lundi 30 avril 2012

1er mai - 202 millions de chômeurs en 2012


Demain, à Paris, nous aurons donc droit à trois 1er mai. 
Celui de Marine Le Pen en l'honneur de Jeanne d'Arc, place du Palais Royal,

celui du candidat Nicolas Sarkozy avec la première (et dernière ?) "vraie" fête du "vrai' travail,

et, comme dans plein d'autres pays, celui des travailleurs, entraînant avec eux le cortège de futurs, ex ou déjà chômeurs. 



Parce qu'en considérant le chômage comme le premier enjeu de campagne, les électeurs ne s'y trompent pas : la réalité du travail c'est aussi cela, au moins si l'on en croit le rapport de l'Organisation Internationale du travail, rendu public aujourd'hui.
Les chiffres font froid dans le dos : 202 millions de chômeurs, soit 6 millions de sans emploi supplémentaires en 2012 et encore 5 millions de plus l'année suivante. Dans ces conditions, le taux de chômage de la planète dépasserait les 6 %.
Les perspectives sont en outre pessimistes. En effet, l'économie n'est pas capable de créer autant d'emplois que la demande démographique l'exige : quelques 80 millions de travailleurs de plus arriveront sur le marché du travail au cours de la même période.
Voilà pour les aspects structurels (qui paraissent militer en faveur des 35 heures, non ??? ).

Côté conjoncture, pour l'OIT, qu'on ne peut décemment pas taxer de "rouge", l'austérité budgétaire décidée pour remédier à la crise n'a non seulement pas permis la création d'emplois mais a même accentué la dégradation du marché. De même, la difficulté d'accès au crédit pour les PME est pointée du doigt par l'organisation Onusienne.

Voilà donc une nouvelle institution internationale économique de premier plan qui incite les gouvernements à envisager sérieusement de mettre en place des politiques de relance. L'OIT, inquiète, met même en garde : "le piège de l'austérité est en train de se refermer". 
Il semblerait que l'Europe soit presque mûre pour revoir quelques traités…



Journalisme en danger

Hier, on apprenait la disparition d'un journaliste français en Colombie : Roméo Langlois, 35 ans, reporter à France 24, aurait été pris en otage par les FARC et blessé au bras pendant l'opération. 

En 2011, selon Reporters sans frontière (RSF), 71 journalistes ont été enlevés dans le monde et 66 ont été tués, soit une hausse de 16 % par rapport à l'année précédente (voir bilan 2011 de RSF).
Pourquoi ? Parce que la presse est un pilier de la démocratie, parce que les journalistes sont des vigies. Observateurs et critiques, ils sont les gêneurs : ceux qui en savent beaucoup sur la réalité des faits, ceux qui tordent le cou aux idées reçues, ceux qui dénoncent, ceux grâce auxquels, chaque jour, je peux vérifier l'état de la démocratie dans le monde. Ils me sont aussi précieux que l'institutrice qui m'a appris à lire et à compter.

Bien sûr, le JT est un show. Bien sûr, la presse se délecte de violence, de sexe et d'argent. Bien sûr, elle racole, va souvent trop vite, cafouille parfois à force de courir. Bien sûr, elle confond fréquemment simplification et pédagogie… (ceci dit, on peut changer de journal, de média…).

Bien sûr aussi, dans les médias, la campagne manque de hauteur et l'on aimerait que les journalistes soient moins événementiels. C'est pourtant bien là leur fonction : raconter l'événement et le mettre en perspective avec d'autres faits. Pour le reste, le non événementiel, les journalistes ne sont pas tenus d'être davantage que les relais de la parole d'experts, d'universitaires, de moralistes et d'analystes de tous poils qui sont d'ailleurs très souvent sollicités.

Mais ces derniers temps, je m'attriste de ne pas entendre nos “philosophes engagés”, de ne pas les lire, ici et là, se prononcer sur les dérives idéologiques de la campagne. Il me semble que c'est leur rôle, pas celui des journalistes. Dans cette Présidentielle - hélas ! - la seule chose que les citoyens ont à se mettre sous la dent, ce sont leurs décryptages et les indispensables correctifs que la presse donne aux informations erronées de nos candidats.
Ce n'est pas suffisant.
C'est juste indispensable et essentiel pour la démocratie.
On devrait pouvoir porter plainte, aussi, contre les mensonges des candidats. 

dimanche 29 avril 2012

L'étau se resserre sur Nicolas Sarkozy

Aussi énorme soit-elle, la nouvelle n'a qu'à demi étonné : selon Mediapart, un document officiel libyen de décembre 2010 attesterait que des négociations ont bien eu lieu avec le colonel Khadafi pour le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Elles auraient même été suffisamment avancées pour donner lieu à la rédaction d'une note à en-tête portant mention de l'accord du colonel Khadafi pour le versement d'une somme équivalent à 50 millions d'euros. 
Rien n'atteste que cette somme ait été effectivement versée, même si la réception en grandes pompes à l'Elysée  et les tentes plantées à l'hôtel Marigny en décembre 2007 laissent quand même planer quelques doutes légitimes.

Bref, Nicolas Sarkozy est outré et crie à l'"infâmie" émanant de diables rouges journalistes. Mediapart, taxée d'être une "officine de la gauche", réplique : "Mediapart maintient le sérieux et la fiabilité de ses informations, fruit de dix mois d'enquête sur les relations nouées depuis 2005 par le premier cercle de Nicolas Sarkozy avec le régime dictatorial du colonel Kadhafi"

Dont acte. 
De facto, la rumeur court depuis de longs mois, comme court celle de l'agenda de la maison Bettencourt. Franchement, j'aimerais bien qu'il s'explique devant la Justice. Alors, permettez que je termine en citant Jamel Debbouze qui écrivait aujourd'hui sur facebook : 
"Votez ! Votez qui vous voulez, mais votez Hollande !"





samedi 28 avril 2012

Ce que DSK aurait pu dire à Bayrou

Je commençais à craindre qu'on ne me trouve trop partisane, trop peu diserte sur les écarts des hommes de gauche. DSK - encore lui !-  m'offre l'occasion de contredire les éventuels détracteurs d'ARySQUE.
DSK est donc revenu hier sur l'affaire Nafissatou Diallo, évoquant un piège de ses adversaires politiques (voir LeMonde)..

