vendredi 15 décembre 2017

On tourne l'année dans une quinzaine, mon book 2017 est en ligne



Voilà qu'arrive le bout de l'an, le temps de faire le point sur l'année écoulée pour préparer la suivante… et de diffuser mon book de l'année 2017.

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente :

2017 a été pour moi une année bouillonnante, une année charnière qui m'a faite sortir de ma tanière atelier. Une belle année, en fait, pour beaucoup articulée autour de la création du Jardin des connaissances dans le cadre de la transformation du passage Beslay jusqu'en juin.
En 2018, je n'ai pas non plus l'intention de chômer. Initié en fin d'année, Fleurs d'exils sera au coeur de mon travail artistique personnel et associatif et j'ai quelques projets avec le Jardin partagé Truillot, mais il me restera du temps et de l'envie pour travailler sur vos projets créatifs.






A bientôt




mercredi 13 décembre 2017

Retour aux minis pour terminer l'année



Voici venue la fin de l'année et avec elle ce petit moment qu'on aime bien parce qu'on se retrouve à presque tous, nous autres membres du Génie de la Bastille : l'exposition des Minis du Génie de la Bastille se tiendra du 20 au 30 décembre, à la Galerie du Génie, 126 rue de Charonne, à Paris XI.

On sera donc une cinquantaine à exposer sur les murs et dans les bacs, des petites œuvres ne dépassant pas les 30 cm, en long, en large et/ou en travers.
Forcément, cela devrait rendre les œuvres en question plus abordables…

Personnellement, j'y présenterai les originaux en 18x18 du calendrier 2018 d'ARySQUE, sauf un (qui sera accroché à la librairie La Tête ailleurs), et le calendrier lui-même. 
A bientôt.




mardi 5 décembre 2017

Sortie du nouveau calendrier d'ARySQUE


C’est sans doute à cause des Fleurs d’exils qui poussent autour de moi comme des herbes folles sans que j’en maîtrise ni l’émergence, ni la croissance. Ce sont peut-être aussi ces chemins que je trace — comme dit mon amie Polska — parce que j’ai besoin de m’y promener.

Toujours est-il qu’en cherchant des dessins pour mon calendrier de l’année prochaine, j’ai peint des histoires en partance. Il y est question d’exils et de fleurs : le passé est un pays que l’on quitte ; j’ai dessiné pour lui des chemins de saisons.

On les emprunte quand la nuit efface encore le paysage ; puis quand débute l’hiver et que les jours s’allongent, le soleil, doucement, éclaircit sa lumière. On chemine comme on peut, pressés d’avancer dans les journées trop courtes, impatients de rayons.

Au printemps, la timidité d’avril cède volontiers la place à l’orgie végétale dans les jardins de juin, et l’été explosif s’achève dans des orages.

«  (…) quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang ;
Que son immense sein, soulevé par une âme,
Est d’amour comme Dieu, de chair comme la femme,
Et qu’il renferme, gros de sève et de rayons, 
Le grand fourmillement de tous les embryons !

Et tout croît, et tout monte ! » 
(A. Rimbaud, Soleil et chair)

Alors vient le tendre puis triste automne, qui rapidement se noie sous des déluges de flotte, détrempant les abris et torturant les os ! 
Puis, en suspension, l’eau s’allège et devient aérienne. La neige est là : petits flocons virevoltant comme des nuées de lucioles. 
Le jardin s’est effacé. 
Ne reste que les chemins.

(etc.)


Le calendrier mural 2018 d’ARySQUE sortira le 7 décembre,
première édition limitée à 30 exemplaires.
Pour passer commande, cliquez sur l’image.



