vendredi 23 juin 2017

Inauguration du Jardin des connaissances. J-4



La semaine j'inaugurerai ma nouvelle création réalisée avec des enfants, des travailleurs handicapés et des habitants du quartier, avec ou sans toit.
Trois dates : 
• le 27 juin avec les écoles, en hommage à Jean Zay et en présence de sa fille et du maire du XIe arrondissement de Paris,
• le 30 à la librairie La Tête ailleurs pour une présentation de la démarche artistique à laquelle vous serez invités à participer.
• le 1er juillet pour faire la fête avec le jardin partagé Truillot et retrouver Yu Man.

Plus d'info sur le blog du passage Beslay.

jeudi 1 juin 2017

L'art comme un jardin


Voilà des semaines que je n'ai pas écrit sur ce blog.
J'écris et je publie pourtant. Souvent.
Je dessine beaucoup aussi.
Et je partage surtout, des moments incroyables !

Depuis des mois, je travaille sur le projet du Jardin des connaissances. Il occupe mes nuits et mes jours. Dans quelques semaines, fin juin, il devrait être inauguré. 
Ensuite, pour les années qui viennent, j'espère que nous serons nombreux à le jardiner. Vous aurez toutes les infos sur le blog du passage Beslay où est en train de se créer ce Jardin des connaissances.

Mais ici, sur mon blog à moi, j'avais envie de venir poser ce concept-là, ma petite ébauche de manifeste. Parce que voilà :

Le Jardin des connaissances n'est ni du street art, ni une œuvre d'art à proprement parler. C'est la création d'un espace et d'un mouvement d'imagination qui modifie le lien social: 
on fait vivre une œuvre d'art ensemble, en se rencontrant.

C'est une œuvre pensée comme un jardin, nécessairement évolutive et plurielle, inattendue et intersubjective, faite d'éphémères à durées variables et qui se nourrissent les uns des autres. 

Au Jardin des connaissances, l'art est un jardin partagé et ce travail-là révolutionne mon approche artistique. 

Rendez-vous sur le blog du Jardin des connaissances :

 Anne Bressier et Veronika Ovchnikova racontent par épisodes  le roman de Maurice Druon, Tistou les pouces verts au jardin partagé Truillot.


Si vous avez manqué le début, Véronika vous dit tout avec les dessins créés lors du précédent épisode avant que ceux-ci soient collés sur les murs de l'école Beslay.

Episode 1 des Feuilletons du Jardin des connaissances

Pédagogie de savoir-vivre dans le passage Beslay

 Pédagogie républicaine dans le passage Beslay qui accueille deux bureaux de vote

Préparation de l'atelier Beslay-Jardin des connaissances dans la classe des petits et moyens de Valérie, école Beslay. 
Les enfants ont commencé à dessiner sur les silhouettes en bois.

Visite des enfants d'une classe de CP d'une autre école de l'arrondissement, l'école Froment.

Raphaël inaugure la création de l'"arbre du quartier" qui sera installé dans le jardin des connaissances après paraphes et dessins des habitants et des travailleurs handicapés de l'Esat voisin.

Signalétique du Jardin des connaissances









vendredi 24 mars 2017

Expo Dessins à Paris avant l'avril



Alors que ce dimanche, la fête des coccinelles battra son plein passage Beslay (Paris 11), lundi me verra investir un autre lieu de cet arrondissement : j'accrocherai à la Galerie du Génie de la Bastille des dessins et rien que des dessins.
Nous serons 26 à jouer cette partition décomposée en cinq thèmes — Métamorphoses, Temps suspendus, Rencontres, Corpus, Espaces singuliers — et cette diversité des approches dira sans doute beaucoup de choses sur les pratiques du dessin contemporain.
Pour ma part, j'exposerai surtout des dessins engagés.
A découvrir du mardi 28 mars au dimanche 2 avril, de 14 à 20 h, au 126 rue de Charonne, Paris 11.