On veux bien le croire… il était assez facile à piéger, semble-t-il.

Mais si c'est le cas, alors là merci l'UMP : vous imaginez l'ambiance si DSK s'était fait pincé dans l'entre-deux-tours ? Je vois déjà sa lettre à François Bayrou (sur un style globalement emprunté au Marquis de Sade) et sa réponse à propos de la moralisation de la vie politique : "je ne savais pas qu'ils iraient jusque là" (Sic)
Un fils de Pétain et un bandard fou* au deuxième tour : vous voyez le dilemme ?

On aurait pu y gagner 5 ans de Sarkozisme. Finalement, si je comprends bien, grâce à l'UMP, on l'a échappé belle !

* Merci Moebius :-( pour cette excellentissime album dont je me permets de reprendre le titre ici.

vendredi 27 avril 2012

Marine cogne, François prend ses distances

C'est avec le magazine l'Equipe que Nicolas Sarkozy a évoqué la possibilité d'un échec au second tour de l'élection présidentielle : "Je pense que les records sont faits pour être battus. Et donc, par conséquent, on ne peut pas être triste que quelqu'un d'autre prenne votre place parce que de toute manière, c'est la règle", a-t-il indiqué.

Il faut dire que les temps sont durs au pays de la chèvre et du chou.
Déjà, mercredi, François Bayrou marquait quelques signes d'énervement sur son profil Facebook en écrivant : "Aborder la question de l'immigration en validant la thèse du Front national et en prétendant que les déséquilibres des comptes sociaux étaient dus aux immigrés, c'est renier un demi-siècle de politique sociale en France". Aïe ! 
"Les lignes rouges sont franchies une à une", a fustigé quant à lui Dominique de Villepin aujourd'hui dans un court article du Monde, ravi de tenir là sa première petite vengeance. 

Les choses ne se sont pas arrangées non plus du côté de la très convoitée Marine, quelque peu agacée de voir Nicolas Sarkozy racoler ses clients sans vergogne et sans promettre de compensations suffisantes aux législatives.


Mais le pire est venu du dernier sondage rendu public aujourd'hui : 55 % pour Hollande, 45 % pour Sarkozy.  De quoi abattre un champion challenger.

N'allons pourtant pas croire que les jeux sont faits. Je suis assez nulle en analyse statistique (si je dis une bêtise, corrigez, merci), mais je me souviens d'un cours où l'on nous expliquait que dans ce type d'enquête, la marge d'erreur était toujours de + ou - 5 %.
Faites le compte. Si je ne me trompe pas, cela nous donne un plancher pour Hollande à 50 et un plafond pour Sarkozy à… 50
Je crois que ce n'est pas le moment de mollir.

27 avril Yo Soy Español

 
Yo Soy de Madrid
Je le dis comme j'aurais pu dire Ich Bin ein Berliner, parce que je me sens rigoureusement dans le même bateau que l'Espagne. Je suis juste sur un autre pont.

Ce matin la nouvelle est tombée comme un couperet sur la péninsule ibérique : l'agence Standards and Poor's dégrade une nouvelle fois la note de l'Espagne. De 2 points. 
Relégué en division B le pays d'Almodovar, de Cervantès et de Picasso. 
Classement : BBB+… avec une perspective négative.

L'Espagne a pris cher avec la crise. Elle a pris très cher parce qu'elle s'est engouffrée dans la bulle immobilière fondant toute sa croissance, ou presque, dans cette activité.
Quiconque est allé en Espagne ces dernières années a pu s'en rendre compte : partout, des immeubles en construction. C'était le signe d'un dynamisme exaltant il y a dix ans. Aujourd'hui, les bâches volent au vent et les chantiers sont désertés. Plus personne pour acheter depuis la crise des subprime, plus de 24 % de chômeurs, inflation en hausse et le pays de nouveau en récession depuis le début de l'année…


A lire absolument : le dernier numéro de la Revue XXI et l'excellent papier de François Musseau, Des Châteaux en Espagne. Un truc à vous laisser comme un goût de désenchantement dans le coeur, assez loin de la savoureuse movida. Mais un truc vrai sur les temps comme ils vont. La crise, c'est cela.

La Semaine ARySQUE n°6 est en ligne

Comme chaque vendredi : 
En attendant le dessin du jour, je vous invite à refaire un petit tour des sept derniers jours en tournant les pages d'Une Semaine ARySQUE n°6.
Si ça vous dit, cliquez sur la couverture ci-dessous pour ouvrir l'hebdo.


jeudi 26 avril 2012

A propos de Legitime défense


A l'heure où les Américains s'émeuvent encore de l'affaire Trayvon Martin dans laquelle un défenseur de quartier a pu abattre un gamin sans être interpellé au motif de la légitime défense, Nicolas Sarkozy réclame… une "présomption de légitime défense" pour les policiers.
Dans un Etat de droit, celui-ci détient le "monopole de la violence physique légitime" (Max Weber) et effectivement, sur le principe, un agent de l'Etat est a priori davantage autorisé à tuer qu'un délinquant lambda.

Sauf qu'il y a des bavures et qu'il y en a souvent quand la loi assouplit son contrôle sur les violences policières. Parce que celles-ci existent aussi, et d'autant plus qu'elles ont le couvert du "bon droit" : ces dix dernières années, le nombre de plaintes enregistrées par la Commission nationale de déontologie de la sécurité est en augmentation constante. En 2009, Amnesty International publiait même un rapport intitulé "France, des policiers au-dessus des lois".
Parce que de facto, la présomption de légitime défense est monnaie courante dans la Police parce que les flics ont des boss et que ceux-ci ont quelques notions de la réalité du terrain. Du vent, du flan et un discours abject, encore ! Cette fois au motif qu'un agent a été inquiété après avoir tiré dans le dos d'un fuyard.