Dédicace le 10 décembre à 15 h 30 dans le cadre de l’atelier Fleurs d’exils
à l’occasion du Noël Vert et solidaire au Jardin partagé Truillot 




vendredi 6 octobre 2017

Je suis partie cueillir des Fleurs d'exils





Ce n'était pas exactement l'idée que j'avais au départ, mais l'envie était précise, motivée par la question de l'accueil des migrants. Je savais que je voulais cela : trouver un moyen de dire qu'accueillir c'est aussi donner la parole à ceux qui viennent pour qu'ils nous enrichissent de ce qu'ils savent et de ce qu'ils aiment. Je ne voulais pas de pathos, je ne voulais pas du récit des traversées tragiques ni des chaos qui motivent les départs. Je voulais quelque chose qui raconte leur racine, l'ailleurs joyeux qu'ils ont quitté.

Et puis - magie des livres - je suis tombée à quelques reprises sur des récits d'exilés racontant le pays d'avant, d'avant la nécessité de partir. Souvent, je retrouvais une fleur, un arbre, un fruit et je voyais qu'ils étaient comme des madeleines de Proust : des contenants chargés de parfums, de lumières, de rendez-vous et de bruits. Je lisais que les évoquer allumait des souvenirs qu'on avait envie de réveiller. Dans ces récits portés par une plante, ce n'est pas la douleur qu'on raconte, c'est une terre belle, aimée, celle dont il faut faire le deuil quand on entre en exil. Aller au bout du deuil, c'est peut-être pouvoir parler de l'absence dans un sourire or il me semble que le prisme du végétal  permet ce regard-là.

Voilà pourquoi j'ai lancé Fleurs d'exils - un projet qui consiste à demander à tous ceux qui se sentent exilés d'un pays ou d'une région de venir raconter le pays qui leur manque au travers d'une plante et d'un souvenir qui lui est associé -, pour cette raison et parce que le végétal et le cycle des saisons sont pour moi depuis longtemps un prétexte et un matériaux créatif. Mon implication, depuis un an, dans un jardin partagé a fait le reste.

Avec tout ça, je ferai ce que j'aime faire : des dessins, des peintures…  une installation ? Un collectif ? Qui sait ce que donnera la cueillette ?
En tous cas, s'il vous plaît de participer, de la manière qu'il vous plaira, vous êtes les bienvenus.
Pour commencer, j'ai besoin que vous me racontiez votre fleur d'exil en me disant quel pays ou quelle région quittés elle vous évoque et quel souvenir vous revient en mémoire quand vous y pensez.

Le projet Fleurs d'exils a son propre blog, je vous invite donc à aller me suivre par là-bas pendant que j'y suis. Vous y trouverez toutes les infos en fouillante sur la droite et y découvrirez les premières fleurs d'exils cueillies sur un banc d'un jardin parisien ou recueillies dans ma boîte mail.

Rendez-vous là-bas en cliquant sur l'image.


mercredi 30 août 2017

Ici et ailleurs, à Paris, les 15, 16 et 17 septembre


Quand au printemps dernier, Polska m'a proposée de venir exposer dans son atelier pour la première édition du Génie en liberté, j'ai dit oui tout de suite, sans même avoir vu le lieu. J'ai dit oui parce que c'est Polska et qu'il y a des univers artistiques qui se parlent si facilement et si spontanément que l'intérêt de leur cohabitation est une évidence. 

Quelques jours plus tard, je croisais Maïka et Pol Lujan, également conviés à exposer chez Polska pour ce Génie en liberté. Leurs sourires entendus en apprenant que je n'étais jamais allée chez Polska m'avaient préparée à quelques surprises… 
En juillet dernier, quand j'eus terminé les travaux du passage Beslay, j'allais enfin prendre le thé chez Polska. Je sortais charmée.