Deux temps forts à noter dans nos agendas :
- mercredi 29 à 18h30, on débat sur les pratiques du dessin contemporain,
- samedi 1er avril à la même heure, on dessine en live et à plusieurs, une œuvre collective. 

Rendez-vous au 126 rue de Charonne, à la Galerie du Génie.
A bientôt.


mercredi 15 mars 2017

ARySQUE en résidence sur le blog de Beslay


Voilà des semaines qu'on y travaille mais ça y est : dans moins de deux heures, nous installerons passage Beslay pour l'après-midi, des tables et puis des bâches, des pots et des couleurs. Au programme: peindre avec les enfant, les pensionnaires de l'Esat et le Carillon, les jardinières de ce que nous espérons transformer ce printemps en Jardin des connaissances.

Juste avant qu'on s'installe dans la rue, on a semé les graines du projet sur le Web. Le premier article est paru sur le blog du Passage Beslay - Le Jardin des connaissances. 
Un papier un peu long, certes, mais pour ne rien vous cacher, le Collectif Beslay a beaucoup travaillé avec ses partenaires, depuis le mois de novembre.
Diffusez, partagez… et rejoignez-nous sur la toile et/ou à Paris 11.

Pour découvrir le projet de transformation du passage Beslay et son blog, c'est par là.

A bientôt.


lundi 20 février 2017

On a besoin de vous ce soir pour le Jardin des connaissances. Help !

Le Jardin des connaissances - Principe graphique / étude ©ARySQUE

Une idée qui germe, nourrie par l’envie de tout un quartier. Une utopie… 
C’est comme cela que ça commence, peu ou prou.

Le Jardin des connaissances du passage Beslay (ParisXI) devrait être fait de lettres et de chiffres, peints et collés par les enfants sur les murs des deux écoles riveraines, pour raconter notamment ce qu’ils apprennent derrière ces murs. Il sera évolutif et recouvrable : un « garden-street-art » à refleurir d’art et de savoir. 
Ce sera aussi un vrai jardin dans la rue : avec l’Association du jardin partagé Truillot et les écoles, nous avons imaginé des bacs et des plantes, des trucs qui grimpent et d’autres qui rampent. Avec Le Carillon, nous réfléchissons aux moyens d’impliquer aussi les habitants de la rue pour créer et co-gérer ce lieu.



Une utopie pensais-je… un rêve…

Et puis voilà que le rêve a pris, que la mairie a dit « banco ! avancez sur votre projet ! », qu’on s’est du coup mis à se permettre de tout imaginer avec les écoles et tous les autres membres du Collectif … Voilà que ça et là, on nous encourageait avec enthousiasme. 

Alors, le projet s’est affiné et diversifié. Des projets voisins, plus ambitieux encore, l’ont alimenté : la Trame verte, la végétalisation de la rue du Chemin-vert… et même le Boulevard des coccinelles qui, du Père-Lachaise au boulevard Beaumarchais, souhaite relier de verdure et d’insectes jardiniers, jardins, jardinets et tous les projets verts qu’il croisera sur son passage.
Nom de Zeus ! c’est tout un quartier qui voit vert ! 


Dans cette marée verte, dans cette mini randonnée urbaine qu’ensemble nous voulons créer, notre jardin peint a l’ambition d’être une étape pédagogique et artistique dont on espère qu’elle montrera que l’art est vivant et qu’il refleurit comme les jardins. 
Il y a de quoi faire dans le XIe. Les muses n’arrêtent pas de jouer chez les artistes en herbe ou confirmés du quartier. Elles sont dans les classes, dans les librairies, dans les bars et dans les restaurants, elles sont dans les ateliers, dans les galeries, dans les collectifs et les associations d’artistes… Il faut absolument planter ces fleurs-là dans la rue pour que tout le monde en profite ! 
Et il faut les planter dans le Jardin des connaissances, dans ce passage Beslay, aujourd’hui triste, sale et trop souvent couvert de pisse et de crottes de chiens, mais qui offre pourtant un potentiel terrible: deux écoles, un petit élargissement au sud faisant placette… et des mètres et des mètres linéaires de murs à peindre  ! 