En attendant, Marine Le Pen qui avait déjà fait cette proposition, exulte et salue une "victoire idéologique du FN". Elle peut : elle n'a même pas besoin d'être sélectionnée pour que son idéologie fasse campagne au second tour, et pas que sur les questions policières. Patrick Buisson est dans la place. Qu'est-ce qu'on doit se marrer chez les Frontistes !

J'oubliais : Nicolas Sarkozy devrait bientôt claironner sur les récents succès de son homme de main Claude Guéant qui discutait aujourd'hui à Bruxelles de la gouvernance des Etats sur les accords de Schengen (voir LeMonde).

Il devrait en revanche être plus mal à l'aise sur les chiffres du chômage qui affichent leur onzième mois de hausse (voir LeMonde aussi).

Charles Taylor reconnu coupable par la justice internationale


1991 à 2001 
Sombre décennie pour le Sierra Leone. L'infâme avait alors pour nom de code Ebony (ébène). Officiellement, il s'appelle Charles Taylor et a été Président du Liberia de 1997 à 2003. Charles Taylor était également à la tête du NPFL qui fut à l'origine de la guerre civile au Liberia où furent commises les pires exactions, parmi lesquelles la création de "small boys units", brigades de pitchouns hauts comme une mitraillette, contraints d'abattre leurs frères, ivres, défoncés, mutilés… enfants-soldats. .
Pour les diamants du Sierra Leone, il a sciemment appuyé le RUF qui a semé la terreur dans tout le pays pendant 10 longues années : assassinats, violences sexuelles, crimes de guerre, traitements cruels, travail forcé, cannibalisme, pillages et enlèvements. 
Le conflit au Sierra Leone a fait au moins 120 000 morts.

En août 2000, les Nations Unies décidaient de permettre la création d'un Tribunal Special pour le Sierra Leone (TSSL) qui entrera en action en 2002 pour juger les auteurs de crimes contre l'humanité dans ce conflit. D'abord installé au Sierra Leone, ce tribunal a du déménager dans la banlieue de la Haye pour des raisons de sécurité.
Aujourd'hui, il vient de confirmer la culpabilité de Taylor dans ce conflit. Taylor avait été arrêté en 2006.
Le sort que la justice des hommes libres lui réserve sera précisé dans les prochaines semaines. 8 inculpés par le TSSL ont déjà écopé de peines allant de 15 à 52 ans.
C'est la première fois que la justice internationale se prononce sur la culpabilité d'un ancien chef d'Etat.

A voir : la biographie en image de Charles Taylor sur Lemonde.fr

Restons zen

On ne devrait jamais aller sur Twitter avant d'être bien lancée dans sa journée. 
Parce que ce matin, je suis tombée sur ça en avalant les dernières gorgées de mon jus d'orange : un petit florilège des propos de l'élégantissime, Lionnel Luca sur les femmes politiques. Où il est dit, entre autres perles, que Hollande s'est trouvé une Valérie Rottweiler et que ça, c'est sympa pour les chiens… Eloquant !
J'ai respiré un grand coup, me suis étirée et ai pensé : étire-toi, respire, branche fip et t'énerve pas.


mercredi 25 avril 2012

Une cocarde pour Marine, les boucs émissaires aux frontières

Le parti de Marine Le Pen est "compatible avec la République". 
Voilà, c'est dit, c'est fait, c'est un parti comme les autres.
Stricto sensu, Nicolas Sarkozy n'a peut-être pas tout à fait tord : avec ses 18 % de voix, ce truc-là appartient bien à la chose publique et il va falloir faire avec. 
Sauf que.
Sauf que c'est un problème. 
C'est un problème parce que l'idéologie prônée par le FN est une résurgence de la Révolution Nationale pétainiste et qu'il a été démontré par l'Histoire que cette idéologie représentait un immense danger pour la république. Pourquoi ? Parce qu'elle est contraire aux droits fondamentaux dont nos penseurs furent les auteurs. Sans parler de son inefficacité : ces salauds ont même vendu la France aux Allemands !

Donc faisons avec ce problème et écoutons les cris de protestation. Mais pour y travailler vraiment, n'oublions pas que l'angoisse se cache derrière ces cris et que rien n'est plus anxiogène que l'ignorance. (Ce n'est pas par hasard que la démocratie moderne a été pensée comme nécessairement appuyée par une presse libre et une école performante.)
Certes, il y aurait beaucoup à dire sur les médias, sur l'écrasement de l'information par le ludique, le spectaculaire et le croustillant. Certes, on pourrait reprocher une dégradation de l'enseignement. Certes, le chantier est immense.

Il n'empêche,il faut saluer la cohérence du président candidat : il y a cinq ans, il nous présentait le plombier polonais. Cette fois, il évoque la possibilité de remettre en cause les accords de Schengen. Entre les deux, il a passé 5 ans dans le plus profond mépris pour ces deux piliers de la démocratie que sont la presse et l'éducation et n'a eu de cesse de brandir les faits divers comme s'ils étaient des informations de fond. 
Si au lieu de cela, les électeurs avaient vraiment su où est passé leur boulot et ce que sont devenues leurs petites économies parties en fumée dans la dernière crise, s'ils avaient su qu'être immigré en France c'est loin d'être une sinécure, alors peut-être que cela n'appartiendrait pas à la chose publique.

Non, monsieur le Président, on ne caresse pas les tentations xénophobes et liberticides dans le sens du poil… de bouc émissaire. Ce n'est pas républicain. Ce n'est pas démocrate. C'est machiavélique.