C'est un passage comme le XIe arrondissement de Paris en cache un peu partout : on y entre par un porche de la largeur d'une porte d'immeuble dont la grille est le plus souvent ouverte. une fois à l'intérieur-extérieur, le regard porte loin, heurtant les pavés défoncés par des années de labeurs et de charges pesantes roulées à bras d'hommes. Tout au fond sur la gauche, dans le coin d'une cours ombragée par une vaste tonnelle croulante de vigne, une porte donne accès à ce qui ressemble fort à une serre. 
Sauf que, une fois encore, les sens vous trahissent : la porte de l'immeuble n'ouvre pas sur un immeuble et celle de la serre n'ouvre pas non plus sur une serre : vous venez d'entrer dans l'atelier de Polska  qui, en fait, est quand même un peu une serre. Le raisin a gagné l'intérieur et pend en grappes lourdes au-dessus de nos têtes dans un foisonnement de feuilles luisantes, des jardinières et des bacs font murets et la luxuriance verte et florale côtoie les végétaux desséchés. 
Mortes ou vives, les plantes sont partout, entrelacées ou ponctuées de papiers, de pirogues, de mots et de pierres légères comme des nuages… Ici tout bruisse comme un jardin. Ici, ce n'est pas un lieu, c'est un espace-temps. On y est ici et on y est ailleurs. Ici, c'est un "rempart de brindilles" (René Char). 

Alors dans l'atelier de Polska, les 15, 16 et 17 septembre prochain, j'exposerai des bribes de vie : des photos d'ici et d'ailleurs suspendues comme de minuscules souvenirs au-dessus de ma conscience, des peintures attrapeuses de tempêtes qui fixent sur mes photos souvenirs, heurs et malheurs du temps présent. 







Enfin, parce qu'on sera ici et parce qu'on sera ailleurs, j'inviterai René Char et mon Inca du limon qui récite Neruda. Deux poètes qui me musardaient déjà, il y a près de dix ans, quand j'écrivais les Errances. Il y était alors beaucoup question de fleurs, de langage et de temps… comme dans l'atelier de Polska, en fait.

Merci Polska !






INFOS PRATIQUES

Le Génie en liberté

Premières portes-ouvertes des ateliers des artistes du Génie de la Bastille, le Génie en liberté est une promenade artistique dans le 11e arrondissement de Paris, qui se déroulera les 
15, 16 et 17 septembre
90 artistes, 45 ateliers, 8 galeries, 13 lieux d'animation.


L'atelier de Polska (n°30 sur le plan)

7, rue de Montlouis - 75011
(au fond de l'impasse à gauche)
Artistes exposants : Polska (sculpteur), Pol Lujan (photographe), Maïka (graphiste), arYsque et quelques performances…


jeudi 24 août 2017

Rentrée avec les Matinaux

Les Matinaux. Les Amants détenus (hommage à René Char). 
Acrylique et Posca sur bardeaux de mélèze.



« La sagesse est de ne pas s’agglomérer, mais, dans la création et dans la nature communes, de trouver notre nombre, notre réciprocité, nos différences, notre passage, notre vérité, et ce peu de désespoir qui en est l’aiguillon et le mouvant brouillard. » 
René Char, Rougeur des Matinaux (V), in Les Matinaux, Gallimard, 1950.



Au lieu dit du Serré-Coste-Telme, j’ai installé quelques Matinaux pour veiller sur mon jardin. J’avais emporté René Char dans mes valises pour préparer mon expo de septembre dans l’atelier de Polska : René Char, un passage obligé pour réussir à me poser enfin, après une année passage Beslay où je n’ai pas pu, suffisamment, prendre le temps de ces flâneries poétiques qui m’éclairent et me guident.

Je rouvrais Les Matinaux en quête d’un texte à partager avec Polska, Maïka et Pol Lujan, les trois artistes avec lesquels j'exposerai pendant la première édition du Génie en liberté

J’avais imaginé réfléchir une demie-journée sur cet ouvrage que j’avais déjà lu, mais il m'a happée et j’y ai passé presque toutes les matinées de mes vacances. C’est qu’il restaient encore dans mon atelier en plein air, des bardeaux de mélèze de l’ancien toit, des outils, du liant, des pigments, etc. Il ne manquait en fait que ma trousse de Posca que je pouvais encore faire venir.
Alors, comme un moineau qui s’ébroue dans une flaque d’eau (scène vue hier au jardin partagé Truillot dans une barquette installée tout exprès par Demba, grand fou rire !), je me suis « baigné(e) dans le poème »* (de Char) et j’ai planté cinq Matinaux à Coste Belle. Désormais, ils veillent sur mon jardin lorsque je dois l’abandonner à ses saisons extrêmes, là-haut, à un peu plus de 1400 m d’altitude. 

