette, mais j'étais émue.
J'ai aimé le discours, la référence clairement humaniste, la liste nette des galères attendues, l'ambition affichée de préserver la dignité à tous prix, malgré la crise, malgré les tensions idéologiques, malgré les dysfonctionnements systémiques.
Un discours politique pour une investiture présidentielle c'est quand même plus opportun qu'un spectacle inaugurant un loft story elyséen, comme ce fut le cas il y a 5 ans, (avec les rebondissements que l'on sait…).

Bien sûr, ce sont des mots. Mais ce ne sont pas QUE des mots. 
Le "vrai travail", la frontière, l'identité nationale… ne sont pas QUE des mots ; la justice, la démocratie sociale, la simplicité et la dignité, non plus. En politique, chaque mot compte. Ils dessinent une ambition, un positionnement dans un paysage d'idées. Ce n'est quand même pas rien.

Les faits, eux, diront ce qu'il en est de cette belle intention.
Les faits et peut-être, très vite, les mots qui seront prononcés dans le prochain discours : celui que François Hollande doit donner aujourd'hui, à propos de Jules Ferry, valeureux fondateur de l'école publique et laïque, mais aussi monstrueux chantre du colonialisme. 

Parce qu'après le discours de ce matin, censé indiquer la ligne idéologique de ce quinquennat, on espère qu'Hollande s'expliquera sur cet hommage rendu à celui qui disait en 1885 : "Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. (...) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures."


lundi 14 mai 2012

Alerte ! prisonniers palestiniens en danger

Près de 2000 prisonniers palestiniens sont en grève de la faim depuis un mois et demi, certains depuis plus de 70 jours. Ils revendiquent la fin de leur détention administrative. 
Six d'entre eux sont en danger de mort immédiat ; le CICR demande leur transfert à l'hôpital.
Le gouvernement israélien a suspendu le droit de visite des familles pour les grévistes de la faim.

 + d'infos sur le site du Monde.

Hollande-Merkel, c'est demain

Hier, le camp d'Angela Merkel a subi un sérieux revers électoral dans le land le plus peuplé du pays, la Rhénanie du Nord-Wesphalie : 9 points de perdus pour la CDU. La nouvelle est assez fâcheuse  pour la chancelière allemande qui doit rencontrer François Hollande demain soir.

Mais qu'on ne s'y trompe pas : outre Rhin, on reste fortement attachés à la rigueur budgétaire. Surtout, l'option de mise en commun de la dette déplaît fortement et il y a fort à parier que ce thème de "l'Allemagne ne veut pas être le porte-monnaie de l'Europe" fera des émules là-bas lors des prochaines élections ; autant sans doute que celui des frontières chez nous. 
Il serait donc étonnant que la chancelière cède facilement et surtout, rapidement. Elle a en effet tout intérêt à gagner du temps : les résultats des législatives en France lui indiqueront la puissance de frappe du président français. A l'extrême, si la gauche ne l'emportait pas en juin, le traité serait ratifié par un parlement de droite et Angela n'aurait pas même besoin d'aller au combat. Demain, nous n'en saurons sans doute pas davantage.

A Paris pourtant, où les sondages donnent la gauche en tête des législatives, on considère que cette défaite électorale de la CDU est un atout de plus dans la main de François Hollande dans une bataille que l'on juge loin d'être perdue.
De fait, les politiques de rigueur n'étant pas parvenues à régler les crises grecques et espagnoles, un léger vent de révision souffle en Europe et plusieurs dirigeants voient plutôt d'un bon œil l'initiative française. De même, l'introduction d'un volet croissance est assez bien vue aux Etats-Unis et par nombre d'organisations onusiennes.

En l'état, la ratification du traité par les parlements des deux-tiers des pays européens est donc loin d'être acquise et il est assez probable  qu'il faille y apporter quelques modifications notables. 
Le marchandage s'annonce serré, alors même que l'Allemagne entre en période pré-électorale, avec des législatives prévues dans 18 mois.
C'est quand même un peu pressé : certains pays font les fonds de tiroir en attendant que la signature de ce fichu traité débloque les aides européennes.

dimanche 13 mai 2012

Dimanche outdoor

Aujourd'hui, c'est dimanche. Statistiquement, vous êtes un certain nombre à ne pas travailler et pas mal à regretter de ne pas pouvoir vous mettre au vert.
Ca vous dit un petit tour en montagne, une ballade estivale dans les Alpes du Nord, histoire de faire une pause ? 
Si vous ne connaissez pas encore Seyraq*, c'est le moment. C'est frais, presqu'enfantin…

Pour tourner les pages de Seyraq, cliquez sur la couv' ci-dessous. Bon dimanche.



*J'ai réalisé Seyraq fin 2010. Les dessins sont tous à l'encre de chine et de couleur. Pour certains, avec ajout d'acrylique et/ou de sable de Fontainebleau.
Merci de bien vouloir excuser ce recyclage de vieux travaux. En même temps, c'est dimanche ;-)

samedi 12 mai 2012

Mélenchon affronte Marine



Voilà quelques jours que le  bruit courait, c'est confirmé : Jean-Luc Mélanchon ira porter le Front de gauche en terre ouvrière et tentera d'y tordre le cou de Marine Le Pen. Leader du Front de gauche contre leadeuse du Front national, le combat sera âpre. 
Mais vrai : ces deux votes protestataires ne disent pas la même chose, ni sur l'analyse des faits et encore moins sur les solutions proposées. Déjà, je jubile de voir Marine contrariée dans ses plans : elle pensait trouver l'UMP en face d'elle et la voilà face à Jean-Luc, grand ténor des tribunes ouvrières, reléguée dans une toute autre cours.