D’ailleurs, voilà que déjà, d’autres écoles semblent vouloir venir jouer avec nous, que des associations et collectifs d’artistes s’intéressent au projet… Alors, on commence à sérieusement y croire !
D’autant que si ce soir, à la plénière du Conseil de quartier République-Saint-Ambroise, la contribution financière de ce dernier au Jardin des connaissances est votée, on pourra démarrer pour de bon. On a juste besoin de votre voix pour faire naître ce lieux d’expression partagée dans le quartier : merci !

le 20 février à l’école Saint-Sébastien, de 19 à 22h, 
VOTEZ OUI A LA CONTRIBUTION DU CONSEIL DE QUARTIER AU PROJET DE TRANSFORMAION DU PASSAGE BESLAY
Et découvrez les autres projets en cours dans le quartier.
Plénière du quartier République-Saint-Ambroise à 19h
Ecole Saint-Sébastien
24, rue Saint-Sébastien

75011 PARIS



jeudi 19 janvier 2017

2017 la fleur au fusil





ARySQUE aura bientôt 5 ans.
Je m’en souviens précisément parce que c’était juste avant que ne démarre la campagne de la dernière présidentielle. On a failli y croire encore…

C’était il y a cinq ans et le ton de la campagne allait donner celui des années qui suivraient: Mohamed Merah fit des émules, Marine a gagné des points, la droite s'est décomplexée et la gauche complexée. 
La crise syrienne a empiré, l’Ukraine est passée en coup de vent dans ces cinq années (trois petits tours et puis s’en vont…), l’Europe a acté sa division et Obama a enfanté Trump avec l'aide de Poutine. 
Pendant ce temps-là, les morts syriens sont devenus si nombreux qu'on a cessé la litanie des chiffres quotidiens. En Méditerranée, des bateaux, plus nombreux et plus chargés encore, ont continué de sombrer. Dans nos rues, des enfants dorment sur des matelas crasseux.
What the fuck ?!

Lasse ! J’en ai ma claque de scruter et de dénoncer. Ras le bol de vitupérer en vain. Marre des incantations qui ne mènent à rien: cette année je laisserai mon travail loin de ces champs de bataille. Assez de dire et envie de faire.

Parce que ça couvait déjà dans les ateliers que je montais au square Gardette avec Yu Man en grand orchestrateur de jeux d’enfants et de poésies à raconter. Ces jours-là, j’ai eu l’impression - enfin ! - que mon travail avait une petite utilité. Je l’ai vu là: dans les yeux et les rires des enfants, dans le ravissement de leurs parents à les admirer demander un nouveau poème et une feuille de papier pour dessiner encore. 
Je l’ai vu dans l’application de Raphaël, habitant de la rue, découpant avec soin et pliant avec dextérité des bouts de prospectus publicitaires (« je suis désolé, c’est le la pub mais c’est coloré », lâcha-t-il un brin honteux…) pour en faire des oiseaux en origami ("technique indienne", a-t-il souhaité préciser, fier de m’apprendre les subtilités de sa technique). 
Je l’ai vu dans l’étonnement de son pote, immense avec son sound-system sur l’épaule, quand il a appris qu’un bout de gonzesse comme moi avait fait ce bonhomme assis sur une chaise et un arbre aussi grand qu’elle.
Cette côte-là les vaut toutes et si elle ne me nourrit pas, elle m’enrichit.

Or, il se trouve que j’ai fait des rencontres sur un passage en pente douce, encaissé et couvert de pisse. Un petit passage crottoire que parcourent chaque jour 400 gosses entre des murs gris : au nord, il y a l’école élémentaire, au sud, la maternelle. 