25 avril, réédition de Mein Kampf en Allemagne

 

Propriétaire des droits de Mein Kampf, l'Etat de Bavière a-t-il eu raison d'autoriser une réédition de l'ouvrage de référence du nazisme rédigé en prison par Hitler entre 1924 et 1925  ? Etait-ce bien nécessaire, alors que quelques 10 millions d'exemplaires ont déjà  été publiés entre 1936 et 1945, l'Etat nazi l'ayant offert à tous les couples en… cadeau de mariage ?

Au risque de surprendre, je ne suis pas sûre d'être opposée à cette réédition. Pas certaine d'y être hostile parce qu'elle sera commentée et que je crois qu'il est essentiel de faire la pédagogie de cette thèse délirante. Pas parce qu'elle a de l'intérêt. Mais parce qu'elle a été jugée suffisamment crédible pour emmener avec elle des peuples entiers. Il faut démonter cette thèse et avec elle toutes les doctrines racistes. Or on ne critique bien que ce qu'on connaît.

J'ai lu Mein Kampf, en français, et je me souviens du dégoût qui m'obligeait à faire des pauses dans l'étude de cette élucubration abjecte. Je l'ai lu dans une édition non expurgée à la fin des années 1980, pour préparer mon mémoire de maîtrise de philo. Je vous passe les détails*, mais l'idée était de chercher - à travers une étude de l'image des Noirs dans la pensée blanche - ce qui, dans l'inconscient collectif, avait permis la banalisation de l'idéologie nazie (Munich !) et son succès en Allemagne.

Ce succès est encore plus surprenant à la lecture du livre, tant le texte est immonde. 
Or à l'époque, nous savions : Mein Kampf était traduit dans plusieurs langues et distribué gratuitement en Allemagne.  
En 1929, le pape Pie XII avait même alerté  : « Ou bien je me trompe vraiment beaucoup, ou bien tout cela ne se terminera pas bien. Cet être-là est entièrement possédé de lui-même : tout ce qu'il dit et écrit porte l'empreinte de son égoïsme ; c'est un homme à enjamber des cadavres et à fouler aux pieds tout ce qui est en travers de son chemin - je n'arrive pas à comprendre que tant de gens en Allemagne, même parmi les meilleurs, ne voient pas cela, ou du moins ne tirent aucune leçon de ce qu'il écrit et dit. - Qui parmi tous ces gens, a seulement lu ce livre à faire dresser les cheveux sur la tête qu'est Mein Kampf ? » (cité dans l'article de Wikipédia sur Mein Kampf).

Tout, ou presque, de la future Allemagne nazie, figure dans ce livre : l'espace vital, la classification des races et la place de chacune dans le monde nouveau, la domination du monde par le surhomme aryen que les races inférieures doivent servir. Il ne parle pas de l'extermination systématique des Juifs. Mais c'est prévisible : parce que le Juif y est l'ennemi à asservir ou à abattre. Le texte ne fait aucun doute : c'est clair, net et très précis. L'Aryen doit éliminer ce qui le menace et le Juif est, selon Hitler, la cause de tous les troubles, la menace la plus dangereuse.
L'Allemagne des années 30 est fière de sa culture industrielle. Elle la mettra au service de cette doctrine pour mettre en place une industrie de l'extermination, des usines à cadavres.


Formellement, le verbe est violent, le vocabulaire guerrier. C'est un délire de psychotique, systématique, sans faute de cohérence, mais totalement articulé autour de prémisses délirants fondés sur un sentiment de menace, construit sur la peur de l'autre, omniprésente à chaque page.
Sans doute est-ce cette peur, commune aux hommes aux abois, qui fut le point d'ancrage de l'idéologie nazie dans l'Allemagne vexée, démolie, étouffée par la Première guerre. Cette peur, bien souvent hélas !, nous incline à retrouver nos réflexes les plus protectionnistes, les plus agressifs : on hurle et on mord.
Il fallait cette peur et un terrain culturel favorable dans de nombreux pays européens (n'a-t-on pas exhibé une Hottentote à l'exposition universelle de 1889 ?) pour que le nazisme parvienne à convaincre. Il fallait cette peur, celle qu'en tous temps, les esprits machiavéliques aiment à exciter par appétit de pouvoir. 

En 2015, les droits de Mein Kampf passeront dans le domaine public. Une version commentée, c'est peut-être moins pire. Mais, vrai : les temps sont durs et ça tombe plutôt mal comme produit d'édition !

* Mémoire intitulé "Les Noirs dans le regard des Blancs des Lumières au Nazisme." Le sous-titre, "Les édifices du racisme moderne", faisait référence à un ouvrage de Lacan intitulé "les édifices du délire" et qui, pour faire rapide, décortique les différentes étapes du processus de construction du délire paranoïaque. Dans ce mémoire, je recherche ce qui pourrait constituer les étapes de construction du délire raciste dans la pensée moderne, depuis les Lumières (pas toutes très respectables quand il s'agit de parler des Noirs…) jusqu'au nazisme.

mardi 24 avril 2012

24 avril, le vrai travail

L'important quand on affiche des valeurs, c'est de dire ce que l'on met derrière. 

Valeur du jour : le travail, qui - laisse-t-on entendre - n'est point un moyen par lequel l'homme s'élève mais une fin en soi, une valeur suprême et fondatrice. 
Parce que, attention !, on ne parle pas de n'importe quel travail, mais du "vrai travail".
Ah ! la belle image de l'ouvrier Stakhanov brandissant son outil, sentant la sueur, fier et ravi de construire un monde nouveau… qui ne tardera pas à s'effondrer.
Ai-je pensé…

Mais pas du tout. Je n'avais pas compris. Le vrai travail, ce n'est pas ça :
"Le vrai travail, c'est celui qui s'il ne va pas à son travail, il n'aura rien. Le vrai travail, c'est ce qui n'est pas protégé de toutes les crises." (Nicolas Sarkozy)
C'est clair, non ?! 
Si ça continue, je vais relire Germinale.