Les Matinaux, Fête des arbres et du chasseur

Les Matinaux, Fête des arbres et du chasseur. Le Chasseur désespéré. 

Les Matinaux, Fête des arbres et du chasseur. Première guitare. 

Les Matinaux, Fête des arbres et du chasseur. Deuxième guitare. R°

Les Matinaux, Premier Matinal V°


les Matinaux sont donc restés là-bas, dans mes montagnes. 
Rentrée à Paris cette semaine, je prépare mon expo chez Polska dans le cadre du Génie en liberté à laquelle je serais contente de vous voir.

Je vous en dis plus bientôt sur ce que j'y présenterai, mais notez déjà les dates : les 15, 16 et 17 septembre à Paris dans le XIe. Au programme : un parcours artistique dans l’arrondissement, avec 20 installations et plus de 90 artistes exposés dans 45 ateliers (l’atelier de Polska est le n°30 sur le programme), 8 galeries et 13 lieux d’animation. Programme et dossier de presse en cliquant ici.

Bonne rentrée à tous et à bientôt !

* A. Rimbaud. le Bateau ivre

mercredi 12 juillet 2017

Cet été je fais du vol-livre !




Alors que les écoles ont fermé leurs portes et que dans le passage Beslay, les enfants ne courent plus matin, midi et soir pour rejoindre leurs copains et leur classe ; maintenant qu'est achevée la création du Jardin des connaissances et que flotte un peu partout dans Paris, le parfum des vacances, le calme m'a mise KO.
Comme un petit coup de blues post-partum : vide sidéral et flottement de même, après sept mois comme dans un tunnel, happée par ce projet dans LE passage.

Alors, pour prendre du recul, j'ai attaqué la pile de livres qui m'attend depuis des mois et qui n'a fait que grossir depuis Noël.
En trois bouquins***, j'ai découvert Nantes comme je ne l'imaginais pas. J'ai vu l'Europe dans des conditions pas toujours simples et même souvent carrément dangereuses. J'ai traversé des conflits terribles, de la guerre d'Espagne à Sarajevo, j'ai échappé à des triades chinoises et à des mafieux serbes, j'ai joué les Robin des bois en jupons dans le crachin breton… j'ai vécu plein d'âges et plein d'époques. Orgie de livres, gavage de récits, de portraits, de connaissance et de belles plumes !
En quelques jours, j'ai repris possession de mon temps en échappant au réel, grâce à un polar pour ados qui envoie le Club des cinq en plein Millenium et à deux très jolis livres qui nous parlent avec tendresse et intimité de destins de femmes et de misère noire.

(…)
Alors, maintenant, au rythme paisible de l'été, je vais pouvoir tranquillement penser à la rentrée et notamment préparer une exposition pour les 15, 16 et 17 septembre, avec Polska, Maïka et Pol Lujan, dans l'incroyable atelier de Polska à Paris XI, et dans le cadre du Génie en liberté.

Je vous en dis plus bientôt… mais peut-être pas très vite… peut-être pas avant la fin août (en attendant, vous pouvez consulter la page du Génie en liberté.)
Parce que là, tout de suite, je ne rêve que d'une chose : dessiner tranquillement à Paris puis installer mon atelier en plein air et faire du vol-livre les pieds dans l'eau ou dans l'herbe, en regardant les parapentes et en respirant la montagne.
Très bel été à tous !


*** A LIRE ***
Guillaume Le Cornec, L'Île aux panthères (les Jaxon), ed. du Rocher. Polar pour ados.
Lydie Salvayre, Pas pleurer, Points. Goncourt 2014. 
Michèle Lesbre, Chère brigande (lettre à Marion du Faouët), Sabine Wespieser éd.