Pour les juger tous deux, nous avons cette vague idée de la dignité, quelque chose qui s'oppose à la barbarie, au règne du plus fort, barricadé et arrogant.
Nous avons aussi ce  vague souvenir de l'Histoire des colonies et du XXe siècle, quelques bribes des écrits de Gobineau, cet infâme Comte français, muse de Mein Kampf, qui eut ici ses heures de gloire.
Nous n'avons que cette leçon reçue, cette conscience, assez précise en fait, de la bête immonde tapie dans la conscience collective de ce pays. Je me souviens aussi qu'elle est comme un taureau stupide : elle s'excite au moindre chiffon rouge.

Alors vas-y Jean-Luc. Je ne partage pas toutes tes idées, mais vas-y ! Sois cet intellectuel jovial qui démonte une à une les falsifications. Sois le toreador : pique-la de tes arguments, de ta culture, de ta vigueur. Depuis mes gradins, je ne me cacherai pas derrière mon éventail et j'applaudirai à quatre mains.
Mais fais gaffe avec ton chiffon rouge : il n'effraie pas que les taureaux.


Crise éco : Hollande reste zen

Honnêtement, qui a été surpris de trouver les caisses plus vides que prévu, qui s'est étonné du rapport présenté hier par le Commissaire aux affaires économiques et monétaires ? 
Hollande s'y attendait, nous aussi : je ne crois pas qu'il y ait un président, un député, un maire qui n'ait repris les manettes au camp adverse sans trouver sur places des comptes moins glorieux que ce que les impératifs de campagne avaient fait annoncer. Hollande affirme d'ailleurs avoir anticipé ce phénomène somme toute classique, auprès de la Cour des comptes.

Sauf que la crise grecque et la dégringolade des banques espagnoles ont accru encore un peu plus la tension sur les marchés ; sauf que la négociation sera délicate avec l'Allemagne, même si Angela Merkel montre des signes d'assouplissement ; sauf qu'il faudra sacrément booster la micro croissance de 2012 (+0,5) et la moins pire de 2013 (+1%) pour parvenir à abaisser le déficit en dessous des 3%.
Imperturbable malgré la crise dont il affirme avoir pris la mesure, François Hollande martèle pourtant qu'il tiendra ses objectifs et que la croissance sera au rendez-vous : +1, 7 en 2013 quand Bruxelles prévoit +1, 3.

A dire vrai, je ne suis pas assez calée en économie pour comprendre sa botte secrète. Si quelqu'un veut s'y coller, welcome : la case commentaires est là pour ça à la fin de ce papier. (Accessoirement, ce serait sympa de faire vivre un peu le truc, je me sens assez seule sur ce blog…).

Toujours est-il qu'au moment où la Grèce pourrait quitter la zone euro et que la situation d'un certain nombre de pays européens laisse craindre que le cas ne reste pas isolé, l'attente est forte face à ce dirigeant fraîchement élu qui s'est positionné sur une révision des traités européens.
On se dit alors qu'il n'a pas intérêt à trop se tromper, que l'attente est celle de la création d'une nouvelle politique européenne, d'un nouveau modèle économique susceptible de sauver la zone euro (parce que, quand même, c'est un concurrent nettement plus sérieux que le franc face à des monnaies puissantes et à d'autres qui le deviendront). 
Il semblerait que Hollande ait fait naître quelques espoirs hors de nos frontières. Reste à savoir si les décideurs européens, politiques, économiques et financiers, ont, eux, vraiment envie de changer.
Mardi, face à Angela, il faudra rester zen et, surtout, convaincant !

vendredi 11 mai 2012

Un départ au son du pipot


Aïe ! Mediapart a encore frappé.
Vous vous souvenez de la petite note qui, dans l'entre-deux tours, avait tant fâché le président sur le départ, concernant ses relations pour le moins troubles avec le colonel Khadafi ? J'en ai déjà parlé ici.

Pour info, Mediapart poursuit son enquête et a manifestement trouvé des sources assez bavardes, puisque le site publie aujourd'hui un nouveau document très compromettant : une transcription d'un entretien téléphonique entre le dirigeant libyen et Nicolas Sarkozy. C'est assez détaillé et sur le document lui-même et sur le fond.
Je vous laisse juge en lisant l'article de Médiapart. Il y est question de partenariat nucléaire et de défense, mais pas des infirmières bulgares…

Bonne lecture.


Première dame, leçon n°1



DANS LA RUBRIQUE "A LA COUR"

C'est assez réjouissant de voir s'organiser les groupes de pouvoir, d'observer la mise en place des nouvelles sphères d'influence sur le président. Etre membre du bon cercle tient à peu de choses : une bévue peut vous classer dans la catégorie "tricard".

Ainsi, avoir son anniversaire dans l'entre-deux-tours est une situation hautement risquée quand on est un membre connu d'un grand parti et l'on se doit alors de choisir ses invités avec le plus grand tact. 
Grosse, grosse erreur de casting commise par Julien Dray et tollé de rigueur des amis ainsi compromis par son anniversaire : DSK était dans les lieux, rue Saint Denis, invité comme eux-mêmes, au même titre…
La honte !
J'avoue : une soirée avec DSK, ça peut faire fuir les donzelles et vus les affres de notre bandard fou et leurs conséquences, on comprend que quelques-uns en aient pris ombrage…

En tous cas, cette fâcheuse fidélité aura valu à Julien Dray de subir les foudres de la Première dame qui est venue elle-même le congédier du pot de fin de campagne auquel il n'était pas convié. En même temps, vue la maladresse impardonnable, c'était plutôt culotté de sa part de se présenter sans être invité. On comprend que la première dame ait marqué le coup.
Allez, so long Julien. Le ministère, c'est pas pour cette fois, on dirait.