Parce que vous, monsieur le président, vous remuez les couteaux dans les plaies. Vous attisez chez celui qui bosse et ne gagne pas assez, la jalousie et l'envie qu'il n'a pu retenir (qui le lui reprocherait ?). Vous bâtissez un antagonisme de plus par stratégie de pouvoir. 
Quel risque vous prenez en temps de crise !






23 avril. L'oral de rattrapage


Petite séance de rattrapage avec le dessin de campagne d'hier, 23 avril et la demande de, non pas 2, mais 3 débats d'entre-deux tours et du refus de F. Hollande.

Lâcheté ou éthique de la part du leader socialiste ? L'éthique a bon dos, c'est sûr. 
Il n'empêche : changer les règles du jeu en cours de partie parce qu'on n'a pas assez de points à la première manche, c'est être mauvais joueur.
Et puis, tout de même, l'entrée à la plus haute fonction de l'Etat se fait sur concours et, que je sache, ce type d'épreuve ne prévoit pas d'oral de rattrapage. 

Les bons élèves - je veux dire ceux qui travaillent vraiment - savent tous cela ! (et savent également qu'il n'y a qu'un p à rattrapage, "toutes mes confuses".)


Affiches de second tour, pour mémoire

En attendant le dessin du jour et parce que j'en ai assez d'entendre résonner dans ma radio les valeurs de Vichy, le "vrai travail" et autres références douteuses : basique rappel à coller sur les murs, les vrais ou les virtuels.
J'envoie le PDF HD jusqu'au 6 mai, à qui veut placarder. Format A4. 
Contactez-moi



lundi 23 avril 2012

Chut ! et ainsi naquit ARySQUE




C'est toujours un peu compliqué de reprendre le fil après une semaine au vert. Dans une ambiance de campagne qui n'a rien de champêtre ni de nature, c'est encore pire.
Alors je suis reparti à la source pour nous offrir une ultime petite pause, histoire de reprendre en douceur.

Pour la petite histoire, cette série a été créée pour le blog et la revue thématique de Lèptica et c'est en y travaillant que ce trait-là s'est imposé à moi, que je suis devenue ARySQUE.

Pour une pause au secret et voir les prémisses d'ARySQUE, cliquer sur l'image.














Fils de Pétain



Entendez bien les mots de la vague bleu marine : ils parlent de révolution nationale, de lutte contre le système. Ils mettent en accusation les autres : musulmans d'aujourd'hui comme les juifs d'hier. Ils conspuent la démocratie et tous ses instruments : parlementaires, journalistes, intellectuels, artistes… Et quand ils parlent d'éducation, c'est en redresseurs de torts.

Ce sont les mêmes mots, les mêmes arguments fallacieux : ceux qu'arborait la France de Pétain, ceux qui immolèrent l'esprit critique et firent marcher nos gosses aux pas, ceux qui livrèrent Drancy à l'horreur, ceux qui chargèrent les trains, comptèrent les livraisons. 
Et l'on remplaça sur le fronton des écoles les douces valeurs de notre république - liberté, égalité, fraternité - par le travail, la famille, la patrie. (voir l'affiche de Vichy)
En leur nom, on envoya les Français au STO construire l'Allemagne nazie, on confina les femmes à un rôle de ménagères modèles… On justifia la complicité de notre administration à la Shoah. On plongea le pays dans la terreur de plomb, la misère, la délation, l'injustice.
Souvenez-vous : travail, famille, patrie.

Hier soir, arrivé derrière Hollande, Nicolas Sarkozy, infatigable surfeur sur les arguments du FN, a appelé au travail et à "l'amour de la patrie". Je ne l'ai pas encore entendu s'exprimer sur la famille, mais attendez que l'on évoque le mariage homosexuel et le florilège devrait être complet.
Je sais, on trouvera que je caricature, que je suis trop à gauche.
Mais quand même : e
lle savait "Marine Laval" qu'elle voisinerait les 20 %. Elle le savait parce que depuis le début de sa campagne, le Président-Candidat, prêt à tous les arrangements, s'est conduit en fils de… Pétain.
Il a fait honte à la droite gaulliste et à celle de Malraux, celle avec laquelle il est sain que la démocratie s'exerce.

Pendant ce temps-là, sous l'œil des observateurs de l'ONU impuissants, la répression continue en Syrie.

dimanche 22 avril 2012

Va voter

Aujourd'hui, je vote et je crois qu'ARySQUE en profite pour se reposer.

En attendant, vous pouvez consulter le n°5 d'Une Semaine ARySQUE spécial voterie en cliquant là : Une Semaine ARySQUE n°5






Merci de bien vouloir patienter jusqu'à demain pour la reprise de nos programmes habituels.

samedi 21 avril 2012

Crise idéologique

Dieu était mort. Vous vous souvenez ?
Le meurtre avait pris un peu de temps, quelques siècles, en fait. Le temps de comprendre la puissance du langage, le temps de discourir, de trouver un passé pour nous tous, une Histoire que l'on puisse partager : une nature commune qui fondait tous nos droits. On avait cru trouver la clé du bien, la puissance de l'homme, le bonheur, enfin ! Raté : les pauvres crevaient toujours de faim, générations après générations. Une petite classe, et cela seulement avait réussi à émerger.
Lors on critiqua le modèle, on remit en question la liberté d'entreprendre, la liberté de produire. L'on a vu des pays où la critique équilibra le pouvoir. La France était de ceux-là.
L'idéologie, encore !, alla trop loin, ne douta plus, et la critique elle-même, quand elle se fit système, devint très critiquable.

Maintenant que nos rêves sont éteints, maintenant que la certitude s'approche de voir nos enfants vivre moins bien que nous, il va bien falloir réinventer le monde, nous Laïcs. A moins qu'on ne préfère la voix des prêcheurs, partiale et encline au prosélytisme, faire feu de toute science et construire comme autrefois, une chape d'obscurantisme.