C’est  là que mes filles ont appris à lire. Là que j’ai transporté mon matériel pendant près de sept ans, pour rejoindre mon atelier Popincourt, encombrée de sacs et de longueurs de toile. Chaque jour, en le montant et en le descendant, j’imaginais des murs peints, des plantes ensauvagées et des enfants ravis. Et depuis quelques semaines, ces murs, je les dessine.

Parce que cette année, je la commence au jardin avec un rêve qui prend forme : métamorphoser le passage Beslay, son bitume et ses flaques de pisse, en Jardin des connaissances avec des fleurs comme des mots et des mots comme des fleurs. Créer là une agora créative à inventer avec les enfants et les plumes et pinceaux du quartier. 
Des dizaines de mètres linéaires à peindre, des mètres carrés à aménager en un jardin cosy, des partenariats solidaires à développer et des invitations à la créativité à lancer tous azimuts… Je ne sais pas bien où tout cela me mènera, mais vrai: je me régale !

Alors je fonce, tête dans le guidon, dix heures par jour et presqu’autant la nuit. C'est une lutte et c'est mon combat: 
parce que les rêves n’attendent pas, 
parce que la rue a besoin d'aimer ceux qui l'habitent 
et parce que l’enfance est impatiente !

Très belle année à tous !





lundi 19 décembre 2016

"Le Temps aimant" (Yu Man au pays des Ecrins)


Rien n’est aussi difficile que de trouver le ton juste pour parler de ce qu’on aime le plus. 
J’ai un pays de cœur et je cherche depuis des années comment vous en parler vraiment.
Dans ce pays, les hauteurs m’éclairent (ou m’ombragent, cela dépend), mais c’est la terre qui me nourrit. Entre des hivers interminables et des automnes élastiques, j’y ai découvert un printemps sans lenteur, un bourgeonnement à l’œil presque nu… Et j’ai vécu des étés de Provence avec de frais matins.

Alors pour ma première expo au pays des Ecrins, je vous parlerai de cela : de ce temps qui passe et me ravit, mois après mois, dans ces contrées d’en haut où je me fais reste-à-terre. Pour cela, j’ai réalisé treize dessins végétaux — parfois à la limite de la sculpture — dans lesquels mon clone Yu Man promène sa chaise et ses lectures poétiques dans les saisons de cette montagne.

Parfois, il se pose au bord d’un lac ou sur une crête, lisant à l’ombre des sommets. 

Juillet au lac Tuckett avec V. Hugo

Parfois, il préfère l’intimité des villages.

Novembre à Ailefroide avec Y. Bonnefoy


Les treize originaux de cette série seront exposés du 26 décembre 2016 au 17 avril 2017 à la bibliothèque de Puy-Saint-Vincent. Une exposition à lire, puisqu’à chaque œuvre est associée une poésie choisie, classique ou contemporaine. (Dossier de presse disponible ici)
Ces dessins illustrent le calendrier 2017 d'ARySQUE (19€, me contacter).



A créer ces dessins, cet automne dans mon atelier parisien, il m’a semblé respirer les parfums de là-haut dont je me languissais. Ce fut un grand bol d’air qui décupla mes forces : en à peine plus d’un mois, je bouclais la préparation de cette expo et de celle des Minis du Génie à Paris (jusqu’au 31/12 à la Galerie du Génie). Dans le même temps, je formalisais enfin, avec l’aide de quelques-uns, un avant-projet artistique, culturel, social et pédagogique dont je rêve depuis des lustres et qui s’agite maintenant comme s’il était enfin prêt à naître ! 

Comment vous dire ?
Tant qu’il nous reste des forces, on n’a pas le droit de baisser les bras, pas le droit de résister au bonheur qu’offre la possibilité d’un rêve.
Alors, c’est vrai que les temps sont pires qu’incertains, c’est vrai que ça fait mal tous les jours de regarder le monde… Mais quand même, je vais oser : très belle fin d’année à tous et la suivante meilleure encore !

A bientôt.