"Tout homme persécute, s'il ne peut convaincre, à quoi remédie la culture qui rend la diversité adorable."
(Alain)


   Demain, c'est la “voterie”   

vendredi 20 avril 2012

Crise environnementale

Si elle savait la noiraude ce que son cul produit.
Si elle savait ce qu'elle empeste et la puissance de feu de ses pets. Mais la vache ne sait pas, la vache s'en fout : elle finira de toutes façons dans une assiette.

Les ailes engluées, le Cormoran n'a plus mangé. L'huile visqueuse goutte de ses ailes en comptant les secondes qui lui restent à vivre. Il n'a même pas froid.

Jusqu'ici tout va bien. On pourrait, comme à Tchernobyl ou à Fukushima - il s'en est fallu de peu - cesser de humer l'air, bouder les fruits et voir notre peau partir en lambeaux brûlants.



   Demain : crise idéologique   

jeudi 19 avril 2012

Crise économique et sociale

Depuis le temps que nous ne produisons plus suffisamment, il fallait bien que cela arrive : les poches vide, les paniers percés, la fin des haricots.
Libres, pas même freinés par un contre pouvoir, les marchés ont débordé. Nul n'est venu dire sur les places, comme autrefois le crieur, qu'on ne vend pas la peau de l'ours qui n'est même pas né. Ils ont empoché, intérêt et principal, avant qu'on ne réalise que les caisses étaient vides.
Grecs, Espagnols, Italien, Portugais, Norvégiens… des peuples entiers, vidés pour longtemps, amaigris et pas un kopeck d'avance pour loger des familles.
Dans les rues de Paris, la fouille des poubelles est devenue systématique et organisée. Les bidonvillages poussent ça et là, sporadiques.

Et le peu qu'il nous reste, qu'en faire ? Soigner les blessés ou armer les forts pour la victoire ?


   Demain : crise écologique  

mercredi 18 avril 2012

Choisir à l'instant T


(...)
Mais non.
On ne vote pas pour ses valeurs.
On vote par elles et en fonction d'elles. Elles guident nos choix, éclairent nos jugement pratiques, concrets, réalistes, les enveloppent d'une aura d'éthique et de signifiant. Mais on ne vote pas pour elles.
On vote pour des faits. On vote pour que soit accomplis quelques petits pas de plus en direction d'une idée, d'un rêve. Quelques pas volontaires mais sereins et qui prennent le temps de regarder au bord.

On vote à un instant T, la tête pleine du monde tout entier, de ses défis, de ses violences, de ses largesses. On vote pour que soit inventés les moyens de grandir, de prospérer et parfois de survivre. On vote en fonction des faits et les faits ont la vie dure : la crise est d'importance.

J'appelle crise, ce point de friction qui marque le conflit entre l'ancien accroché à ses prérogatives et le neuf, pressé d'être là, de faire le monde nouveau.
Parce que le monde est neuf : on ne gouverne pas un monde connecté comme on gouvernait des régions isolées. On ne gouverne pas un pays en déclin comme une puissance montante.

On ne gouverne plus aujourd'hui comme hier : parce que les dieux sont morts, parce que le libéralisme échoue comme a échoué le marxisme, parce que la voix des laïcs est étouffée par celles des prêcheurs.
 


   Demain : crise économique et sociale   

mardi 17 avril 2012

Frères humains qui avec moi vivez





Enfin, je vote pour la fraternité.

Pour mes frères de sang, de lait, de galère
Pour les faibles et les forts.
Pour ceux des abris de tôle au bord du périphérique,

Pour le vieillard habité de souvenirs et l'enfant revêtu d'espérance.
Pour les cassés, les damnés, les souffreteux.

Pour mon semblable : homme, femme, enfant, venu d'ici ou d'ailleurs.
Pour Abel autant que pour Caïn, en toutes circonstances : je vote pour l'assistance à personnes en danger, l'aide au développement.

Mais, c'est folie puisque nous n'avons plus le sou !

Plus grande folie encore : instituer que le malheur des uns fasse le bonheur des autres.
Certains spéculent sur la dette des Etats.


   Demain : Choisir à l'instant T  

lundi 16 avril 2012

Mes alter egaux


Je vote pour l'égalité.
L'égalité en droit.
L'égalité des chances.
L'égalité des cultures.

L'égalité d'accès à l'éducation, à la culture, aux soins.
L'égalité des sexes, l'égalité des peuples.

L'égalité mais pas l'effacement des différences parce que la liberté est là : dans le désir d'être autre pour être soi. Dans l'alter égal.

Une utopie, je sais. Alors, j'assouplis et je cède, un brin.

   Demain : Frères humains
qui avec moi vivez  


dimanche 15 avril 2012

LIberté chérie


Je vote pour la liberté.
La liberté de bouger dans mon jardin, dans ma ville, ma région, mon pays.
La liberté de sortir, de passer les frontières.
La liberté de croire, de dire, de lire, de regarder, d'écouter.
La liberté de jouir.
La liberté d'entreprendre et même d'être riche.
La liberté de donner, de léguer, de recevoir.
La liberté de construire, de transmettre. 
La liberté d'aimer, de détester.

Mais la liberté pour tous. La liberté sans offense, sans arrogance.
La liberté curieuse, ouverte.
La liberté qui doute, se nourrit de culture.
La liberté partageuse et tolérante, discrète au besoin.

Un idéal. Je sais. Alors je pèse et je mesure ce que j'ai vu et ce qu'on me dit, à l'aune de cette liberté.


   Demain : mon alter égaux   




samedi 14 avril 2012

Votera, votera pas ?



Près du quart des électeurs serait tenté de s'abstenir le 22 avril. Et pour cause : le contexte est tendu et, peu ou prou, le pays est - et c'est heureux - engagé tous azimuts par des contrats et des alliances. La marge de manœuvre est donc des plus restreintes pour ceux qui gouvernent. Pire : les candidats mentent, truquent les chiffres, falsifient bilans et tendances, intriguent et romancent à qui mieux mieux, quand il faudrait savoir raison garder. 

Il n'empêche, j'irais voter le 22 avril. J'irais voter par discipline rituelle, parce que je suis laïque et qu'en matière de "religere" social, je n'ai que la démocratie. 
Alors, même si la messe est chiante, même si les promesses ne sont guère plus crédibles qu'un miracle de Lourdes, la démocratie est ma religion, la république est mon église et le vote est mon culte. En la matière, je suis pratiquante, parce qu'il me reste encore, malgré tout, une once de foi en l'Homme : c'est un créateur intarissable.

En avril, puis en mai, j'irais donc choisir un président pour ce pays. Une femme ou un homme pour représenter ce que je crois être la voix de la France et dont les maîtres-mots sont inscrits sur le fronton des écoles : liberté, égalité, fraternité. 
Parce que c'est cela que ce pays - Ô combien coupable par ailleurs ! - a décidé d'ériger en valeurs identitaires. Parce qu'il a compris que l'identité n'est jamais statique, qu'elle n'est qu'une ambition. Parce que sa propre histoire lui enseignait qu'il lui fallait d'abord se protéger de ses propres excès. 
Et parce que c'est quand ces valeurs sont à l'œuvre, qu'il m'arrive, parfois, d'être fière d'être née ici. 

   Demain : Liberté chérie   

vendredi 13 avril 2012

On coupe le son



Je pars en vacances.
Je pars me mettre au vert avant la “voterie”.
Je pars en vacances, mais je ne voulais pas que ça s'arrête. Alors en marge des dessins et textes à chaud publiés tous les jours depuis quatre semaines, à côté des quatre numéros d'Une Semaine ARySQUE uploadés, j'ai commencé à construire les jours d'Arysque pendant que je serai loin.

Je crois qu'il est temps, de toutes façons, à dix jours du premier tour, de couper un peu le son, de quitter le bruit médiatique, histoire de faire le point. 
Alors jusqu'à dimanche, si tout se passe bien, ici, toute la semaine, c'est les :

9 jours pour prendre du recul

   Demain : votera, votera pas ?    


Une semaine n°4

En attendant le dessin du jour et un petit changement dans le programme de ce blog, je vous invite à revenir sur les jours passés en tournant les pages du nouveau numéro d'Une Semaine ARySQUE. Pour le lire, cliquez sur l'image :



jeudi 12 avril 2012

Présidentielles. Re la honte !

Hier, j'ai manqué le débat. J'aurais pas du. Je n'ai pas pu. Désolée.
J'ai cru comprendre aux commentaires zappés ici et là qu'il avait réservé peu de surprises et que peu de Français l'avait regardé.
La seule serait venue de Philippe Poutou qu'on attendait timoré et qui aurait crevé l'écran. Je l'ai entendu ce matin interrogé sur France Inter et je crois comprendre : ce type se fout éperdument d'être Président puisqu'il sait qu'il ne le sera pas. Moyennant quoi, il apparaît ultra sincère, ce qui - il faut bien le dire - nous change un peu. Pas sûre en revanche que sa sincérité l'ait rendu crédible…

Mais pour de vrai, Marine Le Pen a encore lâché les loups hier soir, tirant à boulets rouges sur l'immigration, le droit du sol, l'avortement, les signes religieux, les réfugiés politiques…
Cette France-là, c'est la France de la honte… mais je sais : ce n'est pas une info.


12 avril. Cessez-le feu en Syrie


Il était le seul à y croire hier mais Kofi Anan ne s'est pas trompé : l'ultimatum qui imposait un cessez-le feu au Président syrien expirait ce matin à 6 heures, heure locale. Depuis, les armes se sont tues.
En fait, Bachar el Assad n'a respecté que cette partie du plan de paix de Kofi Anan. Un cessez-le feu, une trêve. Mais, méfiance : il a également précisé qu'il répliquerait aux opposants et a laissé ses troupes en place, prêtes à tirer (voir dessin du 10 avril)

Demain c'est vendredi, jour des traditionnels rassemblements de l'opposition à la sortie de la mosquée. L'heure de vérité.

Jusque là - si l'on tient jusque là - l'attente est une chape de plomb sous laquelle l'aide humanitaire va tenter, au pas de course, de travailler. Tous les efforts de Kofi Anan auront au moins abouti à ces quelques heures de répit et j'imagine que quelques gosses ont dormi -enfin!- du sommeil du juste. C'est déjà énorme.

+ d'infos sur Le Monde

mercredi 11 avril 2012

Séisme en indonésie


Un séisme de 8,6 sur Sumatra faisait craindre l'arrivée imminente d'un tsunami en Indonésie, provocant quelques mouvements de panique. Ce pays avait en effet déjà été touché par la catastrophe de décembre 2004 qui avait frappé l'ensemble de l'océan indien, faisant plus de 220 000 morts.
Tout au long de la journée, les alertes au tsunami ont cependant été levées. De même, en fin d'après-midi, pour l'alerte orange qui avait été décidée sur l'ile de la Réunion.

11 avril. Raymond Aubrac est mort


Raymond Aubrac est mort, 4 ans après son épouse Lucie.
Lucie et Raymond, résistants et passeurs de mémoire.
Ils racontaient dans les écoles, depuis des années, pour que le passé aiguise la saine méfiance des enfants. Ils racontaient pour l'éthique, pour l'avenir.
Prêts au combat, ils posaient sur le présent leurs yeux vigilants : dignes parmi les dignes, ils furent souvent indignés. Cela a motivé leur vie.

Ceux-là partis, il nous incombe de passer leur mémoire.
Car comme écrivait René Char en juillet 1944, alors que les intrigues politiques commençaient à prendre le pas sur le combat, " Les justiciers s'estompent, voici les cupides tournant le dos aux bruyères aérées." (Feuillets d'Hypnos - 211).

mardi 10 avril 2012

Campagne : Marine rattrappe Jean-Luc dans un nouveau sondage.


On avait cru le Front de Gauche capable de voler la troisième place à Marine Le Pen, et bien ce n'est pas encore fait puisqu'elle repasse devant Jean-Luc Mélenchon, dans de nouveaux sondages rendus publics ce matin. Les scores de notre ségrégationniste nationale oscillerait entre 15 et 16,5 % versus 13 à 14,5 pour son rival.
Dans le même temps, François Hollande monte, Nicolas Sarkozy descend, l'écart se resserre donc en pôle position.
En quatrième position, François Bayrou commence à marquer des signes de fatigue, Eva Joly, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud rament pour maintenir leurs positions. Jacques Cheminade se maintient limite derrière la voiture balais.

10 avril. La Syrie, hélas !


L'ultimatum de l'ONU expire aujourd'hui : Bachar el Assad devait retirer ses troupes des principales villes syriennes. Il continue de défier la communauté internationale : plusieurs villes sont actuellement bombardées et les morts se comptent chaque jour par dizaines. Hier, le nombre de 100 victimes a de nouveau été franchi.

C'est aussi aujourd'hui que Kofi Annan doit aller visiter deux camps de réfugiés en Turquie. Hier, les tirs syriens ont franchi la frontière visant un camp de réfugiés : deux Turcs ont été touchés.


La Chine et la Russie ont, depuis le lancement du plan de paix de Kofi Annan, marqué quelque tiédeur dans leur soutien à Bachar el Assad… sans le lâcher encore tout à fait.


lundi 9 avril 2012

Affichettes de campagne

C'est aujourd'hui que démarre très officiellement la campagne présidentielle en France et que les candidats peuvent enfin afficher leur trombine devant les écoles. Après tirage au sort, la couverture revient à Eva Joly, la quatrième de couverture à François Hollande.
L'occasion de rappeler au format affichette (je manque de colleurs et de lieux d'affichage, s'il y a des amateurs …) quelques-uns des chantiers auxquels devra s'atteler le (mal)heureux élu.




Et puis, comme on n'est pas tous seuls, une petite Ici et ailleurs*



* Les séries Ici et ailleurs et Enjeux de campagne sont en cours


9 avril. La loi de 1905, face B


Hier, on fêtait Pâques dans un pavillon de banlieue transformé en église évangélique. C'était le dimanche de Pâques : la foule était nombreuse. Trop nombreuse. Le plancher s'est écroulé. Bilan : deux blessés dans un état critique et une fillette de 6 ans décédée.

Inévitablement, on évoque à nouveau de la loi de 1905 (lire le texte de loi). C'est logique et c'est technique : c'est elle qui définit, en France, les relations entre l'Etat et les religions. Cette fois, la question est : qui doit payer pour construire ou louer des lieux de rassemblement, afin de garantir, conformément à la loi, la liberté de culte ? Pas à l'Etat qui — article 2 — "ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte." Dont acte.

Reste un truc que n'avait pas nécessairement prévu la loi de 1905. Elle pense Eglise quand elle écrit culte. Elle pense à une institution organisée, dotée de moyens importants et qui dispose de nombreux biens immobiliers. Hors ces lieux de culte-là sont de plus en plus boudés par le public. Dans le même temps (parce que Dieu n'est pas mort pour tous), les micro mouvances se développent en marge de ces structures et sans vraiment pouvoir compter sur les dons des fidèles, le plus souvent déshérités.

La loi devient donc difficilement applicable dans toutes ses composantes : s'il est finalement assez facile de s'appuyer sur elle pour interdire le port de signes religieux ostentatoires, c'est plus compliqué quand il s'agit de dire qui doit payer pour garantir "le libre exercice des cultes".
L'enjeu est de taille : pour beaucoup de croyants pauvres, Dieu est le dernier espoir. Leur ôter c'est leur donner toutes les raisons de se radicaliser ; ce qui est toujours dangereux pour l'ordre public. Hors c'est bien cela que vise à protéger la loi de 1905, en définissant un cadre pour empêcher les phénomènes religieux de menacer " l'intérêt de l'ordre public" (article 1).

dimanche 8 avril 2012

08 avril interruption momentanée du programme

Hier soir, c'était l'anniversaire d'un bon copain.


Aujourd'hui, c'est Pâques.


Alors pardon, mais je vais dormir un peu.
Joyeuses Pâques, Pessa'h et j'en oublies peut-être. Bonnes fêtes, quoi.




Nous vous remercions de bien vouloir excuser l'interruption momentanée de ce programme d'informations.




samedi 7 avril 2012

07 avril. Terreur de plomb en Syrie




La Syrie est passée en queue de journal. La radio égraine, chaque matin en entrefilet, les dizaines de morts de la veille. Toujours, ce chiffre-là est précédé d'un redoutable "au moins".

Vue d'ici, là-bas, ce n'est plus la révolution. Là-bas, c'est la répression aveugle, crispée sur sa détermination. Là-bas, c'est la terreur de plomb ET la guerre civile.

Ceux qui restent— les combattants et les pères de famille qui gardent encore assez d'espoir pour craindre les pillages — tombent sous les balles, les bombardements et la torture.


Inévitablement, ceux qui peuvent empaqueter fuient. Ceux qui peuvent marcher, rouler, courir, pédaler fuient. Ceux qui respirent encore fuient : hommes, femmes, enfants et quelques vieillards.
Devant eux, les grillages aux doigts agrippés. Devant eux, les tentes et les abris de tôle. Devant eux la faim, la soif, la crasse et la peur. Devant eux, le camp de réfugiés. Saturé.

Près de 700 personnes auraient franchi la frontière de la Turquie aujourd'hui, portant à 24 000 personnes le nombre d'exilés syriens de ce côté-là du continent européen.
Les tentatives de paix de Kofi Annan demeurent lettres mortes : aujourd'hui, les affrontements syriens auraient fait "au moins 100 morts dont au moins 74 civils".